La Ducati Streetfighter V2 est une sportive dénudée, transformée en roadster grâce à l'ajout d'un large guidon. Cette recette, déjà éprouvée sur la Streetfighter V4, est aujourd'hui déclinée pour le plus grand plaisir des amateurs de sensations fortes, mais avec un tempérament plus accessible.
En effet, la Streetfighter V4, avec son tarif élevé et sa puissance démesurée, peut être intimidante. La Streetfighter V2, en revanche, offre une expérience plus abordable, tout en conservant l'ADN Ducati. Avec 153 chevaux et un couple de 101,4 Nm, elle promet des performances excitantes sans pour autant être excessive.
Son prix, bien qu'encore élitiste, est plus accessible, affiché à 16 990 €. Découvrons ensemble les détails de cette machine séduisante.
Design et Esthétique
Côté design, la Streetfighter V2 ne dépayse pas. On retrouve le fameux tête de fourche charismatique au regard LED, une tête de Joker imaginée par le designer français Jeremy Faraud. La compacité est également de mise sur cette « midsize », grâce à un moteur moins encombrant que le Desmosedici Stradale de la Streetfighter V4.
Malheureusement, les appuis aérodynamiques de série disparaissent, mais ces éléments en carbone sont disponibles au catalogue accessoires. La poupe, façonnée autour d’une boucle arrière en alu, inspire tout autant la bestialité, à l’instar de sa mécanique mise en valeur par des lignes épurées.
Sur la selle allongée, élargie et qui dispose d’un meilleur moelleux par rapport à celle de la Panigale V2, on devrait ressentir plus de confort.
Sans surprise, ce V2 reprend fidèlement les traits du V4. La même tronche, un corps tendu de nervosité, un fessier de sportive et l’incontournable monobras de la lignée. Pas de winglets pour ce modèle. Il n’en a pas besoin vu sa puissance moindre, et cela épure nettement ses flancs. Ils sont disponibles en option. C’est moins chargé, moins machine de guerre, plus homogène.

Design agressif et compact de la Ducati Streetfighter V2.
Ducati Streetfighter v2 (2022) - Essai
Moteur et Performances
La mécanique est identique à celle de la Panigale V2, toutefois le rapport de transmission finale est plus court, dans la mesure où la couronne compte deux dents en moins (43 au lieu de 45). Avec un bicylindre en L, des bielles qui martèlent, une distribution desmodromique en voie de disparition et des pistons larges comme des casseroles, le groupe propulseur a encore des histoires à raconter.
Des watts, il en a plein. Presque la même dose que sur la sportive. Seulement 2 de moins en fait, pour lâcher dans la rue 153 chevaux à 10750 tr/mn. C’est quand même costaud, surtout pour la moins puissante de la bande. Le couple est lui aussi de belle consistance, avec plus de 10 mkg.
Choisir le moins violent des SF représente déjà rentrer dans la cour des grands. Une petite remise en perspective permettra un autre aperçu. Comme la façon de mesurer la puissance a changé chez Ducati en 2018, le bloc de 955 cm3 délivre plus de puissance que le 1098 d’une autre décennie.
Bref, le petit Streetfighter est plus puissant que l’ancien gros; mais avec 1,2 mkg de couple en moins. Il compensera avec une démultiplication plus courte que sur la Panigale.
Châssis et Partie-Cycle
Les motos dont sont issues les SF V2 et V4 ne sont pas de la même génération. Leurs bases techniques divergent franchement. La benjamine bénéficie d’un cadre monocoque en alu prenant appui sur le moteur (y a pas vraiment de cadre; c’est plutôt une grosse boite super rigide). Son bras oscillant mesure 16 mm de plus que celui de la Panigale, afin de gagner en stabilité.
La fourche est un élément inversée Showa de 43 mm, réglable dans tous les sens, tandis que l’amortisseur est signé Sachs. Avoir le châssis de la Panigale signifie profiter de la si particulière cinématique latérale de l’amorto. Juste sous le mollet, avec un accès immédiat pour le régler - ajustable de partout lui aussi.
