Moto Guzzi California III : Fiche Technique et Analyse

La Moto Guzzi California III, apparue en 1988, représente une alternative économique et de qualité aux énormes Grand Tourisme à l'américaine. Les Américains nomment ces motos de grand tourisme à la mode d'outre-Atlantique avec des guidons en cornes de vache, des sacoches et un carénage. C'est dans cette catégorie que la California III rentre brillamment en se parant des équipements sus-nommés.

Surnommée affectueusement "Calif", la California est un morceau d'histoire incontournable de Moto-Guzzi, l'équivalent de l'Electra Glide avec ce charme typiquement italien.

Dans le plus pur style des motos d'époque, celle qui a conquis en son temps l'Amérique joue sur ses lignes douces et rondes et son équipement pour séduire. Pare pieds, pare carters, pare brise et par... ici le voyage, avec les valises en dur, et la selle ultra confortable et basse, terminée par une platine porte paquets.

Même ainsi habillée, notre Guzzi fait pourtant petite moto aux côtés d'une Honda 1500 Gold Wing ou d'une Harley Classic. Confortable avec sa large selle à deux niveaux, la California III n'est pas faite pour les grandes vitesses et les 400 mètres départ-arrêté. Le maniement de sa boîte est lent, et ses 65 ch ne pèsent pas bien lourd face aux écuries concurrentes.

Moto Guzzi California 1100 sound

Caractéristiques Techniques

Voici un aperçu des caractéristiques techniques de la Moto Guzzi California III :

  • Moteur : Bicylindre 4 temps refroidi par air en V à 90° face à la route
  • Cylindrée : 949 cm3 (88 x 78 mm)
  • Puissance : 65 ch/6 700 tr/min
  • Distribution : Soupapes culbutées
  • Boîte de vitesses : 5 rapports
  • Démarrage : Électrique
  • Transmission : Par arbre et cardans
  • Cadre : Double berceau tubulaire en acier
  • Suspensions : Avant téléhydraulique à assistance pneumatique, arrière oscillante à 2 combinés
  • Freins : 3 freins à disque (couplage 1 disque avant/1 disque arrière)
  • Pneus : 18"
  • Réservoir : 25 l
  • Poids : 260 kg

En 1990, la California III CI était affichée à 77.700 FF. C'est certes une moto chère, mais très compétitive face à ces concurrentes directes (Honda GoldWing, Yamaha Venture ou HD FLHS).

Moto Guzzi California III

Évolution et Améliorations

Le V2 de Moto-Guzzi est aujourd'hui son plus grand atout. Et pourtant, cette architecture a été pour la première fois utilisée par l'aigle de Mandello del Lario en 1967 sur sa V7 700. Ce moteur a évolué à plusieurs reprises jusqu'en 1990. Le premier modèle à en bénéficier est la placide et classique California III, en version standard et en version CI (Carénage Intégral).

Dès la prise en main, certains détails surprennent, comme la disparition de l'appareil de musculation qui servait de poignée de gaz. Avec l'injection électronique, le moteur vrombit toujours autant, mais la poignée est enfin douce. Le ralenti est beaucoup plus stable qu'auparavant et la moto chauffe tranquillement sans caler. A tout niveau, le moteur a gagné en souplesse.

Pour autant, le moteur n'a pas perdu de son caractère. L'I.E. en a simplement gommé les aspects négatifs : plus de trou ou de temps de retard à l'accélération, un moteur qui reprend beaucoup plus bas mais toujours le même caractère en haut. Seule la boite de vitesse reste en retrait. Toujours très lente, elle impose de connaître son mode d'emploi.

Le nouveau moteur permet de se concentrer, bien plus qu'avant, sur le plaisir de conduite et les atouts de la partie cycle. Celle-ci est étonnamment maniable au regard du poids et du gabarit de l'engin. Comme toute Guzzi qui se respecte, elle privilégie tout de même la stabilité à l'agilité, mais ce trait de caractère colle bien à sa vocation de GT à l'américaine.

De plus, l'injection électronique apporte encore un petit plus budgétaire. Remplacée en 2013 par la California 1400, la 1100 arbore un chame rétro... comme sa mécanique (!).

Expérience de Conduite

Le caractère moteur de la California 1100 a fait sa réputation. Vivant et vibrant, le bloc moderne joue sur le couple et la cylindrée bien plus que sur la puissance, modeste comme il se doit. La transmission finale par cardan s'occupe du reste !

De son côté, la partie cycle avoue les limites de sa conception sans en avoir honte : la California est une voyageuse et une moto faite pour le plaisir et non faire la course. Pas question de secouer la Calif', elle se respecte, faute de quoi elle se désunit.

Au chapitre voyage, la California 1100 protège très agréablement son équipage, et lui offre une nouvelle façon de voir la route.

Conçu pour cruiser au rythme du battement sourd de ses 2 énormes gamelles, la moto se fait désirer suivant ses propres règles. Il y a d'abord ce moteur : un V2 débordant de part et d'autre, bien vivant et besogneux. L'effort de ses entrailles trahit son âge mais son comportement ne laisse personne insensible. Cette première génération de 1100 fera cohabiter une admission par carbus ou par injection de 1994 à 1997.

La balade est un art que les gros coups de pistons saupoudrent de jovialité. Le confort répond présent et la moto freine bien. La finition est bonne, bien qu'une surveillance de certains éléments ne soit pas superflu. Le seul gros reproche sanctionne la boite de vitesses, désespérément lente.

La Calif peut rouler vite mais elle n'y apprécie guère. Son truc, c'est de vous emmener au bout du monde à une vitesse tranquille qui vous fera vibrer autant qu'elle.

Curieux, passez votre chemin - la California, comme beaucoup de Guzzi, s'adresse plutôt aux connaisseurs et aux passionnés.

Prenez soin de votre moto !

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