L'ascension de Rob Shepherd : De Fermier du Yorkshire à Légende du Trial Moto

L'histoire de Rob Shepherd est une source d'inspiration, illustrant comment la passion et la détermination peuvent transformer un jeune fermier en une légende du trial moto. Né dans le Yorkshire, en Angleterre, Shepherd a gravi les échelons du sport moto pour devenir un champion respecté, marquant l'histoire avec des victoires significatives et un passage remarqué chez Honda.

Compétition de trial moto.

Les Débuts Ruraux et la Découverte du Trial

Né dans une famille d'agriculteurs, Rob Shepherd a grandi dans un environnement où les véhicules agricoles étaient omniprésents. Sa passion pour la moto a débuté lorsque le club de moto de Wetherby a demandé à son père, Alan, la permission d'utiliser leur domaine pour organiser des trials. C'était dans les années 60, et des compétitions se déroulent encore actuellement à la ferme.

Son premier trial s’est fait sur une Greeves Scottish, achetée par son père. Il réalise plusieurs tentatives courageuses sur les parcours mais termine avec des bleus partout ; au repas du soir, il a tellement mal, qu’il ne peut même pas s’assoire à table - mais il est désormais mordu de trial. En voyant son jeune fils se régaler sur sa Greeves à la ferme, Alan se décide à acheter une Cotton flambant neuve doté d’un moteur Villiers.

Progression et Premières Compétitions

Rob est si excité qu’il s’entraîne à longueur de journée sur les parcours dont il démarque les limites à la ferme. Il devient rapidement un expert du centre du Yorkshire dès l’age de seize ans, en y gagnant deux prix de novice à ses premiers concours. Il est si passionné qu’il progresse vers une Montesa, et s’inscrit dans les concours nationaux pour gagner de l’expérience et termine onzième dans les British Experts de 1970 avec des résultats surprenants. Tout ceci attire l’attention de Norman Crooks.

Il fournit au jeune Shepherd une nouvelle Bultaco 250cc, fin novembre. Il passe ainsi la première partie de la saison 1971, à acquérir de l’expérience dans le monde du trial anglais. Pendant cette phase d’apprentissage, il se retrouve face à une rude concurrence venant de compatriotes yorkie, comme les frères Lampkin, Malcolm Rathmell, Mick et Bill Wilkinson, pour n’en citer que quelques uns, ce qui lui permet de gagner en maturité sur ces engins, et lui procure une expérience précieuse pour gérer la pression venant de ses adversaires.

L'Ascension avec Montesa

John Brise était importateur de Montesa avant que n’arrive Jim Sandiford. C’est lui qui a prit conscience du talent de Shepherd, et de son potentiel, et qui lui fournit une moto appropriée afin de rejoindre l’équipe Montesa, afin de participer aux Scott Trials, l’épeuve des six jours Trial d’Ecosse, en mai 1971, où il remporte la dixième place. À l’âge de dix-Sept ans, il gagne la compétition nationale de Peak et Kickham, et prend la seconde place derrière Bill Wilkinson au prestigieux Trial Allan Jefferies, celui que l’on se doit de gagner dans la région du Yorkshire.

6 Honda trial de légende

Plus tard, il arrive second derrière l’irlandais Sammy Miller, l’homme à battre à l’époque, qui le prend sous son aile au Trial de Clayton. Tout homme du Yorkshire veut gagner la compétition exténuante du Scott time and observation, (chronomètre et observation), et Shepherd n’échappe pas à cette règle. Il fait la une des journaux lorsqu’à dix-huit ans seulement, il remporte le Championnat.

Consécration et Contrat Professionnel

Cette victoire le place à la une des journaux. Il est récompensé par un contrat à temps plein, et intègre l’équipe espagnole de Montesa. Ceci lui permet de se recentrer sur son entraînement. Avec la Montesa Cota en production, Shepherd trouve sa place au sein de l’équipe. En 1973, il remporte le prestigieux trophée Pinhard, récompensant le jeune de moins de 21 ans le plus prometteur, et il se place régulièrement dans les dix premiers dans la plupart des compétitions où il est inscrit.

Montesa lui confit le nouveau prototype 310cc, afin d’accélérer le développement de ce dernier. A la fin de la saison 1974, il se place sixième au Championnat Européen. Lorsque Malcolm Rathmell arrive chez Montesa, la moto évolue vers le modèle cota 348, et est mise en vente. Dans la deuxième moitié des années 70, Rob traverse une période difficile chez Montesa, et les résultats se détériorent.

Sammy Miller sur une moto de trial.

Le Tournant chez Honda

La compagnie explique clairement que le contrat de Shepherd est en péril pour la saison prochaine. Le projet Trial de Suzuki est alors en pleine expansion, et il propose à Shepherd de monter leur nouvelle machine. Dès lors, les rumeurs circulent dans le milieu, comme quoi Shepherd serait à la recherche d’une nouvelle moto. Ceci a eut pour effet de l’encourager et la fin de saison se traduit par une première place aux British Experts.

