L'épopée de la firme japonaise Kawasaki commence en 1878 sous l’impulsion d’un pionnier de génie, Shozo Kawasaki, bâtisseur d’un empire industriel dans de nombreux domaines, construction navale, transports ferroviaires, travaux publics, aviation, automobile, puis aérospatiale et hautes technologies. Le nom de Kawasaki est célèbre depuis les années 1970 pour ses motos d’exception et les victoires de ses machines de course. Pour la première fois, un livre retrace toute l'histoire de chaque modèle de Kawasaki, après avoir retracé la naissance de ce géant industriel japonais au XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Les Années 1990 : L'Ère Bourgeois et Fogarty
« J’ai commencé ma carrière de pilote en 1984, à Brands Hatch. Etant originaire du Sud de Londres, c’était mon circuit local et tout a vraiment décollé à partir de là. J’ai vite débarqué en Superbike, en obtenant ma première victoire sur la scène mondiale en 1989, puis en remportant l’équivalent du Championnat Superbike Britannique, en 1990. Je suis arrivé en Endurance presque par hasard, mais cela fait partie de mes souvenirs préférés. En 1992, je voulais quitter le championnat britannique mais je n’avais aucune alternative jusqu’à ce que le patron du Team français Kawasaki Endurance, Christian Bourgeois, me propose de rejoindre son Team pour faire équipe avec Carl Fogarty, un pilote avec qui j’avais croisé le fer à de nombreuses reprises.
Notre plus grande force cette année-là, c’était notre moto. Le prototype ZXR750 que nous développions était incroyable, le moteur était tellement puissant. Toutes les autres écuries avaient des moteurs spécifiques pour les qualifications ou pour la course, mais nous, nous utilisions le même moteur pour les deux épreuves, ce qui nous donnait un réel avantage. Je pense que mon plus grand souvenir, c’est lorsque nous sommes allés faire des tests au Japon, pour les 8H de Suzuka. Quand je suis arrivé, j’ai vu deux motos, des caisses entières de pièces détachées et une dizaine de mécaniciens des usines Kawasaki, en uniformes et casquettes gris, travaillant sans relâche pour améliorer la moto. J’ai également participé plusieurs fois aux 200km de Suzuka, une course considérée comme un entraînement pour celle des 8H.
Certains pensent que l’Endurance est une compétition plus facile, car le rythme y est moins rapide, mais quand vous partez faire une semaine entière d’essais au Mans, ce qui signifie énormément de kilomètres, les organismes sont forcément mis à rude épreuve. Nous avions même calculé que cela représentait plus de tours de circuit qu’une saison entière de Superbike, en comptant les essais et les qualifications ! L’Endurance, c’est quelque chose que j’aimerai toujours.

Kawasaki ZXR750, modèle emblématique des années 1990
L'Ère Moderne : Le Team SRC et ses Champions
Quatre pilotes très expérimentés font partie du team Kawasaki SRC, vainqueur des 2 dernières éditions des 24H du Mans. Quatre pilotes très expérimentés font partie du team Kawasaki SRC, la même qui a remporté les deux dernières éditions des 24H du Mans. Il y a Julien Da Costa, Grégory Leblanc, Olivier Four et le nouveau-venu, Freddy Foray. Une question se pose : lequel de ces pilotes restera sur la touche au moment du départ ?
Motomag.com : Christian, cela semble incroyable qu’un de vos quatre pilotes risque de ne pas être au départ de ces 24H. Christian Bourgeois : Non, je suis désolé, au vu des essais chronométrés nous avons deux bons pilotes et deux moyens. On a d’un coté Da Costa (qui bat le record de la piste) et Leblanc. Tous deux exploitent les possibilités de la moto et sont rapides. Christian Bourgeois : L’équipe SRC, que nous soutenons, est ici pour gagner et non pas pour faire de la figuration. Il est normal que le team-manager Gilles Stafler soit exigeant avec ses pilotes professionnels. Christian Bourgeois : Encore une fois, on est ici pour gagner et il faut mettre toutes les chances de son coté.
