Pas facile pour la Shiver de faire valoir ses arguments face à une concurrence qui s'est bien renouvelée. Des roadsters 750 twin, il n'y en a pas beaucoup sur le marché.
Aprilia y vient avec des arguments chocs qui pourraient bien changer beaucoup de choses dans la catégorie des roadsters teigneux "mid-size". Le plus épineux est l'offre pléthorique qui règne sur le marché.
Sexy, élégante, dynamique, voilà ce que vous propose la Shiver, mais la première mouture montrait quelques défauts rectifiés pour 2011. il fallait aussi remonter la pente d’une image ternie par un mauvais SAV.
La Shiver n’est pas une nouveauté puisque sa dernière évolution date de 2011, mais elle revient sur le devant de la scène grâce au permis A2. En effet, ce joli roadster affiche juste 70 kw et peut donc être bridé de moitié à 35 kw pour les jeunes permis. D’autant que l’aprilia est très abordable à 6799 €.
Avec la Shiver, Aprilia ouvrait une nouvelle génération de moto puisque cette machine intégrait un moteur maison. La Shiver adopte un moteur V2 conçu par aprilia et produit dans le groupe Piaggio alors que, par le passé, tout était sous-traité.
Mais Aprilia vise aussi à élargir sa famille de produit avec un engin entrant dans la catégorie des Roadster, la plus disputée mais aussi la plus importante du marché moto.

Aprilia Shiver 750 GT
Moteur et Performances
1er critère technique super important, le moteur. Il est crucial dans cette catégorie qu'un moulin soit riche en sensations ou pourvu de suffisamment de puissance pour s'amuser tout en assurant coté performances. Avec son twin très compact à 90°, la Shiver nous promet les deux.
Le nouveau bicylindre se dote de toute la technologie moderne (double allumage, double ACT, multi-soupapes, refroidissement liquide, encombrement super réduit, cotes super-carrées, distribution mi-chaine mi-engrenage), et même d'un contrôle de gestion de la poignée de gaz. Jusqu'à présent, seules 2 motos, des sportives, y avaient droit - la R6 et la R1 version 2007.
Aprilia défend ici ses qualités de motoriste avec un superbe 95 chevaux à la clé. Songez, c'est quasiment autant de watts qu'une Ducati 748 ; et avec 8,25 mkg, ce berlingot est mieux pourvu en couple que la 749... et que la plupart des 750 du marché.
Ce moteur V2 doté de culasses double arbre et 4 soupapes délivre 70 kw, soit 95 chevaux et donc de quoi s’amuser !
Le V2 se montre alors diabolique et vif comme l’éclair alors que la sonorité se fait plus rauque et belliqueuse. Mais la zone rouge arrive presque trop vite et impose le changement de rapport.
Equipements Démarreur électrique Starter auto Compte-tours Montre Voyant température eau Voyant défaut injection Voyant béquille Voyant passage en réserve Voyant ABS (option) Totalisateurs journaliers Ordinateur de bord (V-max, V-moy, conso-moy et instan) Appel de phare Coupe-contact Warning Béquille latérale (coupe-contact) Blocage direction au contacteur Clé codée Bouchon essence à clé type aviation Leviers réglables Poignées passager Repose-pieds démontables
Fiche technique :
- Moteur : bicylindre 4T, refroidissement par eau, double ACT, 4 soupapes
- Alésage x Course : 92 x 56,4 mm
- Cylindrée : 749,9 cm3
- Puissance : 70 Kw à 8750 tr/min
- Couple : 80 Nm à 7000 tr/min
- Mise en route : démarreur électrique
- Transmission : 6 rapports, chaîne
- Suspension avant : fourche hydraulique inversée diam.
Performance :
- Vitesse maxi : 210 km/h
- Conso. moyenne : 6,0 l/100 km
- Autonomie : 250 km
Tableau des Caractéristiques Techniques
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Type de moteur | Bicylindre en V à 90°, 4 temps |
| Cylindrée | 749 cm3 |
| Puissance maximale | 95 ch |
| Couple maximal | 8,25 mkg |
| Refroidissement | Liquide |
Partie Cycle et Esthétique
Les partie-cycles des roadsters modernes n'ont décidément plus rien à envier à celles des hypersports. Il y a 10 ans, le nombre de motos équipées d'une fourche inversée étaient à peine supérieur au nombre de points du permis. Quant aux étriers de frein à fixation radiale, on y voyaient seulement en GP 500.
