Lapierre-sur-Saône : Histoire et Tourisme

La Bourgogne, terre de spiritualité depuis le Moyen Âge, regorge d'abbayes, de monastères, de couvents et de prieurés qui parsèment ses paysages. En Saône-et-Loire, deux sites d’exception attirent chaque année près de 250 000 visiteurs : celui de la majestueuse abbaye de Cluny et celui de la roche de Solutré.

La Roche de Solutré, un incontournable de la Bourgogne du Sud.

Cluny et ses fortifications

L'abbaye millénaire de Cluny, autrefois un phare de la chrétienté en Europe, conserve encore 75% de ses bâtiments d'origine. Si vous avez le temps, n'hésitez pas à faire appel à Gérard Thélier, spécialiste de l'histoire de Cluny, qui vous fera découvrir cette splendeur.

Financées par l'abbaye de Cluny, les fortifications comprennent 14 tours. Cette forteresse servait à défendre toute la vallée de Mâcon et surtout à protéger Cluny des invasions des barbares qui remontaient la Saône.

La Roche de Solutré : Un Grand Site de France

Classée parmi les Grands Sites de France, cette roche est un incontournable de la Bourgogne du Sud. Que vous soyez à pied, à vélo ou à cheval, cette balade de Cluny à Solutré est un itinéraire incontournable pour découvrir la richesse patrimoniale et la diversité des paysages de la Bourgogne du Sud.

À quelques kilomètres de Mâcon au milieu des vignes de Bourgogne, se dressent collines, monts et roches calcaires. L’un de ces sommets attire toutes les attentions, rendu célèbre par l’Histoire et la Préhistoire : la Roche de Solutré. Le site, réunissant plusieurs villages, la roche voisine de Vergisson, le Mont de Pouilly ainsi que des vignes, bocages et forêts, fait partie du Réseau des Grands Sites de France.

L’ascension est relativement aisée et se fait via un sentier bien aménagé. C’est tout à fait faisable avec des enfants, même jeunes. Personnellement, je suis montée deux fois au sommet : pour le lever et le coucher du soleil.

Le sentier vous fera longer un pré dans lequel se trouvent quelques ânes et chevaux. Ces derniers ont pour mission d’entretenir les prairies afin de limiter l’expansion de certaines plantes envahissantes. D’origine polonaise et proches du tarpan, ce sont des petits chevaux sauvages.

Rendez-vous est donné au pied de la Roche de Solutré en début de soirée. Le sentier prend la direction Est, au milieu des arbres. Notre guide évoque la biodiversité caractéristique des lieux, la faune de la forêt. Rapidement, nous surplombons les villages des alentours, puis, au détour d’un virage, surgit la Roche de Vergisson, majestueuse avec la lumière dorée du couchant.

Après l’apéro au coucher du soleil, il a fallu tenter l’inverse : le petit déjeuner au lever du soleil ! Il y a des détails, des petites phrases que j’ai entendues régulièrement tout au long du séjour. Chaque habitant avait son anecdote sur Mitterrand, bien sûr. Sur Hervé, aussi. Et tout le monde répétait que, Si ! Si ! On voit le Mont Blanc depuis le sommet de la Roche de Solutré.

Sophie ponctue la montée d’anecdotes et d’informations. Mitterrand et les chevaux, bien sûr, mais aussi le Pouilly-Fuissé, les Premiers Crus, le travail de la vigne, la géologie locale et... l’histoire médiévale. Car, si l’on a retenu la Préhistoire et l’histoire récente liant Solutré à l’ancien président, on évoque rarement les quelque 20 000 ans qui se sont écoulés entre les deux.

Ainsi, subsistent quelques traces d’une forteresse bâtie au sommet de la Roche. Un château érigé autour du 10ème siècle puis détruit au 15ème, pour éviter qu’il ne tombe dans des mains ennemies. Les vestiges de ce passé sont difficilement visibles. Sophie nous montre quelques marches qui se laissent deviner sous la végétation.

Le réseau des Grands Sites de France (RGSF) est une association qui regroupe des organisations locales (des Conseils généraux, des communes et communautés de communes, des syndicats mixtes, etc.) pour réfléchir à la gestion durable, à la préservation et à la valorisation de sites naturels touristiques français très fréquentés.

Parmi les quarante-neuf sites adhérents au Réseau des Grands Sites de France qui ont à cœur de développer un tourisme durable, on compte le Massif de Canigó, mais également le site de Solutré-Pouilly-Vergisson. Solutré-Pouilly-Vergisson regroupe huit villages, eux-mêmes bien souvent composés de plusieurs bourgs et hameaux. C’est un site naturel habité et vivant. Explorer les villages est donc incontournable !

