L'histoire de l'usine Kawasaki au Japon : Une épopée industrielle

L’histoire de Kawasaki commence en 1878, lorsqu’un visionnaire nommé Shozo Kawasaki fonda le chantier naval Kawasaki Tsukiji Shipyard à Tokyo. Encouragé par le gouvernement de l’ère Meiji, Shozo Kawasaki emprunta 30 000 ¥ et loua un terrain portuaire dans la baie de Tokyo pour lancer son entreprise.

En 1896, le gouvernement japonais privatisa l’industrie et proposa à Shozo Kawasaki un chantier naval à Kobe. Kawasaki acheta immédiatement ce chantier et déplaça son entreprise, car le site tokyoïte avait un potentiel de développement limité. La première guerre sino-japonaise en 1894 stimula la demande de navires, et Kawasaki ouvrit le capital de son entreprise, devenant une société anonyme.

En 1906, Kawasaki ouvrit une nouvelle usine pour produire du matériel roulant ferroviaire, incluant des voitures de chemin de fer, des locomotives et des pièces connexes. L’entreprise acquit des capacités de production de tôles et de moulage en acier et prit des commandes dans de grands projets de génie civil comme la construction de ponts.

Dès 1907, Kawasaki fabriqua des moteurs Diesel dérivés de modèles allemands, des turbines à vapeur, et se lança dans l’aéronautique, quinze ans après le premier avion des frères Wright. Kawasaki construisit les premiers sous-marins japonais, la classe Type 6, en 1906, et le Yodo, le premier grand navire de guerre construit dans un chantier naval privé, en 1908. Ces projets établirent une collaboration étroite entre l’entreprise et la Marine impériale japonaise, dont Kawasaki devint le fournisseur privilégié de sous-marins et d’avions de lutte anti-sous-marine.

La Seconde Guerre mondiale affecta profondément l’industrie japonaise, mais Kawasaki Heavy Industries se redressa rapidement. Le gouvernement japonais relança la construction navale en août 1947, et les usines de Kawasaki furent bientôt saturées par la demande. De la guerre de Corée en 1950 jusqu’au choc pétrolier de 1973, Kawasaki connut une croissance presque ininterrompue, à l’instar de l’économie japonaise.

HDM #2 - Kawasaki, la marque aux milles facettes

L'entrée dans l'industrie de la moto

En 1953, Kawasaki commença à produire des motos, marquant l’entrée de l’entreprise dans le monde des deux-roues. Les années suivantes virent l’introduction de nouvelles technologies, comme l’électricité en 1976, l’hélicoptère MBB-Kawasaki BK 117 en 1979, et le premier méthanier japonais en 1981.

Le chemin de Kawasaki vers le succès dans l'industrie de la moto, qui a commencé avec le lancement du moteur KE-1 en 1953, n'a pas été de tout repos. Plusieurs initiatives ont été prises pour tenter d'augmenter les ventes, notamment en travaillant avec des sociétés commerciales pour développer les marchés étrangers, en plus d'une alliance commerciale et d'une fusion avec la Meguro Manufacturing Company. Cependant, chacun de ces efforts n'a pas produit les résultats de vente espérés.

Il a été décidé que la vente directe aux concessionnaires serait le meilleur modèle commercial, et c'est ainsi qu'en 1966, la société American Kawasaki Motors (USA) a été créée. Les activités américaines de Kawasaki ont débuté avec seulement 10 employés et ont dévelopées des motos telles que la Kawasaki A1 Samurai 250, la Kawasaki H1 500 Mach III et l'emblématique Kawasaki Z1 900 pour le marché américain.

Très tôt, Kawasaki USA a lancé une nouvelle politique de vente visant à l'expansion, qui comprenait le premier système de millésime de l'industrie, et s'est efforcée de renforcer les relations avec les concessionnaires en créant des succursales dans toutes les régions des États-Unis, consolidant ainsi sa position sur le marché américain.

En 1974, Kawasaki a investi 20 millions de dollars dans la construction d'une usine à Lincoln, dans le Nebraska. En fait, l'usine de Lincoln de Kawasaki est devenue la première usine construite par un constructeur japonais de voitures ou de motos aux États-Unis. C'est là que sont encore fabriqués aujourd'hui tous les motomarines Kawasaki Jet Ski.

Kawasaki a commencé à produire des motos à grande échelle il y a plus d'un demi-siècle. Le premier moteur de moto Kawasaki a été conçu sur la base du savoir-faire technique acquis lors du développement et de la production de moteurs d'avion. L'entrée de Kawasaki dans l'industrie de la moto a été motivée par les efforts constants de l'entreprise pour développer de nouvelles technologies.