Chez Kawasaki, la signature de Matthieu Ginès était à peine officialisée au SRC (2e du Bol d’Or) pour la saison de Superbike et d’Endurance que l’on apprenait le départ du pilote emblématique des Verts, Grégory Leblanc. « Je suis en effet au regret de vous annoncer que ma collaboration avec le team SRC s’arrête. Nous avons pu joindre Grégory par téléphone, qui nous a fait part de l’impossibilité d’accepter la proposition qu’il avait reçue, et qui se limitait à la simple épreuve des 24 Heures Moto « Pour un salaire diminué de 75 %…« . Malgré son énorme palmarès en Endurance, « le deuxième derrière Vincent Philippe« , la situation est compliquée pour Grégory, car cela intervient assez tard. « Toutes les places sont prises, ou presque. De plus, les points que j’ai marqués au Bol d’or posent problème, car si je rejoins une équipe, j’en aurai plus que mes coéquipiers (à part au SERT, bien sûr, mais l’équipage Suzuki est au complet NDLR)« . Allusion claire au cas de Lucas Mahias l’an passé, qui en passant de R2CL au GMT, s’est retrouvé seul en tête du nouveau « classement pilotes » à l’issue du championnat du monde en 2016.
Victoire de Matthieu LAGRIVE et du Team Kawasaki SRC au Bol d'Or 2015
Bol d'Or 2014 : Un Triomphe Mémorable
L’histoire de ce dernier Bol d’Or disputé sur le circuit de Nevers-Magny-Cours restera dans les annales du sport motocycliste. Le héros incontestable de cette 14ème édition nivernaise, c’est l’équipe Kawasaki de Gilles Stafler. Du coup, Nicolas Salchaud, pilote de réserve devient titulaire. Ce jeune pilote champion Promosport 1000 avec sa Ninja ZX-10R il y a seulement deux ans devient pilote officiel Kawasaki en championnat du Monde d’Endurance. Une histoire de rêve !!! Ensuite, pour que rien ne soit trop facile, c’est Mathieu Lagrive qui chute lourdement en essais et se blesse.
Du coup, il rate sa première séance d’essais chronométrés. Grégory Leblanc réalise le meilleur temps en 1’39’’608 et est le seul pilote à descendre sous la minute 40. Nicolas Salchaud, qui est loin d’avoir l’expérience de Grégory sur cette moto, est à 2 secondes et demi. Revenu de l’hôpital, Mathieu Lagrive est jugé apte à rouler dans sa deuxième séance où il signe le meilleur temps. Mais contrairement à la veille, la piste est mouillée pénalisant considérablement son chrono. Au cumul, la Kawasaki n°11 est seulement 16ème. Mais qu’est-ce qu’une place de grille quand derrière il y a 24 heures de course ?!
Mais, outre le fait que Mathieu Lagrive, blessé, ne fera que deux relais sur les 8 prévus, un mauvais choix de pneumatiques ralenti la Ninja ZX-10R en début d’épreuve. Elle est pointée 20ème à l’issu de la première heure et même 22ème une heure plus tard à déjà 5 tours du leader. Elle rentre dans le top 15 dans la 3ème heure mais reste avec 5 tours de retard. Après 5 heures de course, la Kawasaki rentre dans le top 10. Lentement elle progresse dans le classement en maintenant l’écart sur le leader qui chute par deux fois et abandonne peu après la mi-course. Cela permet à la n°11 d’occuper la 3ème place et de réduire à 4 tours sont retard sur la tête. Nicolas Salchaud vit un conte de fée et assure magnifiquement sa place.
Peu à peu, ses temps se sont rapprochés des meilleurs et, alors que déjà, avec Grégory Leblanc, ils pallient aux relais de Lagrive blessé, il en double un sans soucis au petit matin et ne commet aucune erreur. C’est la fiabilité, humaine pour l’un et mécanique pour l’autre, qui va offrir la première place à la Kawasaki SRC n°11 à 3 grosses heures de l’arrivée.

L'équipe Kawasaki SRC célébrant sa victoire au Bol d'Or 2014
L'Avenir de Kawasaki en Endurance
Avant d’évoquer le retour de l’endurance sur le (nouveau) circuit de Spa-Francorchamps, en juin 2022, et de célébrer le centenaire du Bol d’Or au Castellet, la saison qui débutera au Mans au mois d’avril s’annonce déjà passionnante. Il faut dire que le mois de décembre, d’abord placé sous le signe des festivités avec la remise des prix de la FIM 2021, a été fertile en annonces du côté de l’endurance. Y compris du côté sarthois où OG Motorsport by Sarazin revient en force avec un nouvel équipage.