Cela comprend les pneus Pirelli Rosso IV, plus routier-sport, et des plaquettes de frein moins agressives dans les étriers Brembo M4.32. Sinon, tout le reste du freinage est celui de la sportive. Quatre pistons pour chaque étrier radial monobloc afin de mordre des disques de 320 mm. L’arrière se contentera d’une piste de 245 mm, avec 2 pistons pour l’action.

Le châssis de la Streetfighter V2 est dérivé de la Panigale V2, offrant agilité et précision.
Électronique et Assistances
La Streetfighter est soumise à trois Modes de conduite (Sport - Route - Pluie) chapeautant un contrôle de traction, un ABS Cornering et un contrôle de wheeling; tous supervisés par une centrale inertielle à 6 axes. Les assistances comptent aussi le shifter Up&Down et le contrôle du frein moteur.
Ce 955Streetfighter, c’est une Panigale V2 avec un guidon et moins de carénage. Un peu de confort en plus mais rien n’a été lâché sur les solutions techniques pour garder un max d’efficacité.
Fiche Technique Détaillée
Voici un aperçu des principales caractéristiques techniques de la Ducati Streetfighter V2 :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Moteur | V2 Superquadro à 90°, distribution desmodromique, 4 soupapes par cylindre, refroidissement liquide |
| Cylindrée | 955 cm³ |
| Puissance | 153 cv (112,5 kW) à 10 750 tr/min |
| Couple | 101,4 Nm à 9 000 tr/min |
| Cadre | Monocoque en aluminium |
| Suspension avant | Fourche Showa BPF Ø 43 mm entièrement réglable |
| Suspension arrière | Amortisseur Sachs totalement réglable. Monobras oscillant en aluminium |
| Pneu avant | Pirelli Diablo Rosso IV 120/70 ZR17M |
| Pneu arrière | Pirelli Diablo Rosso IV 180/60 ZR17M |
| Frein avant | 2 disques semi-flottants de 320 mm, étriers radiaux monobloc Brembo M4.32 à 4 pistons, ABS de virage Bosch EVO |
| Frein arrière | Disque Ø 245 mm, étrier à 2 pistons avec ABS de virage Bosch Evo |
| Poids à sec | 178 kg |
| Poids en ordre de marche | 200 kg |
| Hauteur de selle | 845 mm |
| Réservoir | 17 l |
Évolution de la Gamme Streetfighter V2 en 2025
Ducati réorganise la gamme de ses Streetfighter en revenant, comme à l’ancien temps des 848 / 1098. En effet, exit la gamme uniquement composée de moteurs qui déboîtent sévère que ce soit en V2 avec un peu plus de 150 ch ou en V4 avec un peu plus de 200 ch.
La nouvelle Streetfighter V2 perd des cm3, des chevaux (33!!) mais voit aussi son prix diminuer. Pourrait-on dire fondre? Peut-être en passant de 18 690 euros en 2024 à 15 490 euros en 2025. 3 000 balles de moins, ça en fait des économies pour brûler plus de gomme !
Au premier coup d’œil surtout dans sa teinte rouge, on identifie immédiatement la machine et sa parenté Streetfighter ne fait aucun doute. Dans le détail, on s’aperçoit de deux ou trois changements radicaux. Ces changements sont la disparition du monobras oscillant, un élement toujours aussi technique qu’esthétique.
Cette modification entraîne également la réapparition d’un échappement «classique» avec deux sorties (comme les dernières Supersport), une de chaque côté de la coque. L’échappement sous le moteur de l’ancien modèle libérait la vue sur la roue, aujourd’hui on peut s’en passer et techniquement, c’est aussi moins de chaleur sur l’arrière du moteur. Les ingénieurs se sont simplifiés la vie.
Puisqu’on évoque ces échappements, on aperçoit quelques grosses soudures dont les finitions laissent un peu à désirer sur une si belle italienne au niveau du catalyseur intermédiaire et de la sonde lambda en sortie de moteur.
