Thibaut Clément : Un Palmarès Étonnant dans le Cyclisme Élite National

Le monde du cyclisme est rempli de belles histoires et de parcours atypiques. Parmi eux, celui de Thibaut Clément est particulièrement remarquable. En seulement trois ans, il s'est hissé au niveau Élite Nationale, accumulant des victoires et marquant les esprits par son panache et sa détermination.

Le duel annoncé entre Antoine Berger et Louka Lesueur a finalement tourné à l’avantage de… Thibaut Clément. C'est un accident que l'on ne voit jamais en trail ou en marathon. Sur une troisième et dernière étape du Tour du Pays Roannais disputée autour de Riorges (Loire), c’est le Normand du Team 74-Haute-Savoie qui a déjoué les pronostics.

Revenu en cours d’étape sur l’échappée, il a réussi à s’extirper du groupe de tête dans une courte difficulté située à deux kilomètres de l’arrivée pour s’en aller faire coup double.

Une Victoire Surprise et une Grosse Fierté

« Honnêtement, je ne me sentais pas capable de gagner une Élite Nationale, donc c'est une grosse surprise et une grosse fierté pour l'équipe. Les N3 manquent parfois de reconnaissance et on est souvent vu comme les petits poucets, à juste titre par moment. On voulait montrer qu'il y avait de vrais bons coureurs dans les divisions inférieures. »

Son étape avait mal débuté : « Je crève au bout de 5 kilomètres. Je fais 20 kilomètres dans les voitures, donc j'étais déjà content de rentrer. J'ai vu qu'il y avait un coup qui était parti, je voulais être acteur de la course, quitte à tout perdre. De toute façon, on était à une trentaine dans le même temps, donc je me suis dit que si on ne courrait pas au panache, on n’allait rien changer.

Je suis parti et je me suis retrouvé en chasse-patate tout seul à 40 secondes de l'échappée. Je n'ai pas trop réfléchi, j'ai tout mis pour rentrer. Une fois qu'on est rentré, il y avait Hexagone Corbas qui a fait des grosses montées avec Adrien Guillonnet. Ça nous a permis de garder une belle avance. Au kilomètre 100, on avait quasiment deux minutes d'avance sur le peloton. Derrière, on a réussi à s'entendre. Ce n'était pas fraternel comme entente, mais c'était cordial. On a pu garder deux minutes d'avance. Je me sentais vraiment dans un très bon jour, avec beaucoup de force.

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La Tactique de la Dernière Bosse

« IL NE FAUT RIEN LÂCHER » Avais-tu prévu de sortir dans la dernière bosse à deux kilomètres de la ligne ? Je l'avais repéré, mais comme tout le monde. Parfois, quand ça paraît trop évident, je me dis que ce n'est pas là que ça sort le plus. Tout le monde sait que ça risque d'être le moment décisif. Je pensais plus suivre et éventuellement contrer en haut. Je me suis retrouvé en troisième position, bien placé, avec de l'élan, donc j'ai tout mis.

Je n'ai pas réussi à être en danseuse jusqu'au bout, mais ça l'a fait. Tout le monde était cramé. C'était quand même une étape et un week-end usant. Je ne suis pas hyper punchy, mais à la fraîcheur, j'ai réussi à faire un écart. Ils se sont un peu regardés et puis j'ai pu finir le dernier kilomètre tout seul avant de lever les bras.

En passant la ligne, tu savais que tu avais gagné le général ? Honnêtement, comme on nous avait annoncé 3’45’’ d'avance, on m'a dit que c'était plié, mais on ne veut jamais trop y croire parce qu'on savait qu'il y avait un contre. J'ai appuyé jusqu'au bout. La satisfaction était d'abord la victoire d'étape. Je ne pensais pas gagner le général. Comme je l’ai dit, je ne pensais pas être capable de gagner une Élite Nationale un jour. Il ne faut rien lâcher, être sérieux et bien travailler.

Un Parcours Inattendu

Tu aurais imaginé ça, il y a quelques années ? Non, j'ai commencé le vélo il y a cinq ans. J'ai toujours été passionné, mais je n'ai jamais fait de course. Je faisais du foot, ce qui est mon seul point commun avec Remco (Evenepoel). On ne va pas abuser (rires). J’ai commencé le vélo pendant le Covid et j'ai tenté une course en Open. J'ai gagné avec plusieurs minutes d'avance, donc je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire. J'ai appelé Axel Chatain, parce que mes années étaient un peu comptées. Je n'avais plus trop de temps à perdre.

