Depuis le temps que ça me démangeait, j'ai enfin pu essayer un Brompton pour de vrai. Et à force d'en discuter avec un copain bromptoniste, j'ai eu envie de partager quelques réflexions sur la "longue" distance en Brompton.

Pourquoi choisir un Brompton pour la longue distance ?
Quel est l'intérêt de faire de la très longue distance sur un pliant ? Voici quelques raisons qui reviennent souvent :
- Sécurité : Pouvoir le garder près de soi sous la tente ou dans sa chambre (hôtel ou pas) pour limiter le risque de vol.
- Transport facile : Le plier pour le mettre dans un avion/bateau/train/voiture.
- Passion : La passion du modèle Brompton !
Mais bon, si tu n'as pas besoin de plier le vélo, cela ne sert à rien d'acheter un pliant (CQFD). Beaucoup de possesseurs de Brompton ont aussi d'autres vélos "standards", donc a priori la place ne manque chez eux, et sur leurs (ou dedans) véhicules, ils doivent pouvoir embarquer des vélos.
Maintenant, les adeptes du B font des milliers de km sur des terrains bien différents voir même assez défoncés parfois vu les pays traversées.
Expériences et réflexions sur la route
Dans mon cas, j'avais quelques fois parcouru des distances supérieures à 100 km et je voulais voir si je pouvais endurer la répétition de l'effort plusieurs jours de suite. Je suis donc parti de Marseille jusqu'en Suisse. Pour l'instant, après 3 jours, j'ai parcouru quasiment 400 km, via Sisteron, Grenoble et Chambéry et ai traversé le col de la Croix Haute (1179 m) qui sépare l'Isère de la Drôme. Globalement je suis (encore) étonné du Brompton et de ses capacités à rouler.
Je m'étonne aussi de voir que le corps réagit plutôt bien à la longue distance. Par contre, il faut réfléchir à chaque détail pour continuer l'effort, même l'épaisseur de la chaussette importe pour limiter les frictions dans la chaussure! Je me suis fait violence en apprenant à beaucoup plus mouliner et limiter la vitesse (j'ai un M6L) là où d'habitude j'avais tendance à plutôt pédaler un peu plus en force. Mais incompatible avec l'effort à maintenir longtemps.
Côté équipement, j'ai mon T-Bag pour les affaires et un petit drapeau que je préférais emporter pour être plus visible sur les nationales (malgré tout, quelle impression de vulnérabilité constante). Par contre, ça change effectivement complètement la position et je me suis aperçu nettement de la différence en montant le col avec le vent de face, l'aérodynamisme n'est plus le même. Mais la précision de conduite n'est plus la même également, du coup, ça ne me semble utilisable qu'en montée ou montée légère. Dès qu'on prend de la vitesse, on perd trop le contrôle ou je manque encore de pratique.
Je pense retenter en rehaussant la position du guidon triathlon à l'avenir. Côté vitesse, le Brompton passe relativement partout, mais c'est vrai que je manquais parfois d'une vitesse encore plus basse dans les parties de journées chaudes ou après parcouru beaucoup de distance quand l'énergie était vraiment manquante dans les montées un peu prononcées. J'aurais préféré continuer à mouliner fort mais la première vitesse demandait un peu d'effort que je n'avais parfois plus. Ceci dit, c'est arrivé relativement peu souvent. Je comprends l'appétence du plateau montagne de certains qui pratiquent les cols.
Cyclocamping en vélo Brompton - Annecy (France)
Conseils pour équiper votre Brompton pour la longue distance
Pour les longues distances, il faut à mon avis :
- Une position confortable
- Bien étudier les 3 points de contact (pédales, selle, poignées de guidon)
- Choisir une solution pour les bagages
- Avoir une gamme de vitesses convenable
Le Brompton a quelques inconvénients par rapport à un vélo conventionnel bien réglé :
- L'ajustement est limité au niveau hauteur/avance de guidon.
- Les mains souffrent en premier avec des longues distances, avec les pneus relativement fins et des petites roues sans suspension avant ça arrive plus vite sur un Brompton que sur un vélo de cyclotourisme.
- Pour des voyages en solo où je ne fais que du vélo, j'essaie de limiter les bagages afin de tout caser dans une grand sacoche avant Roltoptas.
- Une gamme de vitesses convenable, ce qui dépend de la personne et du terrain.
Il existe plusieurs possibilités pour élargir la gamme, les deux les plus économiques semblent être de passer de 2 à 3 pignons ou de rajouter un double plateau. La solution qui me plaît le mieux est le Rohloff, avec une gamme très large, des écarts de 14% environ entre chaque vitesse, une opération simple avec une seule commande, plus un entretien réduit par rapport aux autres solutions. Mais il faut soit prendre un triangle arrière spécifique, soit écarter le triangle existant à 135 mm, et le Rohloff coûte cher.

