L'opérateur de trottinettes Dott mise sur un modèle de "mobilité durable". Pour comprendre comment les trottinettes électriques en libre-service sont rechargées, nettoyées et réparées, l'opérateur de trottinettes Dott a ouvert les portes de son entrepôt de Rungis à Challenges.
Dans son entrepôt de Rungis (Val-de-Marne), l'opérateur Dott répare et charge des dizaines d'engins par jour. L'entreprise qui opère à Lyon, Paris et Bruxelles a fait le choix d'internaliser toutes les compétences opérationnelles pour prendre soin de sa flotte.
L'opérateur franco-européen qui a débarqué à Paris il y a trois mois ne détient pour l'instant qu'une petite flotte de 2.500 trottinettes. Mais il se doit de l'entretenir et la réparer très régulièrement.
L'Entrepôt de Rungis : Un Centre de Maintenance Essentiel
Une forêt de trottinettes en charge, alignées dans un immense hangar. Des mécaniciens qui s'activent sur des tables de montage pour réparer en quelques minutes des engins défectueux. Des étagères de pièces détachées et quelques petits bacs de recyclage posés sur le sol.
Cinquante employés travaillent dans l'entrepôt Dott à Rungis, dont cinq mécaniciens à plein de temps. La plupart exerçait auparavant à quelques minutes de là, à l'aéroport d'Orly, où les mécaniciens réparaient les machines aéroportuaires. Désormais, ils doivent s'occuper de ces engins des rues, détériorés par les incivilités, les conditions climatiques difficiles et l'utilisation intensive.
Exit les "juicers", ces auto-entrepreneurs mercenaires qui ramassent les trottinettes et les chargent pour cinq euros pièce.

L'entrepôt de Dott à Rungis, un centre névralgique pour la maintenance des trottinettes.
La Durabilité au Cœur du Modèle Économique de Dott
Une trottinette Dott, peut être empruntée jusqu'à 10 fois par jour pour des trajets en moyenne de 2 à 3 km. Ces engins, conçus par la start-up et fabriqués en Chine, sont composés d'une centaine de pièces détachées, hors vis et boulons.
Et certaines sont plus fragiles que d'autres, tel le garde-boue de la roue arrière que les "riders" utilisent à tort comme un frein, comme sur les trottinettes mécaniques. La béquille, régulièrement redressée d'un violent coup de pied fait l'objet de réparations très fréquentes.
Chaque jour les mécaniciens contrôlent donc une cinquantaine d'engins et remplacent, si besoin, les pièces défectueuses. Soit par des pièces neuves, soit en réutilisant des pièces encore viables, issues de trottinettes définitivement abîmées. Une processus que Dott surnomme "la vampirisation".
"On essaie de jeter le moins possible, explique Nicolas Gorse, directeur général de Dott. S'il y a une seule pièce valable sur une trottinette, on va la reprendre et la replacer dans une autre." Un cycle de vie, rendu possible par le fait que Dott a conçu son propre modèle de trottinettes.
A l'heure où l'on peut s'interroger sur le caractère véritablement écologique des trottinettes, Dott joue à fond la carte de l'opérateur de "mobilité durable", en opposition à la "mobilité jetable", décriée par nombre d'élus et d'analystes du secteur.
En effet, les premières trottinettes arrivées à Paris il y a un an étaient pour la plupart des modèles bas de gamme, dont la durée de vie était très courte. Car au-delà de l'enjeu d'image, la durée de vie d'une trottinette est déterminant pour atteindre la rentabilité économique.
"On ne peut pas se permettre d'avoir un produit jetable, explique Matthieu Faure, directeur de la communication et du marketing de Dott. Il faut qu'une trottinette dure cinq à six mois pour amortir tous nos coûts de fabrication et d'opération".
Les engins de Dott ne sont présents que depuis trois mois à Paris mais les dirigeants de l'entreprise l'assurent: "On en a jeté aucune en entier car elle ne tenait plus la route. On peut jeter des pièces, mais vraiment très peu.