Comment tu te vois évoluer ? J'avais deux objectifs : remporter une Élite Nationale un jour et éventuellement de gagner l'étape du Tour. On verra ça dans deux semaines. Maintenant que c'est fait, je me suis toujours dit que je ne me donnais pas de limites. Je veux voir jusqu'où le vélo peut m'emmener. Je sais très bien que je n'irai pas beaucoup plus haut compte tenu de mon âge. Je vais peut-être plus essayer de transmettre des bonnes valeurs aux jeunes. Dans le vélo, on est de plus en plus à faire trop attention à tout, ça donne parfois des comportements un peu trop calculateurs. Il faut aussi laisser parler sa nature et y aller un peu plus au feeling et au panache. Un peu comme pouvait faire Julian Alaphilippe. Ce sont plutôt ces valeurs-là que j'aimerais véhiculer plus tard.

Un Équilibre de Vie Précieux

Un passage chez les pros en Continentale, tu ne te dis pas que c'est possible ? Je ne sais même pas si je le souhaite. J'ai un équilibre de vie avec mon travail. Je m'occupe de l'accueil des réfugiés qui arrivent sur le canton de Genève en Suisse. Le plus gros de mes entraînements, c'est de faire Annecy-Genève en vélo. J'ai un équilibre de vie qui me permet de ne pas me mettre trop la pression sur le vélo. Quand on sait à quel point c'est précaire maintenant d'être dans des Continentales, je ne sais pas si c'est ce que je veux pour moi et pour mon équilibre de vie avec ma conjointe.

Ton travail doit te permettre de relativiser quand tu as mal aux jambes… On accueille tous ceux qui ont eu le droit d'asile, beaucoup d’Ukrainiens, des Érythréens, des Syriens, des Afghans et tous ceux qui fuient un pays en guerre ou un régime totalitaire. Certains de mes collègues sont venus en bateau d'Afghanistan pour fuir le régime taliban. Quand je leur dis que j'en chie sur mon vélo, pour eux ce n’est rien.

Le Prix de Bourg-Achard : Une Autre Victoire Marquante

A l'heure où l'on supprime plus de courses que l'on en crée, le Prix de Bourg-Achard organisée par le VC Grand-Bourgtheroulde ce premier dimanche de septembre était une aubaine pour bon nombre de coureurs à la recherche d'une course sans s'astreindre à un long déplacement. Certes victime d'une redoutable concurrence avec les Trois jours de Cherbourg et le Grand Prix de Plouay, l'épreuve mise sur pied par Bernard Briens a réuni 54 coureurs.

"J'avais la chance d'être moins connu et forcément d'être moins surveillé que d'autres coureurs. Je venais pour gagner et j'étais sûr de ma forme". Capable de faire tourner la situation à son profit, le coureur grenoblois était un homme particulièrement heureux à l'arrivée du Prix de Bourg-Achard où il a réussi à damer le pion aux Normands. Pourtant ce coureur de 31 ans originaire de Bagnoles-de-l'Orne qui fait déjà sensation pour sa deuxième année de compétition n'est plus tout à fait un inconnu.

Après quatre victoires (en deuxième et troisième catégories) et une deuxième place au Tour de l'Orne l'an dernier, ce dernier a choisi d'évoluer cette saison en Elites où il est déjà aguerri à des efforts plus soutenus alors qu'il n'était qu'un néophyte douze mois plus tôt. Et même si une fracture de la clavicule au Rhône Alpes Isère Tour l'a laissé sur la touche pendant près de deux mois, le voilà parfaitement relancé.

Une Ascension Rapide

Une ascension plutôt rapide, au gré du programme de sa formation évoluant en N2 et agrémenté d'un titre de champion de France masters 30-34 ans lors du contre-la-montre par équipes... Une première victoire en Elites et ... Sur le circuit de Bourg-Achard, escarpé et finalement usant, les attaquants de la première heure ont eu le dernier mot. Retardataires s'abstenir ! En effet, dès le deuxième des treize tours de circuit, la course fut décisive et implacable avec la présence aux avant-postes de sept hommes qui surent conjuguer leurs efforts en mettant le grand braquet pour reléguer un quatuor de poursuivants à 1' 30".