Nous retrouvons Lise un matin, alors qu’il fait déjà chaud. Lise sort quelques chaises de sa voiture. Notre premier croquis se fera depuis un pré, à La Grange du Bois. Le petit hameau est situé à l’ouest des Roches de Solutré et Vergisson, pile sur une faille géologique où s’opère un changement de végétation et de paysage. Ici, les vignes et le sol calcaire ont laissé place aux arbres, aux prés et au bocage.

Tandis que nous dessinons, Lise détaille ce qui l’a surprise, marquée ou intéressée en arrivant ici pour son stage. Elle nous parle de l’accueil chaleureux, du verre qu’on lui offre systématiquement où qu’elle aille, et qui tranche avec l’impression que peuvent donner ces grands murs et ces cours fermées. En effet, ici, les jardins ne sont pas devant la maison, mais dans la cour. Et s’ils sont bien souvent ouverts sur les vignes, ils restent cachés de la rue.

Lise a aussi remarqué que les bourgs s’articulent bien souvent autour d’une rue, à l’inverse de certains villages, dans d’autres régions françaises, qui vont s’étendre autour d’une place. Nous posons ensuite nos chaises face à l’église de Fuissé. Lise nous raconte comment un donateur a permis sa construction mais exigé un délai de livraison très court.

L’église du village subissait des infiltrations d’eau, il fallait en construire une autre ailleurs. Tout est alors allé très vite, et peut-être même un peu trop. Lise nous parle de l’orientation de l’église, qui n’est pas conforme aux règles habituelles. En principe, le chœur de l’église se trouve à l’est, pour des raisons symboliques. Mais notre édifice néo-gothique n’est pas orienté ainsi et la raison tient probablement au délai de livraison imposé, ainsi qu’à l’espace disponible.

Nous terminons la matinée sur les hauteurs du village de Solutré. Lise nous donne quelques astuces pour représenter les vignes, avec lesquelles nous peinons toutes un peu (et d’ailleurs, vous ne verrez pas ce troisième croquis totalement raté pour cette raison !). J’en profite pour lui demander sa conclusion à la question de ce qui fait patrimoine, ici, à Solutré.

Elle évoque spontanément les tons ocres qui dominent les au niveau des façades et des murs. La pierre sèche utilisée dans les villages du site donne une unité aux bâtiments, même plus récents. Et même lorsqu’un crépi est apposé, celui-ci reste texturé et dans les tons, ce qui crée une harmonie. Lise pense que les villages font entièrement partie du paysage. Non parce qu’on se promène entre les maisons, mais parce que la technique constructive est unique et typique.

Les bâtiments accompagnent le terrain vallonné, sans terrassement. Et, de loin, ce sont ces enchevêtrements de toits que Lise retient.

Je rencontre Philippe à Fuissé. Il m’invite à prendre un verre sur sa terrasse, face au jardin. Une bâtisse en pierres, une lumière de fin de journée, le bruit de l’eau qui coule, et un lieu qui s’appelle « La Source des Fées ». L’instant a quelque chose d’aussi unique que mystérieux. Philippe promet quelques explications, sourire au coin des lèvres, avant de nous parler de son enfance ici.

Des gamins qui crapahutaient partout. « J’avais toujours un copain avec une cheville foulée ! », s’amuse-t-il. Philippe est viticulteur, et « La Source des Fées », c’est le nom de sa maison d’hôtes. Alors de temps en temps, pendant la discussion, il se lève pour aller accueillir ceux qui viennent dormir ici ou ceux qui veulent acheter du vin. Mais il nous explique rapidement qu’il avait envie de plus, dans sa vie.

Il a toujours eu ce besoin irrépressible d’une quête de sens. Un jour, Philippe a commencé à s’intéresser à l’univers des druides, et tout a coulé de source. Fuissé, « la source dans l’endroit sombre », était un lieu sacré chez les Gaulois. La source qui, justement, coule derrière la maison, traverse le jardin et alimente le lavoir voisin.

Philippe nous parle des Celtes, très présents dans la région, pour qui des lignes d’énergie convergeaient sur la Roche de Solutré. Philippe croit en la synchronicité, les hasards qui font sens, les coïncidences qui se produisent au bon moment. Pour lui, tout s’est aligné autour de cet endroit. Ses valeurs personnelles se sont retrouvées dans l’ordre druidique, avec la protection de la nature et la recherche de l’harmonie.