Anne Hidalgo, qui a récemment annoncé qu'elle sélectionnerait seulement deux à trois acteurs sur les 12 actuellement présents dans la capitale a érigé le critère de la durabilité comme un préalable pour être choisi. Les opérateurs qui espèrent rester devront donc fournir, à terme, la preuve que leurs trottinettes sont solides.
IA Captur : Une Technologie pour un Stationnement Responsable
L’opérateur Dott veut vous faire gagner du temps à l’issue d’un trajet en vélos et trottinettes électriques disponibles en libre-service. Pendant plusieurs années, les grandes villes ont fait l’objet d’une relative anarchie en matière de stationnement relatif aux vélos et trottinettes électriques en libre-service.
Aujourd’hui, vous n’êtes pas censés être en mesure de garer votre engin n’importe où, au risque de recevoir une alerte de la part du véhicule selon lequel le lieu de stationnement n’est pas autorisé.
À la tête d’un important parc aussi bien de VAE que de trottinettes, l’entreprise Dott veut aller encore plus loin. Le communiqué de presse envoyé à la rédaction mentionne le nom de sa technologie : IA Captur.
L’idée derrière ce système est d’accélérer le processus d’analyse d’une photo, dans le cas où l’application vous invite à capturer une image et l’envoyer à l’opérateur. Comme le mentionne Dott sur son site officiel, « l’opérateur peut vous demander d’envoyer une photo du véhicule pour prouver qu’il a été stationné correctement. Cette technologie « remplacera le traitement manuel de chaque photo qui nécessite un traitement plus long », explique Dott.
Aussi, « ce système sera paramétré pour identifier les problématiques constatées : véhicule sur un trottoir, devant une entrée, sur la chaussée, les véhicules renversés et les véhicules à l’extérieur des places de stationnement », poursuit le communiqué.
Cette nouvelle fonctionnalité sera dans un premier temps testée à Bruxelles, Bordeaux, Londres, Lyon, Milan, Paris, Rome, Stockholm et Tel-Aviv, avant un déploiement plus global plus tard.
Dott veut se déployer de manière responsable à Bruxelles
Alternatives de Mobilité à Bruxelles
En plus des trottinettes Dott, Bruxelles offre une variété d'options de mobilité:
- Felyx: Scooters électriques en libre-service, sans station fixe, avec frais d'activation et coût à la minute.
- Villo!: Disponible avec abonnement ou ticket à la journée, propose 5000 vélos et vélos électriques répartis dans 360 stations.
- Blue-Bike: Plus de 2 500 vélos disponibles dans 110 points de location en Belgique, dont 60 gares SNCB.
- Li Bia vélo: À Namur, avec abonnement ou ticket à la journée, 240 vélos dans 26 stations.
- MonkeyDonkey: Cargos et longtails électriques en station (cafés ou commerces), paiement à l’heure ou packs.
- Remorquable: Mise à disposition de remorques pour vélos, avec adhésion à l’asbl.
- E-cargo bike Cambio: 14 vélos cargo électriques disponibles pour les membres Cambio à diverses stations.

La multimodalité est essentielle pour les déplacements à Bruxelles.
La Multimodalité : Une Approche Essentielle
La multimodalité correspond à « la présence de différents modes de transports entre deux lieux. Elle désigne en effet l’utilisation de transports différents pour aller d’un point A à un point B» (source : velco). La multimodalité se distingue de l’intermodalité, qui est de combiner différents modes de déplacement lors d’un même trajet.
Chez Pro Velo, on ne prône pas seulement la seule utilisation du vélo. Pour la plupart d’entre nous, en effet, il est impossible de n’utiliser que le deux-roues pour nos déplacements. On se tourne toujours vers d’autres modes de transport : le train, le bus, la trottinette, la marche à pied, le taxi, la voiture, le covoiturage, etc.
Une enquête BEMOB de 2021 montre que la part du multimodal dans les déplacements domicile-travail est de 11 %.
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