De nombreux nouveaux modèles Kawasaki lancés au fil des ans ont contribué à façonner le marché et, ce faisant, ont créé des légendes basées sur leur ingénierie, leur puissance, leur design et leur plaisir de pilotage uniques. Aujourd’hui, Kawasaki Heavy Industries est une société basée sur l’ingénierie qui opère dans le monde entier et sur des marchés très divers, en étant toujours à la pointe de la technologie.

Depuis lors, Kawasaki a continué à partager sa philosophie "Fun à rouler" avec ses clients du monde entier. Aujourd'hui, les motos Kawasaki sont vendues dans plus de 90 pays et régions.

Pour célébrer les 70 ans de Kawasaki, AKM (American Kawasaki Motors) organisera une exposition spéciale qui se tiendra à l'AKM Heritage Hall à Foothill Ranch, en Californie, ainsi qu'au Kawasaki Good Times World à Kobe, au Japon, à partir de septembre 2023. Les expositions se concentreront sur l'histoire du commerce des motos sur le marché américain, qui a marqué un tournant majeur dans la stratégie commerciale de Kawasaki à l'étranger.

Les motos Kawasaki sont devenues emblématiques dans le monde du motocyclisme. La première moto, produite en 1953, marquait le début d’une longue histoire de puissance et de performance. Les motos Kawasaki sont réputées pour leur puissance et leur maniabilité.

Un employé de Kawasaki : “Travailler chez Kawasaki, c’est être partie prenante d’une histoire qui dépasse les frontières du Japon. L’histoire de Kawasaki Heavy Industries est une épopée industrielle qui reflète la résilience, l’innovation et la vision d’un entrepreneur japonais.

Bienvenue au pays du Soleil-Levant, dans la ville portuaire de Kobe. La présence, ici, d’un musée Kawasaki ne doit rien au hasard, ce chef-lieu ayant vu naître la firme il y a près d’un siècle et demi maintenant.

Si au départ l’activité se concentre sur la construction de bateaux en acier, peu avant la grande guerre locomotives et avions sortent également des usines.

Les modèles emblématiques de Kawasaki

On a tous en tête l’image de la flamboyante Z 900 (Z1 900), la Super Four première du nom pour le constructeur japonais Kawasaki. Mais avant, le constructeur d’Akashi a intensément planché sur des protos qui devaient préfigurer cette moto appelée à installer le 4-temps dans la gamme de ce constructeur toujours guidé par la recherche de performances. Les puristes diront que la Z 900 a fêté ses 50 ans en 2022. À raison car la mythique Kawasaki a été dévoilée au milieu de l’année 1972 et présentée officiellement au mois de septembre de ce millésime.

À l’origine, ce sont les États-Unis qui ont lancé une demande auprès de KHI, la maison mère au Japon, pour produire une superbike, un gros 4-temps puissant et sportif. À l’époque, Kawasaki excelle dans l‘art du 2-temps avec ses excellents bi et trois-cylindres, les Avenger, Samourai et autres Mach III, mais la marque veut s’ouvrir au 4-temps qui offre bien d’autres avantages. Kawasaki ne manque pas d’ambition pour ce modèle et, durant cinq années, développe un prototype répondant au nom de code N600. Il s’agit au départ d’un 4-cylindres de 750 cm3, avec un moteur ressemblant comme deux gouttes d’eau, sur la première ébauche, à un bloc MV. Il se trouve qu’alors, la seule 4-cylindres 4-temps était la MV Agusta 600 Quattro et Kawasaki, comme ça se faisait souvent, s’en est largement inspiré.

Tout ça pour rien en définitive car au Tokyo Motor Show de 1968, Honda dévoile une certaine CB 750 Four qui coupe l’herbe sous les pattes des dirigeants Kawasaki, et sans doute aussi l’envie de sourire. La Honda jette un tel pavé dans la mare avec sa technique et son style que Kawasaki doit décaler mais surtout modifier son projet. de 903 cm3 affichant 81 ch, contre 67 pour la CB.

L’usine fait alors rouler les protos de façon très intensive, allant même jusqu’à confier deux modèles à des ingénieurs pour traverser les États-Unis d’est en ouest avec une moto camouflée en CB 750, couleur bleue, bande sur le réservoir et badge à l’appui ! La marque feraaussi appel à Paul Smart, pilote Kawasaki en ces temps, pour éprouver la future Z.

