Gilbert Bellone, né à Grasse en décembre 1942, est une figure emblématique du cyclisme français. Ancien apprenti boucher-charcutier de Grasse, il a sillonné les routes de sa région natale, marquant de son empreinte le cyclisme azuréen.

Un Talent Précoce
Pour Gilbert Bellone, c'est « feu » dès le début de la saison. Dès le baisser de drapeau de la saison, Gilbert Bellone est un cas. Il a brillé très tôt dans sa carrière, se faisant remarquer dès l'âge de 19 ans dans les lacets du mont Agel en 1962.
Car, comme « Poupou », Gilbert lui aussi a brillé dans les lacets du mont Agel, à 19 ans seulement, devancé par le seul Manuel Manzano en 1962. Il n'a guère besoin de reconnaissance pour maîtriser les parcours de ces semi-classiques de présaison, Bellone est natif de Grasse, ex-licencié du Mimosa Sports de Mandelieu.
Une Carrière Ancrée dans la Région
L'ancien apprenti boucher-charcutier de Grasse est un robuste qui a sillonné toutes les routes d'une région qu'il n'a jamais quittée. Aujourd'hui installé dans une villa à la sortie de Peymeinade, Gilbert Bellone a gardé l'enthousiasme d'un cadet pour retracer son chemin balisé par sa victoire d'étape sur le Tour de France 1968.
Il en reste une photo posée dans son cadre près de la cheminée et des souvenirs faciles à raviver. Il est l'une des figures incontournables de ces courses de pré-saison, surfant sur une période faste du cyclisme, à l'apogée de sa popularité dans les années 60, dans un esprit d'épopée que l'on peut rapprocher du contexte musical euphorique des années yé-yé.

Un Palmarès Impressionnant
À son palmarès figurent les Grands Prix de Grasse et de Cannes, ainsi que de nombreuses places d'honneur. À son palmarès, les Grands Prix de Grasse, de Cannes et de multiples places d'honneur.
Gilbert Bellone est un cas. L'ancien apprenti boucher-charcutier de Grasse est un robuste qui a sillonné toutes les routes d'une région qu'il n'a jamais quittée.
Aujourd'hui installé dans une villa à la sortie de Peymeinade, Gilbert Bellone a gardé l'enthousiasme d'un cadet pour retracer son chemin balisé par sa victoire d'étape sur le Tour de France 1968. Il en reste une photo posée dans son cadre près de la cheminée et des souvenirs faciles à raviver.
En résumé, voici les principaux succès de Gilbert Bellone:
- Grands Prix de Grasse
- Grands Prix de Cannes
- Victoire d'étape sur le Tour de France 1968
La période faste de Bobet sur le Tour (ses trois succès de 1953 à 1955) s'est souvent forgée dès le mois de février dans la douceur de la Riviera. Louison se permettait déjà de jouer la gagne dans le Grand Prix de Cannes 1952 ou à Saint-Raphaël en 1955 pendant que son frangin Jean décrochait quelques places d'honneur.
L'Esprit des Courses de Pré-Saison
À partir des années 50 donc, le calendrier azuréen fleurit au rythme et au parfum du mimosa. Les sixties ne font qu'amplifier le phénomène. Entre Var et Alpes-Maritimes, on accroche un dossard tous les trois jours.
De Menton à Saint-Tropez, en passant par Roquebrune-Cap-Martin, Monaco, Nice, Antibes, Grasse, Cannes, Peymeinade, Draguignan, Seillans, Saint-Raphaël, le peloton dispose d'un programme à la carte composé d'une vingtaine de petites classiques étalées jusqu'à début mars.
Mais si Bobet a élu domicile au Vaste Horizon, c'est aussi parce que l'établissement jouit d'un certain prestige dû à sa clientèle d'habitués depuis une vingtaine d'années, une galerie d'artistes sensibles au charme du lieu.
Picasso le peintre privatisait l'hôtel pour y accueillir et échanger avec les poètes Paul Éluard et René Char dans les années 30.
La donne a changé. Il faut savoir composer entre sorties d'entraînement et rythme de compétition. Mais tout le monde n'arrive pas à égalité de chances au Grand Prix de Saint-Raphaël.