Vous trouverez de nombreuses idées de randonnées ainsi qu’une carte sur la page de la Maison du Grand Site. L’une de ces randonnées propose de faire le tour des trois Roches en une quinzaine de kilomètres.

La Roche de Solutré attire tous les regards. Pourtant, sa voisine n’offre pas moins d’attraits et, au contraire, possède quelques avantages. Tout d’abord, c’est un très beau spot pour voir... la Roche de Solutré, justement ! C’est également un lieu très calme, la plupart des visiteurs choisissant de monter à Solutré et d’ignorer Vergisson. Ce qui est bien dommage !

S’il n’y a pas grand monde sur la Roche de Vergisson, il y a encore moins de monde au sommet du Mont de Pouilly ! Il faut avouer qu’il est, certes, moins accessible, et aussi moins spectaculaire. Ici, pas de falaise à pic, mais une prairie. Pourtant, en haut, on bénéficie d’une vue dégagée sur les Roches de Solutré et Vergisson, qui semblent alors extrêmement proches.

Séverine, œnologue et cavalière propose des formules pour les cavaliers agueris comme pour les débutants et les familles. C’est un petit regret concernant mon séjour personnel : ne pas avoir fait plus de vélo ! Les petites routes au milieu des vignobles se prêtent particulièrement bien au cyclisme, et on découvre ainsi le paysage à un rythme différent. Possibilité de louer des vélos pour toute la famille, musculaires ou électriques.

Nous avons suivi un itinéraire autour de Charnay-lès-Mâcon, nous faisant traverser le vieux bourg, découvrir les lavoirs, les églises, les châteaux et l’ensemble du patrimoine roman.

Au pied de la Roche de Solutré se trouve l’un des plus riches gisements préhistoriques d’Europe. C’est ici que des archéologues ont découvert, au milieu du 19ème siècle, des milliers d’ossements de chevaux. Situé juste en contrebas de la Roche, le long du sentier, le musée permet de comprendre tant les origines que le caractère infondé de la légende des chevaux de Solutré mais aussi et surtout de découvrir la vie des hommes du Solutréen.

Cette période, très froide, est caractérisée par l’apparition d’outils en silex d’une grande finesse (on parle notamment des « feuilles de laurier », un outil particulièrement coupant et dont la réalisation associe plusieurs techniques complexes).

Le Grand Site de Solutré-Pouilly-Vergisson compte pas moins de 250 viticulteurs, et nombre d’entre eux proposent de la vente directe. Ce ne sont donc pas les occasions de déguster du vin qui manquent.

La Maison Auvigue

Personnellement, je suis allée à la Maison Auvigue, afin d’en profiter pour pénétrer dans un petit morceau de l’histoire du village de Fuissé. C’est en 2016 que la Maison Auvigue s’est installée ici. La chapelle du 12ème siècle, désacralisée depuis longtemps suite à des infiltrations d’eau, abrite maintenant quelques uns des 280 fûts produits sur place. En visitant la cave, on découvre ainsi l’architecture de la chapelle, préservée et bien mise en valeur. Puis, après un dédale de pièces adjacentes, on arrive dans la pièce que les occupants des lieux nomment, non sans humour, la cathédrale. Dans une salle à la hauteur sous plafond impressionnante, trônent de gigantesques cuves en inox.

Après une visite des lieux, nous rentrons dans le vif du sujet : le vin. La Maison Auvigue tient son nom de Francis Auvigue, qui fonde, juste après la dernière guerre, une maison de négoce avec deux idées en tête : faire connaître le Pouilly-Fuissé et travailler sur du parcellaire*. Quelques années plus tard, les petits fils prennent la suite et commencent à vinifier, en achetant du raisin sur pied, avant que l’arrière-petit-fils ne poursuive la lignée en faisant l’acquisition de vignes et en entamant une transition vers le bio.

Entre temps, l’intuition de Francis Auvigue s’est révélée positive. Et c’est d’ailleurs ainsi que notre guide-œnologue introduit la dégustation : le Pouilly-Fuissé n’existe pas, il y a DES Pouilly-Fuissé. Il nous explique qu’il s’agit du vin le plus complexe du Mâconnais, caractérisé par une gamme aromatique à la fois riche et fine. Cela vient du sol sur lequel pousse la vigne. À chaque bouteille que nous dégustons, sont associés quelques cailloux. Ainsi, d’une parcelle à l’autre, si proches soient-elles, on peut obtenir des vins très différents, même si le cépage reste identique. Tel sol sera plus argileux, avec de la présence de silex, et donnera au vin un goût fumé en fin de bouche. Tel autre sera plus calcaire, donnant un aspect particulier.