En 1972, la moto de préproduction est finalisée en février et la production peut commencer trois mois plus tard sur les chaînes. La marque peut enfin lancer dans le grand bain la Z 900 Z1 Super Four, une moto qui surclasse d’emblée la Honda 4 pattes par ses performances bien supérieures.

Le premier prototype N600 laisse entrevoir ce que sera la future Z 900. Pas encore très avancé, il exhibe un 4-cylindres ressemblant de très près au seul moteur 4-cylindres 4-temps de l’époque, celui de la MV Agusta 600 Quattro.

Cette étude est datée de janvier 1972. C’est un modèle qui précède celui de préproduction. Le modèle de 1972, dans son célèbre coloris brun/ orange dévoilé au salon de Cologne en septembre de cette année. En Europe, elle arrivera en coloris jaune/ vert début 73. Elle se vendra à 4 846 unités pour atteindre 38 149 unités avec la version Z1 B de 1975.

Le proto Z1 daté de 1971 qui va définir ce que sera la 900 Kawa. La forme commence à se dessiner. Pour qu’elle passe inaperçue lors des très nombreux tests, Kawasaki avait maquillé l’une des Z1 en Honda 750. Le réservoir serait plutôt celui d’une CB 450 K1.

Les Jet Ski Kawasaki

Clayton Jacobson II, un américain qui rêvait de créer une machine pour faire du ski nautique sans avoir l'obligation d'être tiré par un bateau, fut approché par Kawasaki Heavy Industries (KHI) en 1970 après que son projet fut abandonné chez le constructeur canadien de motoneiges Bombardier. Il y développa le JetSki en 1973, la première motomarine de type « à bras », qui deviendra la marque de commerce de Kawasaki dans ce domaine et pendant longtemps un synonyme pour motomarine.

La première série de JetSki mesurait 2,08 par 0,61 mètres, pesait 100 kilogrammes et elle était propulsées par un moteur de 398 cc à carburateur. La coque en fibre de verre était disponible en 2 versions: le modèle WS-AA dont le fond était plat et le modèle WS-AB, plus agressif, avec un fond en V. Environ 550 unités furent fabriqués la première année dont les 2/3 était du modèle WS-AB.

Le sport associé à la pratique à la motomarine prit réellement son envol au cour des années 1980 avec des modèles de 440 cc et 550 cc, dont la coque était pratiquement identique à celle des premiers modèles de Kawasaki, et à l'apparition d'autres constructeurs. En 1992, le JetSki de 750cc arriva sur le marché. La coque nettement plus raffinée combiné à un style plus coloré propulsa le modèle au sommet des ventes et amena la disparition des modèles antérieurs.

Le segment de clientèle attiré par ce type de motomarines est généralement axé sur la performance et le plaisir de modifier le produit au niveau du comportement sur l'eau, de la motorisation et de la colorisation. Les modèles suivants dévoilés par Kawasaki répondirent à cette quête de performance principalement au niveau coque et moteur. En 1995, une version à double carburateur a été ajouté à la gamme: le 750sxi.

En 1998, le 750sxiPro arriva sur le marché en proposant une toute nouvelle coque plus agressive au niveau de la poupe et de la proue. En adoucissant la coupe ventrale avant de la coque, le comportement permettait de mieux absorber les vagues en diminuant l'effet de rebond.

En 2003, pour célébrer le 30e anniversaire du JetSki, Kawasaki annonca l'arrivée du 800SXR dont la refonte complète de la coque et de l'esthétique permis de reprendre le haut du pavé en compétition que Yamaha avait dominé au fil des ans avec son SuperJet. Contrairement aux anciens 750, le comportement de la coque du 800SXR permettait une conduite plus facile à apprendre et plus stable en virage.

Diversification et secteurs d'activité de Kawasaki

Aujourd’hui KHI est une multinationale composée de plus de 50 filiales. La firme est spécialisée dans la fabrication et la commercialisation d’équipements de transport et de machines industrielles.

La production de motos a commencé… plus de sept décennies plus tard. Au début des années 1950, Kawasaki lance d’abord le moteur KE-1, un monocylindre 150 cm³ 4-temps réalisé dans son usine d’aviation de Kobe. La toute première « vraie » moto entièrement conçue et construite par Kawasaki est la 125 B8 2-temps apparue en 1962 et dérivée de la Meihatsu B7. Une moto qui, là encore, a bénéficié du travail effectué par la marque dans le domaine aéronautique ; le logo sur le réservoir portait d’ailleurs cette inscription : « Kawasaki Aircraft ».

