Trottinette Électrique au Luxembourg : Législation et Sécurité

Dans un monde en constante évolution, où la mobilité urbaine devient de plus en plus importante, les modes de transport innovants gagnent en popularité à une vitesse fulgurante. Parmi eux, la trottinette électrique s'impose comme une solution pratique et écologique pour les déplacements quotidiens. Cependant, son utilisation est encadrée par des règles spécifiques, notamment en matière de sécurité et de législation.

Législation Applicable aux Trottinettes Électriques

Les trottinettes électriques, skateboards électriques, monoroues et hoverboards sont des Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM). En France, la nouvelle catégorie de véhicules créée dans le code de la route se nomme EDPM. L’objectif de la réglementation des EDPM est d’assurer la sécurité des utilisateurs et des autres usagers tout en régulant l’usage croissant de ces engins dans l’espace public.

Un EDPM est défini comme un engin électrique sans place assise, destiné à transporter une seule personne. Un EDPM permet de se déplacer à une vitesse allant de 6 km/h à 25 km/h et sa rapidité n’est pas sans risques. Assurer son EDPM est obligatoire puisqu’il est considéré comme un véhicule terrestre à moteur au même titre qu’un véhicule électrique.

Oui, les Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM) sont désormais pleinement intégrés au code de la route grâce au décret n° 2019-1082. Ce décret permet de catégoriser les EDPM comme une catégorie à part entière.

Âge Minimum Requis

Un enfant doit être âgé d’au moins 12 ans pour être autorisé à conduire une trottinette électrique ou son EDPM, et jusqu’à ses 18 ans, il est sous la responsabilité de ses responsables légaux.

Circulation

En agglomération, vous devez emprunter en priorité les pistes cyclables. En l’absence de piste cyclable, la chaussée est autorisée. Hors agglomération : La circulation est restreinte aux voies vertes et pistes cyclables, sauf autorisation spécifique.

Vitesse Maximale

La vitesse maximale atteignable par votre skateboard électrique doit être de 25km/h. Toutes nos trottinettes électriques sont bridées par construction à 25km/h. Nous n’avons légalement pas la possibilité de vous divulguer la marche à suivre pour débrider votre trottinette électrique, et ce, même si vous souhaitez l’utiliser sur terrain privé ou dans un pays où la législation l’autorise.

Équipements Obligatoires

Votre skateboard doit être équipé de lumières avant et arrière. Les éclairages passifs type catadioptres sont désormais obligatoires. Pour les skateboards électriques et au regard de la faible surface de ces engins, des autocollants réfléchissant peuvent faire l’affaire.

En cas de faible visibilité ou à la nuit tombée, vous devez porter à minima un équipement rétro-réfléchissant. Pour votre sécurité il est important que vous soyez vu, vous pouvez aussi porter un élément lumineux de type brassard non clignotant.

Vous devez disposer d’un « avertisseur sonore » qui doit pouvoir être entendu à 50m minimum. Nous vous recommandons d’utiliser une sonnette jogging que vous portez aux doigts.

Port du Casque

Le port du casque est seulement fortement recommandé en agglomération et obligatoire hors agglomération.

Assurance

Vous avez l’obligation de souscrire à une assurance responsabilité civile. Cette assurance couvre les dommages causés à autrui (blessure d’un piéton, dégâts matériels sur un autre véhicule, …). Nous vous recommandons de contacter votre assureur pour, par exemple, adapter votre contrat d’assurance habitation ou souscrire un contrat d’assurance spécifique.

Le Port du Casque : Utile et Recommandé

Dans le paysage urbain, les trottinettes électriques se multiplient, apportant avec elles un lot de questions relatives à la sécurité. Une des interrogations les plus courantes concerne le port du casque : est-il obligatoire pour tous les utilisateurs de trottinettes électriques ? La réponse s’inscrit dans une réglementation spécifique.

Depuis le 25 octobre 2019, la législation française encadre strictement l’usage des Engins de Déplacements Personnels Motorisés (EDPM), catégorie à laquelle appartiennent les trottinettes électriques. Cette réglementation, intégrée au code de la route, vise à sécuriser l’utilisation de ces nouveaux moyens de transport en milieu urbain mais aussi en dehors des zones d’agglomération.

Le texte de loi est clair : le port du casque est obligatoire pour les utilisateurs de trottinettes électriques circulant hors agglomération. Cette mesure vise à protéger les conducteurs en cas de chute ou de collision, les risques d’accidents étant statistiquement plus élevés sur les routes ouvertes.

Au sein des zones urbaines, la réglementation adopte une posture plus souple : le casque trottinette électrique, bien que fortement recommandé pour des raisons évidentes de sécurité, n’est pas obligatoirement requis. Cette distinction reflète une volonté d’adapter les mesures de sécurité au contexte de circulation, généralement plus lent et moins dangereux en ville qu’en rase campagne.

