Frédéric Vichot est un nom qui résonne dans le monde du cyclisme français. Son palmarès, bien que parfois éclipsé par des problèmes de santé, témoigne d'un coureur talentueux et audacieux, particulièrement reconnu pour ses qualités de descendeur. Cet article explore les moments clés de sa carrière, ses victoires marquantes et son impact sur le cyclisme.

Les Débuts et les Premières Échappées
Dès le début de sa carrière, Frédéric Vichot s'est distingué par son esprit d'initiative et sa capacité à animer les courses. On se souvient de sa première échappée de 100 km en compagnie de Cohen, Desbats et Caput.
Tour de France 1984 : La Victoire à Grenoble
Beaucoup se souviennent encore de son numéro en 1984 à Grenoble. Après avoir distancé l'Australien Phil Anderson, le Français remportait sa première victoire sur le Tour de France.
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Frédéric Vichot, qui vend désormais des vélos à Vesoul, se souvient d’une autre étape gagnée en 1985 à Toulouse pendant laquelle il s’était fait la malle lors de la descente d’une bosse après Aurillac pour s’imposer ensuite au terme d’une échappée longue de 205km.
Tour de France 1985 : L'Étape d'Aurillac-Toulouse
L'étape précédant les Pyrénées a eu un déroulement logique. Un coureur est parti devant et on l'a laissé faire. C'était Frédéric Vichot, de l'équipe Skil, dirigée par Jean de Gribaldy. Son sponsor voulait une victoire d'étape sur ce Tour et Sean Kelly n'arrivait pas à en remporter.
Vichot est donc parti pour une échappée de 207 km. À un moment, il a compté plus de vingt minutes d'avance. Donc on a roulé un peu pour réduire l'écart. Il faisait très chaud et nous sommes arrivés à Toulouse avec plus de trente minutes d'avance sur l'horaire le plus optimiste.
Frédéric Vichot était un superbe coureur et, surtout, un excellent descendeur. Quand il a demandé à tenter sa chance, et vu qu'il n'était pas du tout dangereux pour le classement général, je lui ai dit : Vas-y, môme, fais-toi plaisir. Il est de la famille d'Arthur Vichot, le coureur de la FDJ.
Classement d'Aurillac-Toulouse :
- Frédéric Vichot (Fra/Skil), les 247 km en 6 h 31'54"
- Charly Mottet (Fra/Renault), à 3'11''
- Guido Bontempi (Ita/Carrera), à 3'15'
Les Qualités de Descendeur
La descente est un genre particulier dans la course cycliste car elle ne bénéficie d’aucun entraînement spécifique. Pour dévaler des pentes parfois aussi raides et sinueuses, il vaut mieux avoir développé des acquis avant l’âge de 17-18 ans pour dominer le vertige et les trajectoires, souligne Frédéric Grappe, expert cyclisme et performance, notamment conseiller scientifique de la Fédération française de cyclisme.
Enfant, alors que le VTT n’existait pas encore, Frédéric Vichot se souvient de son premier vélo sans freins qu’il utilisait sur des chemins de terre parfois abrupts. Devenu professionnel quelques années plus tard, il aimait alors toujours slalomer entre les arbres dans des bois à flanc de coteaux.
L’exercice de la descente requiert, il est vrai, une concentration et une vigilance de tous les instants que les efforts de la montée, quelques minutes plus tôt, peuvent avoir altérées. Tout est une question d’anticipation à plein de niveaux, remarque Frédéric Grappe. Il ne faut pas s’épuiser en arrivant en haut et perdre ainsi sa lucidité au moment de basculer de l’autre côté. Car la succession de virages requiert de l’anticipation permanente lors d’une période qui peut durer plus d’une demi-heure.
Aux commandes de vélos qui pèsent en moyenne 7,5kg (soit environ un kilo de moins qu’au temps de Frédéric Vichot), les vitesses atteintes peuvent tutoyer les 100km/h, même si la norme maximale se situe plutôt entre 80 et 90km/h. Et bien évidemment, lorsque les routes sont humides, le danger est naturellement amplifié.

Les Difficultés et le Retour
Comme beaucoup de coureurs, Frédéric Vichot a connu des moments difficiles. «J'ai eu une grosse tendinite, un problème au genou qui m'a handicapé tout le printemps 2014. Je suis revenu bien pour le Tour mais je suis tombé malade, je ne l'ai pas fini. En fin de saison, je me suis cassé la clavicule, une fracture pas belle à voir qui m'a handicapé jusqu'au début de saison 2015. Je suis bien revenu en 2015 mais j'ai chopé un virus qui m'a ‘’niqué’’ toute l'année.
Sur le podium (3e) de Paris-Nice en 2014, il envisageait quelques mois plus tard, démoralisé, d'arrêter le haut niveau. Des ennuis de santé qui lui permettent, aujourd'hui avec son éclatant retour sur le devant de la scène, de relativiser. Pas question donc de revoir son rôle à la hausse sur le Tour.
Le Rôle au Sein de l'Équipe FDJ
«Cette année, on a une belle équipe, des grosses ambitions avec un coureur que vous connaissez, qui n'est pas facile! Il faudra bien gérer ça avec lui. On y va pour faire quelque chose de gros.»«Cette année, Thibaut a démontré d'énormes qualités», distille encore Vichot, «il a passé un cap par rapport à l'année dernière. Mais si l'occasion se présente, si Thibaut est à l'abri, etc... Comment douter de sa loyauté ?