La Ducati Monster, affectueusement surnommée "Il Mostro" par les Ducatisti, est un modèle emblématique qui a marqué l'histoire de la marque. Conçue par Miguel Angel Galluzzi, cette moto est célèbrement décrite comme "Tout ce dont vous avez besoin : une selle, un réservoir, un moteur, deux roues et un guidon," reflétant une philosophie de design minimaliste.

Lancée en 1993, la Monster a non seulement sauvé Ducati d'une situation financière difficile, mais a également redéfini le segment des sportives nues. Son succès phénoménal a permis à la marque de Bologne de rester à flot, minimisant les impacts de l'industrie et de la concurrence.
Les origines : La 900 Monster
Tout a commencé avec la Monster 900, lancée en production en 1993. Le design de Miguel Angel Galuzzi a suscité l'enthousiasme, exposant le cadre en treillis tubulaire et le moteur à ailettes. La 900 Monster renfermait un moteur avec une distribution par courroie crantée, une commande desmodromique des soupapes, une boîte à six rapports et deux carburateurs de 38 mm. C'est la commercialisation de la Monster qui a sauvé la marque du désastre.
L'ascension en puissance : Les versions S4, S4R et S4Rs
Le roadster de Ducati existait déjà en plusieurs cylindrées (400, 600, 750 et 900) quand Ducati eut l'idée d'un Monster beaucoup plus corsé. Quitte à faire du sauvage, autaut lui mettre le moteur de la sulfureuse sportive 916. Avec ce twin caverneux à 4 soupapes, refroidissement liquide et 101 chevaux, la bête de Bologne gronde et envoie du gaz sévère. La recette prend bien et le monster-SBK s'installe dans la gamme pour un long moment.
Deux ans après, la S4R prend la relève avec le moteur de la 996. La moto gagne beaucoup en charisme avec la présence d'un monobras, 2 pots relevés et superposés, et une douzaine de chevaux supplémentaires. La surenchère est lancée. Tout se concrétise avec la Monster S4Rs, équipée de suspensions Öhlins et du moteur de la 999 - ce qui lui amène 130 chevaux. La S4 atteint là son paroxysme mais doit ensuite céder la place au Streetfighter, encore plus sportif et puissant, avec un design d'une autre trempe.

Le retour en force : La 1200 Monster R
Mais le Monster n'a pas dit son dernier mot. Il laisse passer le temps de la Streetfighter puis revient à la charge avec le 1200 Monster R. En s'appropriant le bloc de la sportive 1198, il grimpe à 160 chevaux et plus de 13 mkg. Toujours supensu Öhlins, il propose aussi un sacré freinage avec du Brembo M50 evo.
La Monster n’a pas initié un concept, elle l’a sublimé. C’est celui de la moto à l’état brut : un moteur, un twin bien sûr, une partie-cycle épurée. Simple en apparence, noble par ses composants, la Ducati Monster propose un retour vers ce qui fait l’essence d’une moto : un moteur expressif placé au centre d’une partie-cycle dépouillée, le tout mâtiné d’une esthétique agressive et aguicheuse.
Comparaison : 900 Monster vs 1100 Monster
Pour mesurer l'évolution de la Monster, comparons la 900 Monster de première génération avec la 1100 Monster née en 2009. Un grand écart de seize ans sépare les deux générations, avec son lot de mises aux normes actuelles.
Design et esthétique
Côte à côte, la 1100 et la 900 ne peuvent nier leur parenté. Le cadre entièrement treillis de l’ancienne a fait place, sur la jeune sœur, à un semi-treillis et des platines en alu moulées. Les gros silencieux de la 1100 ont un cheminement parallèle au dosseret de selle (amovible), alors qu’ils croisent doucement le bras oscillant à section carrée de la 900. Sur la 1100, le monobras est une belle pièce en alu moulé, dont la finition est à la hauteur du reste de la moto.
Tableau de bord
Mais le tableau de bord (entièrement numérique), bien que complet, est particulièrement petit, pas toujours lisible et son esthétique est discutable. Celui de la 900 semble vieillot : analogique sur fond blanc, parfaitement lisible, mais sans compte-tours.