Voilà pour les débuts de la production moto, partie intégrante de la division Leisure (« loisirs ») à l’instar des quads et autres 4-roues ou encore des jet-ski. Cette division représente environ 20 % de l’activité de Kawasaki Heavy Industries (KHI).

Depuis quasiment le début du 20e siècle ou presque, Kawasaki a fait des avions. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a notamment produit le KI-61 Hien, seul avion de chasse nippon à moteur 12 cylindres en V inversé. Aujourd’hui, le constructeur a toujours une gamme, essentiellement destinée à l’armée et à la marine japonaises. Mais KHI réalise également des pièces pour d’autres constructeurs aéronautiques (parties de fuselage des Boeing 777 et 787, partenariat pour l’Embraer 170), ainsi que des composants de turboréacteurs pour les spécialistes IAE, Pratt & Whitney, Rolls-Royce, etc.

Très vite, à l’instar du domaine aéronautique, Kawasaki a travaillé dans le ferroviaire. Aujourd’hui, il propose le fameux Shinkansen (également construit par d’autres entreprises japonaises), équivalent local de notre TGV, mais aussi des locomotives, des rames pour les grandes lignes et la banlieue, des métros, des wagons de marchandises, etc. Dix ans plus tard, en décembre 2018, Kawasaki produisait sa 5000e locomotive depuis 1906.

À l’instar des autres constructeurs japonais, Kawasaki a su/sait utiliser les turbines - compresseur ou turbo - dans ses motos. C’était déjà le cas avec l’incroyable GPZ 750 Turbo en 1983. Un choix technologique qui ne doit rien au hasard.

Kawasaki a débuté avec la construction de navires, on l’a vu. Un secteur dans lequel la marque japonaise est évidemment encore très présente. Que ce soit dans le domaine civil ou dans le domaine militaire. Côté civil, sortent de ses chantiers navals des porte-conteneurs, pétroliers, méthaniers, cargos, vraquiers, transporteurs de voitures….

Kawasaki Heavy Industries produit également, notamment, des tunneliers. Dont les deux modèles TBM - chacun composé de plus de… 100 000 pièces - qui forèrent les 38 km du tunnel sous la Manche.

Les différents secteurs de Kawasaki :

  • Aérospatiale
  • Construction navale
  • Engins ferroviaires
  • Centrales énergétiques et usines
  • Protection de l’environnement et recyclage
  • Equipement industriel
  • Infrastructures
  • Produits de loisir motorisés

Kawasaki Heavy Industries est engagé dans la construction de moyens de transports adaptés aux besoins du 21ème siècle, et, pour ce faire, utilise la richesse du savoir-faire technologique que l’entreprise a accumulé au cours des 100 dernières années.

La division navale a orienté la production mondiale vers des navires toujours plus grands, plus rapides et plus automatisés et s’efforce de rechercher continuellement de nouvelles évolutions pour la construction de bateaux et pour parfaire leur efficacité tout en préservant la consommation énergétique.

Kawasaki fourni du matériel ferroviaire pour le célèbre Shinkansen ainsi que de nombreux autres trains. La société développe actuellement une nouvelle génération de Shinkansen qui se déplacera à la vitesse de 386km/h (240mph).

Dans le secteur de l’aéronautique, Kawasaki est engagé dans une large variété de produits en tant que constructeur de fuselages et de moteurs. A l’heure actuelle, la société fabrique l’hélicoptère Kawasaki MBB K117 et une partie du dernier transporteur de passagers, le Boeing 777.

Kawasaki continue de renforcer et d’étendre son expérience dans le développement de moteurs d’avions, dans la production de moteurs d’hélicoptères pour le ministère de la défense, et de participer au développement international et à la production conjointe de moteurs à double flux pour ces aéronefs de transports de passagers que sont les V2500, RB211/Trent, PW4000 et le CF34 ainsi que les moteurs auxiliaires de ces avions.

La participation de Kawasaki dans le développement spatial a débuté en travaillant avec la NASDA, devenue l’Agence d’Exploration Aerospatiale Japonaise (JAXA), sur le projet du complexe de lancement de la fusée N, un test d’installation acoustique et un satellite expérimental géodésique.

Les départements du génie civil et de la construction de machines de Kawasaki contribuent à la création de nouvelles villes avec ses ponts et immeubles de grande hauteur.

De plus, Kawasaki fait tout son possible pour s'acquitter de ses responsabilités envers la planète en étant respectueux de l'environnement. En faisant d’importants efforts pour développer des technologies protégeant la planète, de nouvelles sources d’énergie qui pourront aider à assurer un équilibre entre les ressources et les besoins énergétiques, et des technologies de recyclage et d’économie d’énergie.

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