Montres Connectées et Santé : Avantages et Inconvénients

Les montres connectées ont évolué bien au-delà de simples podomètres. Elles permettent désormais de mesurer une multitude de données de santé, allant de la fréquence cardiaque à l'électrocardiogramme (ECG). Mais comment ces technologies influencent-elles réellement notre bien-être ? Cet article explore les avantages et les inconvénients de l'utilisation des montres connectées pour le suivi de la santé.

Les Données Clés Mesurées par les Montres Connectées

Fréquence Cardiaque

La fréquence cardiaque est la principale donnée mesurée par les montres et bracelets connectés. La plupart du temps, cette mesure est faite avec un outil assez simple, le cardiofréquencemètre. Concrètement, le cardiofréquencemètre a deux objectifs : envoyer une lumière verte pulsée, et mesurer la quantité de lumière réfléchie. C’est cela la photopléthysmographie.

Plus la lumière verte est réfléchie, plus cela signifie que votre flux sanguin est important, et donc que votre cœur bat à un rythme élevé. Si les battements de votre cœur sont espacés, alors vous aurez un débit sanguin plus faible et la lumière verte serait davantage absorbée par la peau. Comme pour la mesure du pouls, le cardiofréquencemètre va vous donner une mesure de votre fréquence cardiaque en nombre de battements par minute.

On estime généralement que la fréquence cardiaque au repos d’une personne en bonne santé se situe entre 50 et 80 battements par minute. Néanmoins, en activité, le rythme va nécessairement augmenter. En effet, les constructeurs proposent parfois un suivi en continu de votre fréquence cardiaque, ou même un tracé encore plus précis tout au long de votre séance d’entraînement. De quoi confronter ces données à d’autres éléments comme le dénivelé ou le rythme de marche.

Souvent, l’objectif d’un entraînement cardio comme la course ou le vélo consiste justement à varier la zone cardiaque, entre l’intensité légère, l’intensité modérée ou l’intensité forte, par exemple dans un entraînement fractionné. Notez que l’objectif d’un entraînement sportif n’est pas de modifier votre fréquence cardiaque maximale - qui reste fixe - mais à faire réduire votre fréquence cardiaque au repos.

Variabilité de la Fréquence Cardiaque (VFC)

Cette variabilité, mesurée en milliseconde (ms) correspond à la variation de l’écart moyen entre deux battements cardiaques. Concrètement, c’est donc la différence que va pouvoir percevoir la montre entre vos différents battements dans la journée. Ainsi, si votre fréquence cardiaque est de 60 battements par minute (bpm), cela signifie que votre cœur bat, en moyenne, toutes les secondes.

Néanmoins, cela ne reflète pas globalement la santé de votre cœur. La VFC va mesurer la différence entre ces différents battements. Par exemple, sur cette même minute à 60 bpm, vous pourriez avoir un délai de 1109 ms entre deux battements, et de 985 ms entre deux autres battements.

La mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque se retrouve essentiellement sur des montres de sport, comme les modèles de Garmin, de Polar, ou de Coros. Attention cependant, à elle seule, la variabilité de la fréquence cardiaque n’a que très peu d’intérêt. Chez Garmin par exemple, la variabilité de la fréquence cardiaque n’est donnée qu’après trois semaines d’utilisation, le temps pour la montre d’analyser votre rythme et la tendance « normale » de cette valeur.

Par ailleurs, le constructeur américain donne une « ligne de base » comprise entre deux valeurs de référence et les valeurs données pour chaque jour sont en fait une moyenne des sept jours précédents. Une variabilité de la fréquence cardiaque déséquilibrée - donc en dehors de la ligne de base - peut être le signe de maladie. En elle-même, la variabilité de la fréquence cardiaque n’a donc que peu d’intérêt pour l’utilisateur.

VO2max

De plus en plus, on voit apparaître parmi les différentes données mesurées par les montres et bracelets connectés un certain « VO2max ». Il faut dire que qualifier le VO2max de mesure est un abus de langage, puisque les montres et bracelets connectés ne viennent pas réellement le mesurer, mais se contentent de le calculer. Pour le comprendre, il suffit d’expliquer que le VO2max correspond au volume de dioxygène maximal qui peut être absorbé par vos muscles.

Dans les faits, beaucoup de constructeurs se contentent cependant de proposer une approche plus graphique, avec un cadran présentant le niveau de VO2max et un curseur pointant vers le niveau - faible, moyen, élevé, etc. Pour mesurer précisément le VO2max, les instituts sportifs utilisent des systèmes de tapis roulant avec un masque mesurant le débit d’oxygène inhalé par le coureur à son rythme le plus élevé.

Autant dire que ce type de mesure n’est pas pris en charge par les montres et bracelets sportifs. Ils se contentent de leur côté de combiner les différentes données enregistrées, comme le rythme cardiaque, l’âge, le poids, le sexe ou l’allure pour en tirer un VO2max calculé, qui sera donc moins précis qu’en laboratoire.