Les « Nordistes », trop longtemps restés au frigo pendant l'hiver, n'ont pas toujours pu tourner les jambes alors que les « locaux » ont pu dérouler les kilomètres.
C'est le cas de Lucien Aimar, le Hyérois : « On n'avait pas un programme d'entraînement très poussé. Mais j'en connaissais deux qui m'épataient et qui étaient capables de gagner avec trois fois moins de kilomètres de préparation, c'était Raymond Poulidor et Gilbert Bellone. Tu leur mettais un cuissard et un dossard et c'était parti ! Pas besoin de préparation à rallonge pour ces deux forces de la nature qui furent équipiers pendant trois ans.
Un seul homme parvient à devancer le néo-pro limousin, l'Espagnol José Gil Sole. Pour Gilbert Bellone, c'est « feu » dès le baisser de drapeau de la saison, Gilbert Bellone est un cas.

Les courses de pré-saison, dont le Grand Prix de Saint-Raphaël (à g. Les deux mondes peuvent parfois se rejoindre sur le même terrain de jeu, versant burlesque. Lucien Aimar fut pendant quatre saisons coéquipier de Jacques Anquetil, de 1965 à 1969, chez Ford puis Bic.
Ils avaient pris leurs quartiers d'hiver « Chez Chopin », un hôtel de Saint-Aygulf, au bord de l'eau, à deux pas de Saint-Raphaël. À l'époque, sans télé ni téléphone portable, les repas sont les prolongations nocturnes de l'entraînement collectif : « Un soir, on était en train de dîner et on a été intrigués par deux gars qui s'étaient installés à la table voisine.
On a vite reconnu Jean-Jacques Debout et Lucky Blondo (vedettes emblématiques de la chanson des années 60 ndlr). On a commencé à se chambrer et on s'est lancé un défi. Il était 22 heures ! On a parié qu'on allait partir tous les quatre à vélo, dans la nuit, jusqu'à Saint-Raphaël. Le problème, c'est qu'il pleuvait... »
Et voilà embarqués deux stars du show-biz et deux têtes d'affiche du peloton, Aimar et Anquetil, qui ont décidé de « faire le mur », mais avec la bénédiction du patron, leur directeur sportif Raphaël Géminiani, au volant de la voiture pour les éclairer à la lueur des phares !
« Quand on est arrivés à Saint-Raphaël, Jean-Jacques Debout a voulu qu'on aille boire un coup au Casino. Mais on était trempés comme des soupes. Le vigile nous a foutus dehors. Ce qu'il ignorait, c'est que Jean-Jacques Debout devait venir chanter au Casino quinze jours plus tard ! Alors, on est repartis à l'hôtel, Chopin nous avait préparé une soupe à l'oignon... »
Entre folklore et compétition, le rituel du camp de base les pieds dans l'eau est désormais établi chaque mois de février. Et les courses azuréennes se courent à guichets fermés ! Ils sont parfois 300 au départ ! Les « indépendants » se joignent aux armadas professionnelles.
Au début des années 70, les « Peugeot » descendaient sur la Côte avec un effectif de 27 ou 28 coureurs. Et tous pouvaient signer la feuille de départ.
« Pour mes premières années chez Peugeot, avec Gaston Plaud comme directeur sportif, il n'y avait pas vraiment d'exigence de résultats, se souvient Bernard Thévenet. On était basés à l'Auberge des Gorges du Loup, au Bar-sur-Loup, on montait souvent sur Gourdon (village perché sur les hauteurs de Grasse ndlr).
On avait un programme à la carte entre courses et sorties d'entraînement. Moi, j'ai vite privilégié les grands Tours donc, je ne cherchais pas particulièrement à être performant à cette période. Mais tout a changé quand Maurice De Muer a repris l'équipe.
À partir de 1975, tout l'effectif était réuni en février pendant cinq semaines à l'Hôtel de France à Seillans, dans le Var. Et on a changé de philosophie. Pour De Muer, il n'y avait pas de petites courses. Il imposait un plan de bataille pour chacune d'elles dès le Grand Prix d'ouverture à Saint-Raphaël.