Position de conduite
Sur la 1100, le pilote dispose d’une assise penchée, accordée avec le cintre du guidon pour basculer le tronc sur l’avant et inviter à une conduite sport. Mais glisser sur la selle implique invariablement d’arriver en butée dans le réservoir. Les garçons apprécieront peu… En comparaison, la position de conduite de la 900 évoque les trails !
Moteur et performances
Moteurs au ralenti, le bruit de casseroles caractéristique confirme que pour ce qui est de l’embrayage, le choix est le même : multidisques à sec ! Toutes deux possèdent également une commande hydraulique ferme et précise.
Aux premiers tours de roues, le fameux coup de pied au cul provoque instantanément le coup de foudre ! Bien que développant « seulement » 95 ch, ce moteur vif fait le plein de sensations dès la remise de gaz dans les mi-régimes (couple maxi à 5 500 tr/min).
En face, le moteur de la mythique M 900 se révèle incroyablement doux. Le « Mostro » original est moins rude et incite plus à enrouler. Mais bien que les caractéristiques des deux moteurs soient similaires, tout est moins marqué sur la 900. Coupleux dans les mi-régimes mais moins copieux, sa puissance est limitée à 74 ch, et le coffre dû à la cylindrée est inférieur.
Châssis et comportement
Point de vue châssis, la 1100 est précise et ses suspensions sont fermes. Cumulée à cette rigidité, la position sur l’avant laisse la sensation de tenir l’axe de roue avant dans les mains ! En contrepartie, lorsque le revêtement se dégrade, le pilote le sait instantanément... Les grandes courbes rapides restent le domaine de prédilection de la belle.
Sur « l’ancienne », le freinage est comparable. Jugée à l’époque très puissant (presque trop), la sensation d’excès à disparu, sans lui enlever son efficacité. La fourche Showa ne possède aucun réglage et présente un compromis routier plus axé sur le confort que la précision.
Les différentes versions de la Ducati Monster
Au vu du succès commercial qui a suivi la mise en production de la M 900, Ducati a décliné le concept. Le but était d’une part, de rendre le genre plus accessible avec des puissances, des finitions et des tarifs inférieurs, d’autre part de poursuivre l’évolution des modèles haut de gamme.
Ducati Monster 400
Le Monster 400 était l'alternative à plus petit moteur au Monster 600, avec le même corps et les mêmes mécaniques que le 600 mais avec un moteur ayant une course réduite et des pistons de plus petit diamètre, d'où une cylindrée de 400 cc. L'un des plus petits vélos V-twin en production à l'époque, le Monster 400 a réussi à susciter l'enthousiasme des amateurs de motos lors de son lancement. Les niveaux de puissance étaient décents avec 44 chevaux et 33 Nm de couple. Le 400 accélérait fort jusqu'à 60 et avait une sonorité adéquate en le faisant.
Ducati Monster 600
En 1994, naissance de la 600. Extérieurement, elle se distingue (pour l’essentiel) par un seul disque avant et l’absence de radiateur d’huile. Le bicylindre à 2 soupapes (issu de la Pantah) développe 51 ch à 8 000 tr/min. Il dispose d’une boîte 5 et d’un embrayage à bain d’huile.
Ducati Monster 620ie
Cette moto était alimentée par un V-twin refroidi par air de 618cc, qui générait 60 chevaux à 9 500 tr/min et 53 Nm de couple à 6 750 tr/min. La différence entre l'édition Matrix et une 620ie normale se limitait uniquement au schéma de couleur et à des niveaux cosmétiques.
Ducati Monster 695
La 620 prend du galon en devenant la 695. Les performances croissent.
Ducati Monster 696
La 696 remplace la 695 en adoptant un look parfaitement identique à celui de sa grande sœur.
Ducati Monster 796
Il y avait aussi une édition 796 Nikki Hayden, avec sa propre livrée.
Ducati Monster 821
Introduit comme un nouveau membre de la série Ducati Monster en 2015, le 821 empruntait son moteur à l'Hypermotard et également à l'Hyperstrada 821 de l'époque. En conséquence, le bicylindre en L refroidi par liquide de 821cc délivrait 107 CV à 9 250 tr/min et 86 Nm de couple. Il a également introduit le Ducati Safety Pack dans la série Monster, ajoutant un ensemble d'aides électroniques au pilote et de fonctionnalités de sécurité comme l'ABS et le contrôle de traction.