Pour ce faire, deux méthodes existent, exigeant de courir le plus rapidement possible pendant 12 minutes. Compte tenu de son objectif même - mesurer la consommation maximale d’oxygène - le VO2max ne peut pas être calculé à n’importe quel moment. Concrètement, le VO2max va vous permettre de connaître vos performances en termes d’endurance. Plus le VO2max va être élevé, plus vous serez capable d’assimiler de l’oxygène et moins vite vous vous fatiguerez.

SpO2

Si le nom de la SpO2 peut sembler proche de celui du VO2max, il s’agit d’une donnée bien distincte. Alors que le VO2max n’est qu’estimé par les appareils, la SpO2 est quant à lui bel et bien mesurée. Encore une fois, la SpO2 est disponible sur les Apple Watch, mais on trouve également cette mesure sur la plupart des montres du marché avec cardiofréquencemètre.

Pour faire cette mesure, ces montres reprennent un principe proche de celui d’un oxymètre médical, un petit capuchon dans lequel vous allez placer votre doigt et qui, grâce à de la lumière pulsée, va pouvoir mesurer la lumière réfléchie et la lumière absorbée en fonction du taux d’oxygène dans le sang. Sur les montres et bracelets connectés, c’est donc le même système qui est cette fois déporté sur le poignet.

Notons qu’on a donc ici un système assez similaire à celui de la fréquence cardiaque. Le rôle même du sang étant de transporter l’oxygène partout dans le corps, on considère qu’une saturation normale est de 95 à 100 %. En dessous de 95 %, on peut commencer à s’inquiéter d’un manque d’oxygénation. Concrètement, la mesure de la SpO2 peut être intéressante pour des sportifs en altitude, ou pour des personnes avec des difficultés respiratoires.

Tension Artérielle

Certaines montres proposent des mesures de pression artérielle - ou de tension artérielle. Par exemple, si Samsung indique proposer une fonction de mesure de la pression artérielle sur ses Galaxy Watch 4 et Galaxy Watch 5, cette fonction n’est proposée que si vous disposez d’un smartphone Samsung, puisqu’elle nécessitera l’installation sur votre smartphone de l’application Samsung Health Monitor, disponible uniquement sur le Galaxy Store.

Par ailleurs, la pression artérielle ne saurait être prise uniquement à l’aide de la montre connectée. Il vous faudra en effet calibrer la montre à l’aide d’un tensiomètre classique, à brassard gonflable. En face, Huawei a développé une montre permettant une mesure autonomie de la tension artérielle avec sa Huawei Watch D.

La tension artérielle est une donnée médicale et fait partie des éléments régulièrement surveillés par les médecins. Elle est mesurée grâce à deux valeurs avec la pression maximale (systolique) et minimale (diastolique), exprimées en mm de mercure - pour exprimer la pression. Le risque le plus élevé à mesurer avec une montre permettant la mesure de la pression sanguine est celui de l’hypertension artérielle, avec des valeurs au-delà de 140/90. On considère généralement qu’une pression artérielle normale est inférieure à 120/80.

Électrocardiogramme (ECG)

L’une des dernières nouveautés introduites ces dernières années sur quelques montres connectées est l’électrocardiogramme (ECG). On va retrouver cette mesure sur une poignée d’appareils seulement. Il faut dire que contrairement au cardiofréquencemètre, l’électrocardiogramme est un dispositif médical. Pour pouvoir le proposer à leurs utilisateurs, les constructeurs doivent donc faire certifier leurs montres connectées auprès des autorités sanitaires, que ce soit la FDA aux États-Unis ou la Commission européenne pour la France.

C’est le cas d’Apple depuis l’Apple Watch Series 4, mais également de Withings avec la ScanWatch ou de Samsung avec la Galaxy Watch 5. Concrètement, pour proposer un électrocardiogramme, les montres connectées vont envoyer un faible signal électrique dans le corps de l’utilisateur qui passera du poignet où est accrochée la montre au bras opposé.

Vous pourrez alors découvrir la courbe du signal électrique de votre cœur, correspondant à son activité. Le principal intérêt de l’électrocardiogramme, particulièrement dans un usage grand public, est de détecter d’éventuelles fibrillations auriculaires. Contrairement aux autres données qui répondent surtout à un usage sportif, l’électrocardiogramme est donc un véritable dispositif de santé.

Il vous permettra donc de prévenir votre médecin en cas de problème cardiaque afin que vous puissiez consulter et vous voir proposer un traitement médical. Néanmoins, puisque l’ECG nécessite de poser la main sur sa montre, la fonction ne peut pas être activée en permanence, ou aléatoirement.

Tableau Récapitulatif des Données de Santé Mesurées

Donnée Mesure/Calcul Utilité
Fréquence Cardiaque Mesure Suivi de l'intensité de l'exercice, identification des anomalies
VFC Mesure Indicateur de stress et de récupération
VO2max Calcul Estimation de l'endurance cardiovasculaire
SpO2 Mesure Surveillance du taux d'oxygène dans le sang
Tension Artérielle Mesure Surveillance de l'hypertension
ECG Mesure Détection des fibrillations auriculaires

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