Vincent Lapierre, figure emblématique du journalisme indépendant français, ne laisse personne indifférent. Né le 4 décembre 1984 à Saint-Martin-d’Hères, ce reporter au parcours atypique suscite autant d’admiration que de controverses. Sa présence médiatique croissante et son approche sans concession des sujets d’actualité attirent l’attention d’un public de plus en plus large.
Origines et Formation
Vincent Lapierre puise ses origines dans un métissage culturel riche. Fils d’un père français et d’une mère colombo-vénézuélienne, il grandit dans la région grenobloise. Cette double culture façonne sa vision du monde et son intérêt pour les questions géopolitiques.
Il suit des études de sciences économiques à l'UPMF de Grenoble. Sa thèse, soutenue en 2011, porte sur l’accès à la santé dans le cadre de la pauvreté en Colombie et au Venezuela. Ce travail académique marque le début de son intérêt pour l’Amérique latine et en particulier pour la figure d’Hugo Chávez.
Engagement et Carrière Journalistique
L’intérêt de Vincent Lapierre pour Hugo Chávez ne se limite pas à sa thèse. En 2013, il publie une biographie du leader vénézuélien, accompagnée d’une traduction de ses discours.
Son parcours prend un tournant décisif en 2015 lorsqu’il rejoint l’équipe d’Égalité et Réconciliation, l’association fondée par Alain Soral. Pendant trois ans, il réalise des reportages de terrain pour le site, adoptant un style de journalisme engagé et polémique. Ces vidéos ne sont plus disponibles sur YouTube aujourd’hui, après que la plateforme a supprimé les chaînes d’Alain Soral.
Création du Média pour Tous
En 2018, Vincent Lapierre quitte Égalité et Réconciliation pour fonder son propre média : Le Média pour tous. Cette rupture, qui s’accompagne de tensions avec Alain Soral, marque le début d’une nouvelle ère dans sa carrière journalistique.
Dans un bandeau en bas de page, le Média pour tous se présente comme « un site de réinformation dont Vincent Lapierre est le porte-parole. Pour un journalisme de terrain 100 % indépendant ».
Vincent Lapierre se distingue par sa méthode de travail sur le terrain. Armé de sa caméra et de son micro à la bonnette bleue caractéristique, il pratique un journalisme d’immersion.
Couverture du Mouvement des Gilets Jaunes
Sa couverture du mouvement des Gilets jaunes à partir de novembre 2018 marque un tournant dans sa carrière. Présent dès les premiers rassemblements, il gagne rapidement la confiance de nombreux manifestants.
Vincent Lapierre ne recule pas devant les sujets sensibles. Qu’il s’agisse de couvrir des manifestations tendues, d’enquêter sur des quartiers réputés difficiles ou d’aborder des questions politiques controversées, il maintient une approche directe et sans filtre.
Polémiques et Controverses
Le parcours de Vincent Lapierre est jalonné de polémiques. Son passage par Égalité et Réconciliation et sa proximité passée avec des figures comme Alain Soral et Dieudonné lui valent des accusations récurrentes de complaisance envers l’extrême droite et l’antisémitisme.
Ses prises de position sur des sujets sensibles comme l’immigration ou la politique internationale suscitent régulièrement la controverse. Certains l’accusent de véhiculer un discours complotiste, notamment dans sa couverture de la crise du Covid-19.
Face à ces critiques, il maintient une posture de journaliste indépendant, affirmant vouloir donner la parole à ceux qui ne l’ont pas dans les médias traditionnels.
Il a aussi affiché son soutien à plusieurs figures négationnistes. En 2017, il réalise un reportage intitulé «Faurisson contre-attaque», dans lequel il couvre le procès pour diffamation intenté par Robert Faurisson à l’encontre d’Ariane Chemin, journaliste au Monde.