Faute d'entente suffisante, le quatuor de contre attaque où figurait notamment Thomas Boutville (Laval Cyclisme 61) et Raphael Clouaire (VC Rouen 76) était définitivement battu. "Sur une course usante comme celle-là, j'ai pensé que ça n'allait pas arriver au sprint. Et puis je me méfiais des deux coureurs de Moyon-Percy qui, potentiellement, pouvaient contrôler la course".

A l'amorce de l'avant dernier tour, alors qu'il restait 14 kilomètres à couvrir, Clément profitait des vallonnements du circuit pour porter l'attaque décisive. Suffisamment tranchante pour aller chercher son premier bouquet en Elites. "J'ai décidé d'anticiper. C'est un effort que j'aime bien. Je suis résistant. J'ai pris rapidement 30 secondes et j'ai pu gérer l'écart lors du dernier tour". De quoi donner quelques regrets à son dauphin , l'ancien champion de Normandie juniors Thomas Demortreux (Moyon-Percy). "J'ai le regret de ne pas avoir osé suivre quand il a attaqué. On s'est vite rendu compte que ce serait difficile d'aller le chercher.

Grand Prix de Gerponville : Une Nouvelle Consécration pour Toby Chatonnet

Elle est parfois longue à venir mais ce n’est que justice si Toby Chatonnet (VC Rouen 76) a retrouvé le goût du succès lors du Grand Prix de Gerponville, traditionnel rendez-vous du 15 août. Enfin récompensé d’une longue attente, un peu plus d’un an après s’être imposé au Grand Prix de la Sainte-Anne à Bricquebec . Un succès à domicile pour le coureur de Bolbec qui profita de la force collective de l’ensemble de sa formation pour savourer ce moment. Deuxième à Saint-Maximin et à Bricquebec, 8e à Montpinchon 48 heures auparavant, il tournait autour depuis plusieurs semaines.

« Après un printemps difficile, je n’avais pas perdu espoir. Aujourd’hui, je ne voulais pas que la course m’échappe. J’avais certainement les meilleures sensations que j’ai connu depuis le début de saison. Il fallait sauter sur l’occasion. Je ne pouvais pas mieux espérer » se félicitait l’élève en Staps à Mont-Saint-Aignan qui ainsi succédait au palmarès de cette épreuve à ses coéqupiers Max Delarue et Hugo Théot.. L’épreuve cauchoise organisée par le VC Fécamp a réuni 67 coureurs .

Sur un circuit balayé par le vent, une première sélection de 22 coureurs se formait en plusieurs vagues successives dès le troisième des huit tours d’un circuit de 14,5 kilomètres. Puis une sélection plus rigoureuse voyait le jour lorsque dix coureurs se portaient au commandement aux deux tiers de la course. Une nouvelle fois, le VC Rouen 76 y était bien représenté avec Louka Lesueur, Toby Chatonnet, Raphael Hector, Mavric Beaune et Hugo Théot. A cinq, les Rouennais pouvaient alors imposer durablement la loi du nombre.

Mais dans la sixième montée de la côte de Thérouldeville, Lesueur et Chatonnet, Clément (Grenoble MC 38) et Richard (USSA Pavilly/Barentin) restaient candidats à la victoire. « On a voulu faire un coup de force » disait Chatonnet à l’arrivée. Certes, Nathan Richard, meilleur grimpeur du jour, cédait mais Thibault Clément, vainqueur à Bourg-Achard l’an dernier, mis jusqu’au bout à mal les espoirs de Chatonnet. Il ne s’avoua pas vaincu. en attaquant dans la dernière montée de Thérouldeville. En vain. » J’avais peur que le scénario de Montpinchon se répète. Face aux Rouennais, je n’ai pas eu la partie facile. il fallait sécuriser le podium » soulignait le Grenoblois originaire de Bagnoles-de-l’Orne.

Puis Lesueur, dont le coup de pédale attesta de sa grande forme, imposa son rythme devançant Clément et Chatonnet d’une quinzaine de mètres. Jusqu’aux 500 mètres où le trio se reforme. Avant que Chatonnet s’impose au sprint devant le Grenoblois. Les Rouennais plaçaient cinq des leurs dans le top 10. Une nouvelle fois, le collectif rouennais ne put être pris en défaut.

Course Année Résultat
Tour du Pays Roannais [Année] Vainqueur de l'étape et du classement général
Prix de Bourg-Achard [Année] Vainqueur
Grand Prix de Gerponville [Année] [Résultat] (Clément termine devant Chatonnet)

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