Les pistes DFCI (Défense des Forêts Contre l'Incendie) représentent un formidable terrain de jeu pour les cyclistes, en particulier les adeptes du gravel. Elles permettent d'explorer les forêts, les collines et les montagnes du territoire méditerranéen, des Pyrénées aux Alpes, en passant par les Cévennes et la Provence.
Cet article vous propose un guide pratique pour comprendre et utiliser ces pistes dans les meilleures conditions.

Exemple de piste DFCI.
Qu'est-ce qu'une piste DFCI ?
Dans les régions du sud de la France, le risque d'incendie est un enjeu majeur. La moindre étincelle, combinée à des vents violents, peut ravager des centaines d'hectares de forêt. Pour prévenir ces catastrophes écologiques, touristiques et économiques, les voies de Défense des Forêts contre l’Incendie (DFCI) ont été créées.
Ces pistes ont pour fonction de faciliter la circulation des véhicules et du personnel chargés de la prévention et de la lutte contre les incendies de forêt à l’intérieur des massifs de la zone méditerranéenne.
Pour permettre une pénétration facile des massifs, il est nécessaire d’assurer la pérennité et la continuité du réseau de pistes et de réaliser des coupures de combustibles pour permettre la lutte dans des conditions de sécurité acceptable.
En complément des pistes, des zones de croisement, des aires de retournement (souvent goudronnées), des citernes (enterrées ou non) et d’autres équipements sont mis en place et entretenus par l’État et les collectivités territoriales.

Panneau d'information sur les risques d'incendie.
Création d'une piste DFCI
Qui sont les acteurs de la DFCI ?
De nombreux acteurs sont impliqués dans la politique de prévention DFCI. L’État français a mis en œuvre cette politique, avec notamment l’équipement, l’aménagement et l’entretien de l’espace forestier. N’importe quelle collectivité territoriale (commune, communauté de commune, département…) peut s’emparer de ces missions sous réserve de co-financer pour partie.
Le Code Forestier donne aux pouvoirs publics la possibilité d’établir une servitude de passage et d’aménagement, imposée par arrêté préfectoral, qui permet d’assurer la continuité du réseau DFCI. Les propriétaires gardent bien sûr la propriété de leurs biens, mais ils doivent laisser le passage des véhicules et engins de prévention et lutte contre les incendies de forêts et permettre les aménagements qui leur sont nécessaires.
Circulation sur les pistes DFCI : ce qu'il faut savoir
Les voies DFCI sont considérées comme des voies spécialisées “non ouvertes à la circulation générale” (article L134-3 du Code forestier). Cela signifie qu'elles sont interdites à tous les véhicules à moteur, à l’exception des services bénéficiaires et des propriétaires forestiers.
Certaines d’entre elles sont même interdites à TOUT véhicule (dont vélos), comme l’indique le panneau “B0”. Cette interdiction de circuler sur les pistes DFCI est matérialisée par des barrières à chaque issue des voies (dont les clés sont détenues par les bénéficiaires de la servitude) ou encore par des panneaux de signalisation explicites et visibles.
Lors de la 12e Journée technique du réseau national sports de nature, la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux précise que “la circulation des piétons, cyclistes, chevaux ne constitue pas une circulation générale”. On peut donc tout à fait emprunter les DFCI à vélo… sauf lorsque des interdictions ponctuelles entrent en vigueur.
Ces interdictions peuvent être liées à des chantiers de débroussaillages, de coupes, d’entretiens forestiers divers, signalés par des panneaux. Lors de battues au gros gibier, les chasseurs sont tenus d’installer des panneaux provisoires à chaque extrémité de la ligne de battue.
Les fermetures temporaires de l’accès au massif par arrêté municipal ou préfectoral sont fréquentes, surtout l’été en cas de risque d’incendie. Un numéro d’appel permet, dans chaque département, de connaître pour le lendemain les conditions d’accès pour chacun des secteurs. Souvent codifiées par couleurs (vert, jaune, orange, rouge, noir), ces conditions d’accès sont également notifiées chaque matin sur des panneaux au début des pistes DFCI et des chemins de randonnée.
Enfin, il existe aussi des fermetures temporaires dues à des motifs exceptionnels, comme la période de confinement qui a suivi la mise en place de l’état d’urgence sanitaire dans le cadre de la pandémie de COVID-19.
| Couleur | Niveau de danger | Conséquences |
|---|---|---|
| Vert | Faible | Accès autorisé |
| Jaune | Modéré | Accès autorisé, vigilance accrue |
| Orange | Élevé | Accès potentiellement restreint |
| Rouge | Très élevé | Accès interdit |
| Noir | Extrême | Accès totalement interdit |
Surveillance des pistes DFCI
La gestion DFCI étant partagée entre de nombreux acteurs, il y a également beaucoup d’agents différents qui peuvent être chargés de faire respecter les conditions d’accès aux pistes et aux massifs. On pourra ainsi croiser des bénévoles des Comités Communaux Feux de Forêt (CCFF), des agents de police municipale, des pompiers, des gardes de l’Office National des Forêts, des gendarmes et surtout des forestiers-sapeurs.
Les forestiers-sapeurs sont environs 700 en France et participent ponctuellement au dispositif de lutte contre les incendies de forêt. Ils sont d’une manière générale toujours partie prenante du volet prévention : création et entretien des accès stratégiques et des points d’eau, coupures de combustible, débrousaillages, brûlages dirigés…
Le dispositif de surveillance des massifs, renforcé en période estivale, est complété par des vigies et tours de guets situées sur les points hauts et par des survols aériens.

Véhicule de forestiers-sapeurs.
Caractéristiques des pistes DFCI
Les pistes DFCI sont "harmonisées" selon un cahier des charges précis, qui est le même quelle que soit la région. Cela garanti un "type" de pistes reconnaissable entre tous.
Afin de permettre une circulation rapide et sûre des véhicules d’intervention, elles ont une bande de roulement de 3 à 6 mètres, un gabarit de dégagement de 2 m de largeur hors de la piste et de 4 m de hauteur. Elles sont équipées d’aires de croisement et d’aires de retournement à intervalle régulier. La pente maximum ne doit pas dépasser 15% et le dévers ne doit pas excéder 5%.
Les courbes ont un diamètre de braquage de minimum 28 mètres. Elles possèdent toutes une bande débroussaillée et elles doivent déboucher sur un axe de circulation.
Bien sûr, il s’agit là d’un cahier des charges idéal, qui peut être localement contredit par un terrain qui interdit d’y répondre. Mais cela donne quand même une “couleur” caractéristique aux pistes DFCI.
Ces pistes sont de véritables ouvrages d’art et doivent être entretenues “régulièrement”. Il s’agit de débroussaillages, de terrassement et du concassage des plus grosses pierres.
Dans un même massif, on va rouler par endroit sur des pistes très propres, puisque “rafraîchies” quelques mois auparavant, ou d’autres pistes très cassantes, puisque en passe d’être revues… Seule une bonne connaissance du massif et des repérages réguliers permettent de connaître la roulabilité d’une piste.
Pendant ou juste après des coupes de bois et autres travaux forestiers importants, les pistes sont très dégradées à cause des ornières laissées par les engins à chenilles et les restes de bois mort. Mais, quelques semaines après, ces mêmes pistes sont souvent “refaites à neuf”.
Après de fortes pluies, certaines pistes sont bien drainées et seront agréables à rouler, d’autres, sur des terrains plus argileux ou situées dans des cuvettes, ne seront que flaques et boue ou auront été ravinées par ruissellement.