«Alain Soral n’est pas un raciste. Alain Soral est quelqu’un qui n’aime personne, ni les blancs, ni les Arabes, et encore moins les Juifs.» C’est ainsi que Vincent Lapierre résume la pensée de son ancien mentor, en introduction de cette même vidéo.
Projets Personnels et Ambitions
Derrière le personnage public se cache un homme aux multiples facettes. Passionné de littérature et d’histoire, Vincent Lapierre puise dans un large éventail d’influences intellectuelles. Bien que discret sur sa vie privée, il a récemment évoqué des difficultés familiales, montrant une facette plus personnelle de sa personnalité.
Ses projets personnels reflètent son engagement pour un journalisme alternatif. Au-delà de ses reportages, il développe des formats d’interviews longues et de débats, cherchant à approfondir les sujets qu’il aborde.
Les ambitions de Vincent Lapierre pour Le Média pour tous sont grandes. Il vise à développer une plateforme médiatique complète, alliant reportages de terrain, interviews approfondies et analyses. La question du financement reste cruciale pour maintenir son indépendance.
Sa vision du journalisme à l’ère du numérique est celle d’un retour aux fondamentaux : proximité avec le terrain, temps long de l’analyse, et liberté de ton. L’avenir dira si cette approche parviendra à s’imposer durablement dans le paysage médiatique français.
Influence et Réseaux Sociaux
L’influence de Vincent Lapierre dans le paysage médiatique français ne cesse de croître. Sa chaîne YouTube compte plus de 400 000 abonnés en 2025, un chiffre en constante augmentation. Sur les réseaux sociaux, Vincent Lapierre bénéficie d’une communauté engagée.
Dans le débat public, Vincent Lapierre occupe une place singulière. Ni tout à fait mainstream, ni complètement marginal, il incarne une forme de journalisme alternatif qui trouve un écho croissant.
Voici un tableau résumant la présence de Vincent Lapierre sur les réseaux sociaux :
| Plateforme | Nombre d'Abonnés (2025) |
|---|---|
| YouTube | 400 000+ |
Avant de se lancer « en solo » avec le Média pour tous, Vincent Lapierre a collaboré pendant cinq ans avec Egalité et Réconciliation (E & R), organisation politique fondée par le polémiste « national-socialiste » Alain Soral.
Contacté par CheckNews, il assure que son départ d’Egalité et Réconciliation « n’est pas dû à des questions d’ego, mais bien à des questions de fond ».
« Il n’y a aujourd’hui plus aucun lien, ni humain ni idéologique, entre notre média et E & R que nous considérons d’ailleurs - et nous connaissons bien le sujet pour l’avoir vu de très près - comme ce qui se fait de pire sur le Web », renchérit-il.
Tout en haut de la liste des « amis » de Lapierre se situe Dieudonné. Entre les deux hommes, c’est donnant-donnant. L’un prend la défense du reporter lorsque celui-ci s’attire les foudres de l’ex-présentateur de LCP Frédéric Haziza. L’autre s’emploie à couvrir la création du « Dieudobus », destiné à contourner la décision des théâtres parisiens de ne plus autoriser les représentations de l’humoriste condamné pour des propos antisémites.
« Nous nous sentons proches d’un certain souverainisme : de gauche sur les questions économiques et sociales et plutôt conservateur ou progressisto-critique sur certaines questions sociétales. »- Vincent Lapierre, fondateur du Média pour tous
Concrètement, le Média pour tous se place dans le camp des europhobes, désireux de mettre en évidence les « effets délétères » de l’Union européenne sur la France, et du côté des défenseurs de la souveraineté nationale, critiquant « toutes les interventions armées occidentales systématiquement justifiées par la volonté d’instaurer, chez les autres, la démocratie ».
La ligne éditoriale du Média pour tous, Vincent Lapierre la définit ainsi comme « une troisième voie entre ce que l’on trouve sur Internet et ce que l’on trouve à la télévision : ni dérive complotiste des médias alternatifs, ni proximité avec le pouvoir politique et économique des grands médias ».