En plus, il était strict sur la diététique. Je n'ai jamais mangé une viande en sauce en stage de début de saison. Bon, parfois, quand De Muer s'absentait, le patron nous préparait un dessert classé "hors régime"...
Si Thévenet se classe dans la catégorie des « diesel » de début de saison, le Bourguignon carbure pourtant au super dès les premières échéances de 1977, hiver annonciateur d'un été triomphant.
Si Thévenet rate le premier bouquet, il ne manque pas le rendez-vous « à la maison » : « Oui, j'ai quand même réussi à gagner Draguignan-Seillans (ancêtre du Tour du Haut-Var ndlr), par le col de Bourigaille. On arrivait sur la petite place de Seillans. Évidemment, je connaissais la configuration d'arrivée, c'est comme ça que j'ai battu Lubberding (néo-pro chez Ti-Raleigh ndlr). »
La place du village de cette commune d'à peine plus de 1 000 habitants était en effet un lieu de rassemblement pour les Peugeot, qui, au fil des ans, avaient noué une certaine complicité avec les habitants. Ce mode de préparation hivernale se transmet d'une génération à l'autre.
Elle colle à l'air du temps, à la philosophie d'un calendrier encore basé sur les racines d'un cyclisme très européanisé, ancré sur ses traditions locales.
C'était un endroit rêvé pour Marc Madiot, qui ignorait encore, au début des années 80, qu'il incarnait la fin d'une ère. « C'était une préparation idéale, l'alternance course-entraînement, tu pouvais moduler en fonction de ton envie et de ton état de forme. »
Passé pro en 1980, Marc Madiot est aux premières loges des stages d'avant-saison concoctés par le directeur sportif des Renault Cyrille Guimard, à La Tour d'Opio, près de Grasse, un hôtel situé à 200 m du lieu où Coluche se tuera à moto quelques années plus tard.
« Et Guimard interdisait le vin à table », se souvient Charly Bérard qui, en tant que régional, est autorisé à rentrer dormir chez lui. C'est dans la salle de restaurant de La Tour d'Opio que Bérard et Madiot assistent, médusés, aux premiers échanges tendus entre leur leader Bernard Hinault et la jeune recrue Laurent Fignon en 1982.
Sans aucun scrupule, le néo-pro n'hésite pas à allumer son aîné souvent à court de préparation à la sortie de l'hiver.
Charly Bérard : « La vieille garde a été choquée par son comportement. Laurent et Pascal Jules, c'était un peu les Parisiens contre les Bretons ! Et ils ne se faisaient aucun cadeau sur le vélo ! »
« On savait qu'Hinault n'était pas le champion du monde de l'entraînement et il était bougon quand il n'avait pas les bonnes jambes à l'entraînement, se rappelle Marc Madiot. Il nous disait toujours : "Vous verrez en juillet !" Laurent était chambreur. On a compris à ce moment-là que ce serait un futur grand. »
Une insolence athlétique étalée au grand jour ce samedi 20 février 1982 : le petit dernier de la bande à Guimard se balade dans le très sélectif Grand Prix de Cannes, laissant son premier poursuivant, Patrick Stephan, à 1'28''.
Trois jours plus tard, lors de la Flèche Azuréenne, Laurent Fignon se souvient dans son livre que « Marc Madiot et Charly Bérard se mettent à la planche » pour lui ouvrir la voie dans un sprint à cinq à Nice : deuxième victoire en quatre jours pour le néo-pro.
Sur les bords de la Méditerranée, Laurent Fignon est à l'aube d'une fulgurante carrière. La Côte d'Azur, elle, est au crépuscule de la sienne en termes d'organisation de courses. Le Grand Prix de Cannes a longtemps fait de la résistance mais s'est sabordé dans la confusion en 1991, une grande partie du peloton perdue dans la circulation automobile n'ayant pu rejoindre la ligne d'arrivée !
Urbanisation, indiscipline routière et coûts de fonctionnement sont fatals à la bonne volonté des bénévoles. Avant même le début de la décennie 90, la majorité des courses a disparu ou perdu son statut pro. La fin d'une époque épique.