Son ami, Nick Jefferies, lui suggère d’essayer une Honda à quatre temps, qu’il developpe avec Sammy Miller. Miller prend l’un des engins, monté par Brian Higgins (Miller n’ayant pas renouvellé le contrat de Higgins pour la saison 1977), et l’emmène à la ferme de Pateley Bridge, afin que Shepherd l’essaye. Après avoir remporté les Britishs Experts, Montesa change d’avis et propose un contrat amélioré.

L'ère Honda : Innovation et Succès

Mais après être monté sur la Honda, il est déterminé à rester auprès du constructeur et signe pour intégrer l’équipe Miller. Il prend ses aises immédiatement sur la moto, alors qu’il ne connaît pas ce genre de moteur. Il est impressionné par l’adhérence de la moto, terminant les circuits plus précisément, ce que jamais il n’aurait pu faire avec le moteur à deux temps de Montesa. Il gagne son premier prix avec Honda au trial du Eboracum Club, en janvier 1977, et afin de prouver qu’il maîtrise réellement la technique avec ce type de moto, il remporte le championnat national de trial Vic Brittain. Il est le premier à gagner sur une machine à quatre temps depuis 12 ans. Miller est aux anges.

La moto que monte Shepherd est celle qu’a testé Brian Higgins, et il l’adore ! Cette victoire est suivie par une autres, lors du premier tour de la Coupe Colmore ; Honda est désormais en tête du Championnat Britannique ! Honda Japon suit de près les résultats de Shepherd et lui envoie la même moto avec un moteur à temps court. Le nouvel engin rouge et blanc fait sa première apparition au championnat St David’s, au Pays de Galles, terminant troisième ex-aequo.

Championnat du Monde et Difficultés Techniques

Au championnat du Monde, sa moto n’a rien d’extraordinaire, et secrètement il préfère l’ancienne version. Il reprendra l’ancien moteur pour le Championnat Mondial en Belgique ; ses résultats s’améliorent instantanément et il prend la quatrième place. Ses efforts sont aussi récompensés au SSDT puisqu’il il arrive cinquième. Sa confiance est dorénavant au plus haut et il démontre le potentiel du moteur à quatre temps en remportant le Championnat Britannique, tout en étant le premier à gagner un Championnat Mondial à bord d’un tel engin : du jamais vu. La saison se conclut sur une cinquième place dans les World Series, et une multitude de résultats superbes.

Plus tard, il commente la campagne du Championnat Mondial de 1977 : « Martin Lampkin m’a dit un jour de ne jamais abandonner une moto qui gagne, et il avait raison. Mes résultats se sont détériorés lorsque j’ai commencé à monter la moto avec un moteur à temps court. Si je n’avais pas changé et si je m’étais inscrit pour les tours américains et canadiens, cela aurait pu modifier la saison entière. »

Le Retrait de Honda et la Résilience de Shepherd

Après avoir été couronné de succès au Championnat Britannique, Miller annonce une nouvelle qui fait l’effet d’une bombe : Honda se retire du trial - son plan de développement sur trois ans se terminant ici. Miller avait été mis au courant avant la fin du Championnat Britannique et encaisse donc cette information avec la dignité et le professionnalisme qui lui sont propres, se gardant toutefois de mettre Shepherd au courant avant la fin de la compétition.

A l’époque, que Honda se retire du milieu déçoit grandement Miller et Shepherd, d’autant plus que ce dernier vient de leur offrir un titre si prestigieux. Les constructeurs sont rapidement au courant et cherchent à mettre la signature de Shepherd sur papier pour développer de nouvelles machines. Dans la foulée, il se rend en Italie pour tester la dernière SWM et, suite au départ de Malcolm Rathmell au profit de Suzuki, Montesa lui propose la première place au sein de leur équipe.

Shepherd refuse de signer, car il sait qu’il a encore une carte à jouer. Jim Sandiford lui écrit avec une offre revue à la hausse, mais il refuse de nouveau expliquant qu’il a reçu une bien meilleure offre ailleurs ; Sandiford ne comprend pas. Début 1978, Rob n’a toujours pas de contrat, et les motos de Honda ont été retirées de l’empire Sammy Miller. Shepherd lâche alors sa propre bombe : il continuera à monter une Honda.

Continuer avec Honda Malgré Tout

Huit semaines après la décision du constructeur, Honda revient sur le circuit. Le patron de Honda Royaume-Unis, Gerald Davison, décide de mettre une partie du budget destiné aux courses au profit de Shepherd et du trial, lui fournissant ainsi deux motos et trois moteurs, en plus de couvrir ses dépenses pour participer au Championnat britannique, les World Series, les SSDT et Scott Trial, dans le cadre d’un accord sur un an. Il fournit également un mécanicien attitré : Mike Ember Davies, qui s’occupe exclusivement des motos de Shepherd.

La moto sur laquelle il montait en 1977 devint vielle et a besoin d’être remplacée. Une rumeur circule comme quoi une nouvelle machine est en train d’être construite au Japon. Ce nouvel engin, une 359CC, tout de rouge vêtu, présente bien, mais ne fut livrée que quelques jours avant le SSDT. Il n’a donc que peu de temps pour s’habituer à la moto et s’entraîner. Il parvient néanmoins à décrocher une cinquième place honor...

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