Ducati Monster 1000 DS
En 2003, le M 1000 DS « desmodue » nouvelle génération adopte le double allumage (Dual Sparks) et voit sa cylindrée passer à 992 cm3. Ce moteur (développé pour la Multistrada) développe 84 ch à 8 250 tr/min et conserve les principes du premier modèle deux soupapes : le refroidissement par air et huile. Le bras oscillant est en alu, et la fourche est réglable.
Ducati Monster 1100
La 1100 enfin, la dernière de la famille, réinvente le concept initial. Un moteur à deux soupapes refroidi par air qui développe 95 ch. Dévoilée au salon de Milan fin 2008, la machine est également déclinée en version S, avec des éléments carbone et des suspensions Ölhins.
Ducati Monster S4
En 2001, naissance de la Monster S4 qui adopte le moteur « desmoquatro » à refroidissement liquide et 4 soupapes de la 916.
Ducati Monster S4R
La même année, la S4 R, évolution de la S4, est équipée du moteur de la 996 à refroidissement liquide et 4 soupapes de 113 ch. Extérieurement, l’échappement double est placé à droite en hauteur.
Ducati Monster S4RS
En 2006, la dernière évolution de la Monster est la S4 RS, équipée du moteur « testastretta » de 998 cm3 qui développe ici 130 ch à 9 500 tr/min. Les étriers de frein Av sont à 4 pistons, couple et puissance sont en hausse.
Cette livrée distinctive et élégante aux couleurs du drapeau italien sur le réservoir et les capots arrière, associée au cadre et aux fourches en or mat, fait de ce Monster S4RS un modèle remarquable et élégant, en plus d'être performant. Le S4RS était une variante bien plus puissante que le S2R, car il était équipé du Testastretta de la superbike 999, un V-twin refroidi par liquide poussant 130 chevaux à 9 500 tr/min et 105 Nm de couple à 7 500 tr/min.
Ducati Monster 1200 R
Puisant son moteur dans les séries Ducati Diavel et Multistrada, le Monster 1200 R était une véritable centrale électrique, très rapide pour sa catégorie. Le Testastretta de 1198 cc, un bicylindre en L refroidi par liquide, produisait une stupéfiante puissance de 152 cv à 9 250 tr/min et un couple de 125 Nm à 7 750 tr/min.
On connait de longue date les versions standard et S chez Ducati, mais en dehors des sportives, les R sont rares. L'arrivée de la nouvelle Monster 1200 R étant la gamme par le haut.
Comparaison des modèles Ducati Monster 1200 (R, S Stripe, S, Standard)
La gamme de Ducati Monster 1200 se compose dorénavant de 4 modèles depuis la version standard jusqu'à la R en passant par les deux S, normale et Stripe, pour des tarifs allant de 13490 euros à 18690 soit un écart de 5200 euros. Les performances ne sont pas les mêmes puisque la M1200 n'affiche que 135 chevaux contre 160 pour la M1200R et 145 pour les S. A noter que seule la R est Euro4, les autres arrivées plus tôt sont aux normes Euro3.
Cadres, bras oscillants, boites et embrayages sont identiques pour toutes mais la R a une chasse plus réduite et une hauteur de selle augmentée. Ce n'est pas le cas de la fourche inversée ni de l'amortisseur. Le fournisseur de celui de la Ducati M1200 est Sachs et non Ohlins. Les débattements avant / arrière sont identiques sauf pour la R qui ajoute 7 mm à l'arrière. Le freinage est différent lui aussi à l'avant avec du M50 pour les S et la R. La R a une monte de pneus bien plus sportive (celle de la Panigale 1199) et le pneu arrière n'est plus un 190 mais un 200 mm.