La mise à jour réglementaire du 1er septembre 2023 confirme la position précédente, sans apporter de changement quant à l’obligation du port du casque. Conformément à l’article R412-43-1 du code de la route, le casque demeure obligatoire uniquement en dehors des zones d’agglomération.

La décision de rendre le port du casque obligatoire uniquement hors agglomération repose sur une évaluation des risques. En ville, où les vitesses sont généralement plus modérées et les infrastructures mieux adaptées aux EDPM, le législateur a choisi de ne pas imposer cette contrainte. En revanche, sur les routes où la cohabitation avec des véhicules plus rapides et plus lourds augmente le danger, le casque devient un équipement de sécurité incontournable.

Bien que la loi n’impose pas le port du casque en milieu urbain, les arguments en faveur de son utilisation sont nombreux et convaincants. Vous pourriez vous demander : si ce n’est pas obligatoire, pourquoi s’embarrasser d’un casque ? La réponse réside dans la sécurité et la prévention des risques.

Le récent rapport de la sécurité routière sur l’accidentologie en 2019 révèle des chiffres alarmants : 80% des décès en EDPM concernent des personnes ne portant pas de casque. Cette tendance tragique ne se limite pas à une année isolée, mais se répète régulièrement.

Lorsque vous roulez à 25 km/h, une chute peut survenir à tout moment, que ce soit à cause d’un piéton distrait, d’un automobiliste imprudent, d’une infrastructure inadéquate, ou même d’une météo capricieuse. Ignorer le risque de blessure, en particulier les traumatismes crâniens, serait imprudent.

Face à ces risques, le casque apparaît comme un équipement de sécurité essentiel, même en l’absence d’obligation légale en ville. Il est vrai que des infrastructures cyclables de qualité pourraient réduire les accidents, mais une chute peut se produire même dans les conditions les plus sûres. Adopter le principe de précaution en portant un casque est donc une mesure de bon sens pour protéger votre bien le plus précieux : votre cerveau.

Les utilisateurs de trottinettes électriques, dépourvus de carrosserie protectrice, sont particulièrement vulnérables en cas d’accident. Contrairement aux véhicules motorisés, ils ne bénéficient pas d’une structure capable d’absorber une partie du choc lors d’une collision. Cela rend le port du casque d’autant plus crucial pour minimiser les risques de blessures graves.

En conclusion, bien que le casque ne soit pas toujours obligatoire, son port est vivement recommandé à tous les utilisateurs de trottinettes électriques. Protéger votre tête devrait être une priorité, peu importe la distance ou l’environnement dans lequel vous circulez. La sécurité doit primer sur la commodité, car en fin de compte, le risque zéro n’existe pas. Adopter cette mesure de prévention simple peut faire toute la différence en cas d’accident.

Une méta-analyse conduite par Alena Høye, publiée dans Accident Analysis & Prevention en août 2018, fournit des éclaircissements précieux sur ce sujet. L’étude d’Høye a examiné les effets des casques de vélo sur les blessures à la tête, incluant 179 estimations d’effets provenant de 55 études réalisées entre 1989 et 2017. Les résultats sont éloquents : l’utilisation de casques de vélo réduit de 48% les blessures à la tête, de 60% les blessures graves à la tête, de 53% les lésions cérébrales traumatiques, et de 23% les blessures au visage, tout en ne présentant aucun effet statistiquement significatif sur les blessures à la colonne cervicale. De plus, l’analyse a révélé une réduction de 34% du nombre total de cyclistes tués ou gravement blessés.

L’efficacité du casque repose sur sa capacité à absorber une partie de l’impact lors d’une collision ou d’une chute, réduisant ainsi la force transmise à la tête et au cerveau. En cas d’accident, la différence entre porter un casque et ne pas en porter peut être cruciale. Les utilisateurs de trottinettes électriques sans casque courent un risque bien plus élevé de subir des blessures graves, voire mortelles, comparativement à ceux qui en portent un.

Sachant que le risque zéro n’existe pas dans le domaine de la mobilité urbaine, ignorer l’avantage significatif offert par le port du casque semble contre-intuitif. Que l’on circule en ville ou hors agglomération, les conséquences d’une chute peuvent être dramatiquement atténuées grâce à cet équipement de protection simple mais efficace.

En définitive, le casque à trottinette n’est pas seulement utile ; il est indispensable à la sécurité de l’utilisateur. Les études montrent clairement l’impact positif d’une telle protection en cas d’accident. Encourager son port, que ce soit par le biais de campagnes de sensibilisation ou de réglementations adaptées, devrait être une priorité pour les pouvoirs publics, les fabricants et les utilisateurs eux-mêmes.