La carrosserie sublime l’ADN du modèle ! On apprécie particulièrement le jeu des couleurs avec de subtiles touches de gris sur les écopes ou le sabot pour donner de l’élégance. La vue de profil est assez spectaculaire avec un regard qui glisse naturellement de l’optique à la coque de selle - rien ne vient gâcher la sculpture. Surtout pas d’inutiles ailerons!
On se félicite de retrouver une moto sans appendices plus ou moins justifiés pour un usage quotidien d’une moto à la puissance raisonnable. La principale modification esthétique entre la V2 et la V2 S tient pour cette dernière qu’elle est livrée en configuration monoplace et qu’il faudra passer par l’option d’un kit passager pour pouvoir transporter (chahuter?) un sac de sable. Le modèle standard accepte en série de torturer un passager.
Le tableau de bord est un nouvel écran TFT de 5’. Ducati a également cherché à simplifier la lecture de l’écran. Après une tendance des constructeurs à vouloir utiliser ces écrans pour afficher un maximum de données, cette fois, on va vers la simplification.
Par exemple, le compte-tours fait également office d'indicateur de changement de vitesse, s'allumant en vert au régime idéal pour passer à la vitesse supérieure, et en rouge en cas de surrégime.
En moteur comme en chassis, la Streetfighter récupère tout ce qu'elle peut de la Panigale V2. Son cadre est un monocoque léger et efficace, qui utilise le moteur comme élément porteur. Le bras oscillant vient s’ancrer sur l’arrière du moteur et le mini cadre en alu relie le haut moteur et la colonne de direction. Les suspensions sont entièrement réglables, pour permettre au pilote de personnaliser les réglages de la Streetfighter V2.
Si on disait que de nombreuses pièces sont communes entre la Panigale et la Street, on notera toutefois que le bras oscillant a été allongé de 30 mm par rapport à la Panigale V2. De quoi lui apporter plus de stabilité. La machine ne pèse que 178 kg prête à fonctionner mais sans carburant. Ducati ne cesse de mettre en avant cette légèreté (pour faire oublier la perte de puissance?) mais oublie également que la dernière Streetfighter V2 pesait.... 178 kg à sec.
Un jeu de mesure difficile à saisir et un constat qui peut paraitre amer … Ajoutons de la benzine et le nouveau SF V2 devrait afficher environ 189 kilos TPF. Les nouvelles jantes en alu sont équipées de pneus Pirelli Diablo Rosso IV en 120/70 et 190/55, un changement pour l’arrière puisque la précédente Street V2 était équipée d’un pneu en 180. Le système de freinage avant Brembo se compose de deux disques de 320 mm et d'étriers monoblocs M50. Un équipement solide surtout que la gazelle est légère.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi les cours au fond de la classe, rappelons que l’ancien V2 cubait 955 cm2 pour une puissance de 153 ch à 10 750 tr/min (112,3 kW). Le couple maxi était de 101,4 Nm à 9000 tr/min. Une puissance copieuse, surement trop pour un roadster milieu de gamme. Mais Ducati le voyait ainsi. Désormais, le Streetfighter V2 est équipé du nouveau twin à 90° avec calage variable des soupapes d'admission, homologué Euro5+, 890 cc et 120 ch.
S’il perd en valeur partout y compris avec un couple de 93.3 Nm à 8 250tr/min, Ducati tente de rassurer que celui-ci est toujours relativement bien plein avec 70% de la valeur maximale déjà disponible à 3 000 tr/min. La Streetfighter V2 dispose de trois modes de puissance High, Medium et Low, à 95 ch. Voilà pour les chiffres.
Dans les entrailles, ce moteur moins puissant n’en demeure pas moins très moderne. On peut citer par exempleson système Intake Variable Timing (IVT), qui fait varier le calage de la commande des soupapes d'admission sur une plage de 52°, par l'intermédiaire d'un actionneur de timing situé à l'extrémité de l'arbre à cames.
Si cette technologie permet de concilier un moteur plus rempli à mi-régimes sans sacrifier la puissance à haut-régimes, elle impose en revanche de dégager le système Desmodromique.Les soupapes sont à tiges creuses, les linguets d’admission bénéficient d’un traitement DLC (Diamond Like Carbon) et les chemises de cylindres sont aluminium. Son entretien est relativement sobre avec un intervalle de révision tous les 15 000 km et 30 000 km pour le jeu aux soupapes.