Esthétiquement, pas mal de choses changent. On reconnaît les Ducati M1200, M1200S et M1200R au premier coup d'oeil avec les coloris des fourches et les silencieux. La fourche est argenté sur la Monster 1200, dorée sur les deux Monster 1200 S et noire sur la Monster 1200 R. Les silencieux sont alu sur la M1200 et noir sur les S. La R n'a pas les mêmes silencieux. La R n'a pas de poignées pour le passager contrairement aux 3 autres. La R se distingue aussi par des repose-pieds classiques et sportifs (non amortis) pour le pilote et le passager. Les autres ont des grandes platines qui supportent les deux. Les 3 Monster 1200 n'ont pas les mêmes jantes.Enfin l'équipement diffère dans la gamme. La R est la mieux équipée, et la plus chère logiquement, même si elle n'a pas le freinage ABS en courbe et le shifter de la Panigale. Elle comprend le réglage des modes de conduite, de puissance, d'ABS et de DTC. Les S et R ont le garde-boue avant en carbone et les clignotants à LED. S Stripe et R ont le petit saute-vent décoratif et le support de plaque classique, c'est-à-dire au bout de la selle et non pas fixé au bras oscillant. La R est équipée d'un amortisseur de direction facilement réglable mais la hauteur de la selle ne l'est pas.
- Ducati Monster 1200 à 13490 euros
- Ducati Monster 1200S de 16250 à 16450 euros
- Ducati Monster 1200S Stripe à 17250 euros
- Ducati Monster 1200R de 18490 à 18690 euros
Ci-dessous vous pouvez aisément comparer les chiffres entre ces 4 roadsters pour vous aider à choisir.
| Modèle | Année | Tarif | Cylindrée | Puissance | Couple |
|---|---|---|---|---|---|
| Ducati Monster 1200 R | 2016 | 18490 € | 1198 cm3 | 160 ch | 13,4 mkg |
| Ducati Monster 1200 S Stripe | 2014 | 17250 € | 1198 cm3 | 145 ch | 12,7 mkg |
| Ducati Monster 1200 S | 2014 | 16250 € | 1198 cm3 | 145 ch | 12,7 mkg |
| Ducati Monster 1200 | 2014 | 13490 € | 1198 cm3 | 135 ch | 12 mkg |
Ducati Monster Diesel
Le Ducati Monster Diesel résulte d'une collaboration spéciale entre les départements de style de Ducati et Diesel. Techniquement identique au modèle standard 1100 ; mais lancé davantage comme un exercice de style et de marque - une peinture mate unique en vert "Diesel" accompagnée de pièces noircies a été utilisée pour redéfinir l'apparence de la moto. Le cadre en Treillis d'acier, le bras oscillant, le garde-boue avant, la fourche avant et divers autres composants de la moto ont tous été finis en noir. Pour un ajout de couleur, le ressort de l'amortisseur arrière et l'étrier de frein avant ont été revêtus d'un jaune vif.
Versions spéciales Valentino Rossi et Nikki Hayden
Cette version du Monster a certainement fait tourner les têtes grâce à sa livrée de course voyante arborant un '46' massif sur le réservoir, indubitablement une moto associée à Valentino Rossi.

Ducati Monster SP 2023
Le Ducati Monster SP 2023 s'inspire des précédents modèles "SP", bénéficiant ainsi de plusieurs améliorations de performances par rapport au Monster standard. Il est conçu pour les amateurs de circuit qui sauront certainement apprécier les fonctionnalités et l'équipement offerts par cette moto, tout en désirant une naked italienne adaptée à la ville pour d'autres occasions. Le moteur est puissant, avec 111 chevaux et un couple de 94 Nm transmis au pneu arrière.
La distribution desmodromique : Une invention française adoptée par Ducati
Sur une culasse « classique », l’ouverture des soupapes est commandée par une came, alors que la fermeture se fait par rappel du ressort comprimé lors de l’ouverture. Le principe desmodromique est de commander l’ouverture au moyen d’une came, et la fermeture non pas par un ressort, mais par une seconde came. L’intérêt majeur en est une meilleure exploitation de l’énergie.
En général, les motards attribuent cette invention à Ducati, tandis que pour les automobilistes, sa paternité revient à Mercedes… En réalité la distribution desmodromique est une invention française, déposée par Claude Bonjour le 1er avril 1893. La première distribution desmodromique est apparue en 1912 sur une voiture Delage.
En 1956, sur ses monocylindres (puis en 1960 sur ses bicylindres), Ducati adopte la distribution desmodromique. L’ingénieur maison, Fabio Taglioni, fait appel pour cela à trois arbres à cames (le premier pour l’ouverture de l’admission, le deuxième pour l’ouverture de l’échappement et le troisième pour la fermeture).
La non fiabilité de Ducati : histoire vraie ou légende urbaine ?
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