Autres équipements de sécurité

En plus du casque, d’autres équipements de sécurité sont essentiels pour les utilisateurs de trottinettes électriques, contribuant à une meilleure visibilité et à une signalisation efficace.

  • Le gilet de signalisation : Le port d’un gilet de signalisation est obligatoire en dehors des agglomérations et lorsque la luminosité est faible, conformément au Code de la route. Ce gilet, hautement réfléchissant, permet d’accroître la visibilité de l’utilisateur, réduisant ainsi le risque d’accidents dans des conditions de faible luminosité ou de nuit.
  • Accessoires réfléchissants : Le Code de la route exige également que les trottinettes soient équipées d’accessoires réfléchissants situés à l’avant, à l’arrière, et sur les côtés. Ces éléments réfléchissants jouent un rôle crucial en augmentant la visibilité de l’engin auprès des autres usagers de la route, notamment les automobilistes et les cyclistes.
  • Appareil avertisseur sonore : Toute trottinette doit être équipée d’un appareil avertisseur sonore, tel qu’une sonnette, capable d’être entendu à au moins 50 mètres. Cette exigence vise à permettre aux utilisateurs de trottinettes d’alerter les piétons et autres usagers de leur présence, contribuant à éviter les collisions. Il est important de noter que tout autre dispositif de signal sonore est interdit.

A trottinette, tout savoir avant de prendre la route.

Les règles en Europe

Plus la popularité des trottinettes électriques augmente, plus le risque d'accidents causés par des conducteurs irresponsables s'accroît. C'est pourquoi des règles concernant les trottinettes électriques sont introduites dans les différents pays, définissant les conditions dans lesquelles elles peuvent être utilisées.

La conduite est autorisée dans la plupart des pays, mais il existe des exceptions. En revanche, l'Albanie, les Pays-Bas, la Lituanie et la Hongrie n'ont pas de règles précises.

Il existe également des différences d'un pays à l'autre en ce qui concerne l'âge auquel les conducteurs peuvent utiliser les trottinettes électriques. La limite d'âge varie considérablement, de 10 à 18 ans. La conduite non accompagnée d'une trottinette électrique est autorisée dès l'âge de 10 ans en Estonie et en Pologne, mais le permis vélo est obligatoire jusqu'à 18 ans. Il en va de même pour les enfants de 10 ans en Autriche. Les conducteurs de 12 ans sont autorisés à rouler en France et en Croatie. Au Danemark et en Slovaquie, on peut conduire à partir de 15 ans. Dans le cas de la Slovaquie, toutefois, cette limite ne s'applique que si les trottinettes circulent sur les routes. Pour les autres voies, il n'y a pas de limite.

Les lois dans les différents pays européens diffèrent sur la question de l'équipement obligatoire. Alors qu'au Portugal, aucun équipement obligatoire n'a été ratifié, en Allemagne, vous devez rouler avec des documents et une plaque d'immatriculation. En Estonie le casque est obligatoire, mais seulement jusqu'à 16 ans. Au Luxembourg, vous devez disposer d'un éclairage non spécifié à l'avant et à l'arrière. En Bulgarie, en Roumanie et en Espagne, les règles en matière d'équipement obligatoire sont encore plus strictes : la trottinette doit être équipée d'un feu de freinage, outre les éléments susmentionnés. Dans des villes comme Barcelone, Alicante et Benidorm, vous devez également souscrire une assurance pour la trottinette. En Allemagne, votre trottinette doit être équipée de freins, de feux avant et arrière et de réflecteurs sur les côtés, mais vous devez également avoir sur vous des documents tels que le certificat de la trottinette et le mode d'emploi.

Le Parlement européen a adopté une nouvelle directive qui ordonne aux États membres de l'Union européenne de mettre en place une législation sur l'assurance obligatoire pour les trottinettes électriques à partir du 1er janvier 2024.

Un problème pressant dans de nombreuses grandes villes européennes est que les conducteurs de trottinettes roulent sur les trottoirs et dans les zones piétonnes en groupes importants ou à des vitesses dangereuses. Le stationnement des trottinettes électriques sur le trottoir est interdit en Suède et en Italie. Dans d'autres pays, cette question n'est pas inscrite dans la législation.

Une question qui intéresse de nombreux conducteurs qui prévoient de s'arrêter pour boire une bière ou un verre de vin lors d'une balade le week-end ou en rentrant du travail. Dans d'autres pays, la conduite des trottinettes en état d'ivresse n'est pas directement réglementée par la loi ou est encore en cours d'adoption.

Que la loi vous oblige à rouler sobre, avec un casque ou à une certaine vitesse maximale, Max Blinker recommande une chose : la sécurité doit toujours primer.

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