Aujourd'hui, toutes les sportives possèdent ces équipements ; et la mode envahit les roadsters. La 750 Shiver fait partie de ce clan. Son châssis est prévu pour offrir plus que du très bien : fourche inversée et étriers radiaux (comme mentionné susditement), cadre de section tubulaire relié à des platines en alu, bras oscillant renforcé...
Il vaut mieux pour Aprilia que les prestations de la Shiver soient sans fausse note, car l'esthétique sans appel de ce roadster nous met l'eau à la bouche. On sent que ça a bossé dans les bureaux de design. Ramassée, le regard scarabesque, les hanches taillées, la croupe stylisée avec des échappements échappées de Doom, la Shiver n'a pas choisi d'être sage.
STYLE SOIGNÉ Le moteur de 750 cm3 est très compact et s’intègre dans un châssis mixte alu/acier où il joue un rôle majeur dans la rigidité puisque les deux platines alu latérales y sont directement liées.
La pièce avant, qui supporte la colonne de direction, est un treillis tubulaire, façon Ducati, ou plutôt MV Agusta. Cela donne une ligne agressive et élégante où les plastiques sont réduits, laissant les parties nobles de la moto en évidence. On note toutefois la présence d’un saut de vent au-dessus du phare.
ACCÉLÉRATEUR ÉLECTRONIQUE Les Roadsters ont souvent une image basique, mais aprilia n’a pas voulu entrer dans la danse ainsi. Outre une finition exemplaire et une ligne séduisante avec ses échappements formant le passage de roues, façon MV F4, la Shiver opte pour des équipements plutôt haut de gamme avec une fourche inversée de grosse section et un freinage avant à double disque avec pinces à montage radial.
Aprilia a également voulu signer son œuvre de touches hi-tech. Fort de son expérience en compétition, la marque italienne a été l’une des première à adopter une gestion électronique du moteur intégrant une poignée d’accélérateur électronique; le fameux Ride By wire. Il y a toujours des câbles sortant de la poignée de gaz, mais ils vont sur un potentiomètre et non plus agir sur les papillons des conduits d’admission.
Le modèle essayé était ABS et recevait donc un sabot moteur destiné principalement à cacher le calculateur et son unité hydraulique à l’avant du moteur.
Il faut également noter une instrumentation originale, qu'elle partage avec la Mana, composée d’une grande fenêtre digitale accolée au compte-tours analogique. On y trouve l’heure, la température extérieure, la vitesse numérique. On peut faire défiler le reste des infos avec le bouton mode au guidon : partiel, conso moyenne et instantanée, etc.
LIGNE PLUS QUE SÉDUISANTE Aprilia et les Italiens en général savent dessiner une moto et lui donner une allure mélangeant avec bonheur séduction et agressivité. Le phare triangulaire n’est plus une exception aujourd’hui sur les roadsters, il a été surmonté d’un saute-vent, plus esthétique que protecteur. L’arrière fuit vers le haut avec les deux échappements sous la selle, dégageant ainsi tout l’espace avec un bras oscillant dédoublé, mais très ramassé.
Le trait est direct, efficace et énergique, ne laissant finalement que peu de place aux plastiques, mis à part le réservoir de 15 litres. La clé se trouve sur l’arrière de la direction, façon Ducati et le flash rouge au tableau de bord rappelle qu’elle est codée. Ce n’est pas un mal.

Design agressif et élégant de l'Aprilia Shiver 750
Comportement et Ergonomie
POSITION ERGONOMIQUE ET CONFORTABLE On s’installe au guidon, tout en constatant une très bonne position de conduite, avec une hauteur de selle correcte. En revanche, au premier demi-tour, on remarque un rayon de braquage important. Le V2 démarre, accompagné d’un joli feulement et sans émettre de vibrations. Première, et on constate immédiatement le bon équilibre de l’ensemble.