Le Streetfighter V2 reçoit une plateforme inertielle IMU à six axes, permettant de faire fonctionner un package électronique complet. Il comprend comprend l'ABS Cornering avec la fonctionnalité slide-by-brake, le Ducati Traction Control, le Ducati Wheelie Control, le Engine Brake Control et le nouveau Ducati Quick Shift 2.0, le même système que celui utilisé sur la Panigale V4, de série sur les deux versions.
Le futur propriétaire et pilote de la machine pourra choisir entre 4 modes de conduite (Race, Sport, Road, Wet) pour pimenter, exalter ou calmer son trajet quotidien.
Au final que retenir de cette Streetfighter? Son prix est réduit, c’est très positif mais on avait vu la précédente version V2 prendre rapidement 1 500 euros d’inflation entre 2022 et 2024. On verra si la nouvelle version résiste à l’irrépressible envie des constructeurs de toujours augmenter leur marge. Le «nouveau» châssis de la Streetfighter n’a pas vraiment d’argument pour faire oublier la perte de chevaux.
Mais, en soi, 120 ch sur route reste une puissance déjà très intéressante et, en tant qu’expérience de conduite, il est toujours plus exaltant d’exploiter à fond une machine et de connaître la sensation poignée dans le coin que de ne jamais pouvoir vraiment souder. Cette perte de puissance est finalement plus philosophique car elle replace aussi la Monster (111 ch) pour … 12 590 euros!
La plastique de la Streetfighter devra justifier à vos yeux les 3 000 euros d’écart pour 9 chevaux de plus. Changement total pour la gamme V2 chez Ducati en 2025, avec un moteur Superquadro de 955 cm3 qui nous quitte pour un nouveau twin Euro5+, toujours un V2 ouvert à 90° mais qui cube maintenant 890 cm3. Comme sur la nouvelle Panigale V2, il développe 120 chevaux à 10 750 tr/min sur ce Streetfighter V2 2025, son rupteur est placé à 11500 tours et sa valeur de couple maxi de 93.3 Nm intervient à 8 250 tours.
Pas mal...sauf que l'on change maintenant de catégorie pour le petit monstre des rues tant apprécié qu'était la Streetfighter V2 de 2022 à 2024, une bagarreuse qui développait 152,7 ch à 10750 tr/min et un couple de 101,4 Nm à 9000 tr/min. Avantage financier maintenant, l'ancienne s'abordait à partir de 16 990 € il y a 3 ans , la nouvelle gamme 2025 démarre aujourd'hui à 15 490 €.
Ok, elle est moins performante, mais Ducati annonce qu'elle est plus légère de 18 kg, retrouvant un peu son rapport poids/puissance d'avant. Au niveau de son ossature, on retrouve la recette Panigale, à savoir un cadre monocoque en aluminium placé en amont du twin, le bloc moteur étant un élément porteur et rigidificateur de la bête, relié au bras oscillant double.
Ducati nous promet plus d'agilité et toujours autant de fun, car cette moto serait « plus intuitive » que la précédente. Elle deviendrait donc plus accessible, grâce à la qualité de ses suspensions également : des éléments entièrement réglables avec une fourche Marzocchi à l'avant et un amortisseur Kayaba à l'arrière, tandis que la version V2 S offre au pilote une fourche et un amortisseur Öhlins, ainsi qu'une batterie lithium-ion qui réduit le poids.
Différence par rapport au châssis de la Panigale V2, le bras est allongé de 30 mm et la SF V2 est équipé d'un amortisseur de direction. On observe de nouvelles jantes moulées, chaussées de pneus Pirelli Diablo Rosso IV.
Conclusion
La Ducati Streetfighter V2 se positionne comme un roadster sportif accessible, offrant un compromis idéal entre performances excitantes et maniabilité. Avec son design agressif, son moteur puissant et son électronique de pointe, elle promet des sensations fortes sur route comme sur piste.
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