Les trésors des vignobles français | Documentaire

Autres curiosités touristiques en Bourgogne

  • La Cave Bailly-Lapierre: L’ancienne carrière de Saint-Bris-le-Vineux connait la plus belle des reconversions : elle met sa température fraiche et stable au service du vieillissement du Crémant de Bourgogne. La visite du dédale sculpté dans la pierre vaut le détour et se termine par une dégustation de Crémant.
  • La Grotte de Champ Retard: A la grotte de Champ Retard, transformez-vous en araignée agile et partez à l’assaut des parois. Petit ou grand, chacun son parcours adapté à son niveau !
  • La Karrière: Ancienne carrière de Comblanchien, la pierre emblématique de La Bourgogne, la Karrière vit une nouvelle page de son histoire totalement dédiée au spectacle et à la création qu’elle soit graphique ou musicale.
  • Péniche La Bougeotte: C’est une péniche, c’est une cave, non ! C’est un bar ! C’est tout ça à la fois.
  • Péniche La Scène des quais: Voici une ancienne péniche de commerce qui porte bien son nom ! Amarrée à Auxerre, elle vous propose une programmation culturelle très variée.

Dans le cadre de sa tournée régionale, Paul Mourier, le préfet de Côte-d’Or et de Bourgogne Franche-Comté a visité, le lundi 12 mai, les célèbres caves de Bailly Lapierre. Pascal Jan, préfet de l’Yonne, Paul Mourier, préfet de Côte d’Or et de Bourgogne Franche Comté écoutant attentivement Sylvain Martinand, directeur général des caves de Bailly Lapierre et David Griffe, président de la coopérative des caves de Bailly-Lapierre. Nichées à 52 mètres sous terre, dans d’anciennes carrières de pierre calcaire creusées entre le XIIe et le XIXe siècle, reposent aujourd’hui plus de neuf millions de bouteilles de crémant de Bourgogne.

Ce lieu singulier, qui fut successivement carrière puis champignonnière, devient en 1972 le coeur d’un projet collectif : la cave coopérative de Bailly Lapierre. À cette époque, les vignerons locaux peinent à commercialiser leurs vins blancs, souvent destinés à l’export, notamment vers l’Allemagne. Inspirés par la Champagne toute proche, et disposant de cépages communs - chardonnay et pinot noir - ils décident de miser sur l’effervescence. En l’absence d’appellation dédiée, ils initient la création de l’AOC Crémant de Bourgogne, officiellement reconnue en 1975.

Aujourd’hui encore, la cave regroupe 76 vignerons des alentours de Saint-Bris-le-Vineux, qui y apportent tout ou partie de leur récolte. Lieu de production, de stockage et de visite, Bailly Lapierre s’est imposé comme un ambassadeur du crémant en France et à l’étranger.

Chaque année, environ trois millions de bouteilles sortent des caves, principalement issues des cépages locaux. La cuvée phare ? Un blanc de noirs 100 % pinot noir, à la fois structuré et aromatique. Au total, la maison propose 13 cuvées différentes, dont une seule en bio. « Ce n’est pas la première demande de nos clients », précise Bruno Denis. En revanche, le succès du crémant s’explique aussi par une clientèle de plus en plus curieuse et éduquée.

Chaque année, ce sont environ 17.000 visiteurs qui viennent explorer ces galeries creusées dans la roche et baignées d’une lumière tamisée. « Ce chiffre exclut ceux qui viennent uniquement pour acheter du vin, précise Bruno Denis. On parle ici de véritables curieux, venus pour la visite guidée ». Le site propose des circuits organisés, avec deux visites par jour en semaine de mi-avril à fin juin et en septembre-octobre. En haute saison, notamment en juillet et en août, les visites s’enchaînent toutes les 30 minutes de 14h30 à 17h30, tous les jours.

La Bourgogne offre une multitude d'activités et de découvertes pour tous les goûts. Que vous soyez passionné d'histoire, de nature, de gastronomie ou de culture, vous trouverez votre bonheur dans cette région riche en patrimoine et en traditions.

Tableau Récapitulatif des Sites Touristiques

Site Touristique Description Particularités
Abbaye de Cluny Ancienne abbaye influente Architecture médiévale, histoire riche
Roche de Solutré Site préhistorique et naturel Randonnées, vues panoramiques, musée
Cave Bailly-Lapierre Cave de Crémant de Bourgogne Visites guidées, dégustations, galeries souterraines

tags: #lapierre #sur #saone