Les commandes sont bien disposées et vous pourrez les régler comme bon vous semble. Molettes aux leviers et excentriques aux pédales sont prévus pour s’adapter aux morphologies de chacun. On prend ses marques à petites foulées, mais on apprécie déjà la docilité du moteur qui enroule à bas régime sans jamais cogner. Le rythme s’accélère et le moteur bondit dès que l’on ouvre les gaz en grand.
CHÂSSIS IMPERTURBABLE Ce moteur se montre vraiment enthousiasmant et participe également au confort de la Shiver. Bons amortissements, selle pas trop dure, mais calant bien, l’aprilia permet de longs trajets, même si la protection d’un roadster est toujours réduite.
D’une manière générale, la Shiver se place où l’on veut et y reste, le simple déplacement de son corps ou l’action sur le frein arrière permettant de corriger sa trajectoire. Le freinage est d’ailleurs musclé et très dosable, sans le moindre effort à la poignée. C’est onctueux et l’efficacité est un vrai bonheur avec un ABS peu intrusif. Les étriers 4 pistons radiaux mordent avec panache les disques de 320 mm alors que la fourche inversée encaisse le ralentissement sans rien perdre de son amortissement si la chaussée se dégrade quelque peu.
Modes de Conduite
3 CARTOGRAPHIES Enfin, on peut choisir entre 3 modes de fonctionnement : « R » comme Rain, « S » comme Sport et « T » comme Touring. Le changement s'opère simplement en appuyant sur le bouton du démarreur une fois le moteur lancé, et les trois modes de fonctionnement sont bien distincts.
Le mode Sport se révèle à l'usage un peu brutal, notamment lors de la remise des gaz. On lui préfère le mode Touring qui permet à la Shiver de délivrer les 95 chevaux de sa puissance avec force, détermination et constance tout en rajoutant une petite louche de peps dans les plus hauts régimes.
Quant au mode Rain, il permet d'ouvrir les gaz en grand sans la moindre arrière pensée alors que le bitume est détrempé, avec une absence totale de reprise et des accélérations franchement molles.
L'Aprilia 750 Shiver à l'épreuve du banc moteur : 95 ch, info ou intox ?

Aprilia Shiver 750 vs Ducati Monster 796
La Ducati Monster 796 a beau être toute nouvelle, elle jouit déjà d’une image très porteuse, presque une moto « bankable » pour Ducati. Mais le monstre bolonais n’est plus seul au royaume des roadsters latins. L’Aprilia Shiver 750 possède bon nombre de qualités pour marcher sur ses plate-bandes.
La nouvelle Ducati Monster 796 se voit aujourd’hui défiée par l’Aprilia Shiver 750, fraîchement remise à niveau. La Ducati, c’est une icône : pour beaucoup, ce modèle a marqué les esprits au moins autant que la 916 chez les Superbikes.
Moins européenne de style, sans doute pour séduire un plus large public, la nouvelle Shiver 750 propose un savant mélange de technologie (accélérateur à assistance électronique, trois cartographies d’injection), un équipement riche et un assemblage également très sérieux. Le tout avec un placement tarifaire particulièrement agressif.
Ces motos traduisent deux visions différentes du roadster à l’italienne. La Ducati Monster se veut très typée, les designers en charge du projet sont même contraints de conserver cette ligne distinctive, dont le réservoir bombé constitue une signature. Il en découle une ergonomie spéciale, quoique de plus en plus « soft ».
La Shiver propose un amortissement plus douillet. On la contrôle plus facilement et l’on navigue à l’improvisation sans difficulté. Quelques encablures en arrière, la Monster tient le rythme, mais secoue les bras et vous masse énergiquement l’arrière train ! Cela reste vivable, bien plus que sur les premières générations, mais guère plaisant.
Conclusion
Abordable, la Shiver apporte une esthétique séduisante, un moteur fabuleux, un peu de hi-tech et du plaisir pour tous. Une machine facile, qui répond présent à chaque sollicitation et procure de bonnes sensations et une adaptation à la conduite de chacun et chacune. Une moto à redécouvrir et qui existe en version 35 kw pour le permis A2.