Solutions de bagages
Toujours pas résolu la quadrature du cercle avec le Brompton concernant les bagages. 80 kms de route avec le mistral de face me fait dire que le T bag (et consorts) n'est pas la panacée pour le positionnement des bagages mais que, également, la remorque n'est pas non plus la solution optimale. Il faudrait pouvoir repartir les bagages sur l'ensemble du vélo..Bref je cherche encore.
En ce qui concerne le chargement du Brompton, voici celui des vélos de ma petite-fille et du mien à la veille d'un voyage Strasbourg - "source" du Danube - véloroute du Danube jusqu'à Budapest en camping. Les sacs sur les porte-bagages viennent de chez Nautisport. Nous faisions en moyenne 80 km par jour. Le vent de face n'est pas plus gênant qu'avec un vélo chargé de manière classique avec des sacoches latérales. Je dirais même beaucoup moins, j'en ai fait l'expérience avec un cousin.
J'ai aussi pratiqué le sac à dos sur porte bagage à l'arrière et c'est assez stable pour envisager des longs trajets en effet.
Gestion des conditions météorologiques
Je n’aime pas rouler sous la pluie et ne pas pouvoir sécher d’un jour sur l’autre. J’utilise l’application Météo&Radar qui me permet d’anticiper le temps à venir et d’éviter de rouler sous la pluie. En Allemagne du nord où il pleut souvent, j’ai utilisé un grand poncho que je pouvais accrocher au guidon.
Avoir une tente spacieuse le soir, des vêtements adaptés (sur-chaussures, pantalon et veste de pluie) pendant la journée et chauds et secs pour le soir font beaucoup pour le moral. Une pause boisson chaude et des snacks réconfortants aussi. La meilleure des solutions me semble de se forcer à faire abstraction du désagrément. Notamment en se focalisant sur le caractère passager de la situation (par contraste, les journées ensoleillées qui suivront n’en seront que plus belles). Et aussi sur l’amplification des sensations permise par cet inconfort (un café instantané n’a jamais été aussi bon que sous un abribus pendant une pluie froide).
Une petite astuce : lors des fortes averses, on fait une pause le temps que ça passe, et s’il n’y a pas d’abri à l’endroit du déluge, on pose nos vélos, on sort la couverture de survie épaisse qu’on utilise quotidiennement comme dessous-de-tente et on les couvre avec. Ainsi nos affaires sont vraiment protégées de la pluie ce qui allège considérablement le stress des affaires mouillées. Il ne suffit « plus que » d’attendre que l’averse passe ! Pour nous, le poncho intégral est une bonne option pour rester au sec, rien de tel qu’un bon carré de bâche PVC (les goretex montrent vite leur limite).
Généralement lorsqu’il pleut, nous évitons de rouler et prévoyons une pause. Mais au Japon, nous n’avons pas vraiment eu le choix, la pluie était trop fréquente pour que l’on s’arrête à chaque fois. Nous avons acheté de bons ponchos, il n’y a vraiment rien de mieux pour rester au sec de haut en bas. Et il s’enlève et se remet facilement (contrairement au pantalon de pluie).
Confort et ergonomie
Sur mon vélo pliant Brompton, j’utilise depuis longtemps une selle SMP Medium Gel TRK (ergonomique : sans bec et avec un trou central qui réduit les pressions sur le périnée) et j’en suis ravie. Faire des pauses, porter un cuissard avec peau de chamois sur une selle rembourrée, lever son fessier dès que possible, alterner vélo et randonnée…
Les selles Brooks, des incontournables ! Passé les premiers 500 km, elles se font à nos derrières et sont pour nous le rempart absolu contre le mal aux fesses. À chacun son fauteuil idéal.
Le Brompton : un choix polyvalent pour l'aventure
Depuis quatre ans, je voyage avec un Brompton (notamment deux mois à travers l’Ontario et le Québec où je vis actuellement, et un tour d’Europe de trois mois), et c’est une des meilleures décisions que j’ai prises ! Des passants curieux me sourient et semblent surpris de voir un vélo chargé avec de si petites roues (16 pouces). C’est un modèle robuste sur lequel j’ai fait quelques adaptations pour améliorer le confort en itinérance (pneus longue distance, selle plus confortable, plateau 44 puis 39 dents pour mouliner plus, poignées ergonomiques, pédales plus confortables et légères, barre transversale sur le guidon pour installer GoPro, téléphone…). Je peux l’emporter partout très facilement (dans la tente, à l’épicerie, dans les trains et bus)...
Ce qui est magique avec le Brompton ce que vous pouvez prendre n’importe quel train (y compris les TGV) car plié un Brompton c’est très petit.
Nouveautés et évolutions du Brompton
Le Brompton passe à 12 vitesses. Le fabricant britannique de vélo pliant annonce cette semaine la disponibilité d'une version du petit anglais dotée d'une douzaine de vitesses. Concrètement, à quoi vont vous servir ces 12 vitesses sur un Brompton ?
Depuis sa naissance en 1975, le vélo pliant aux accents british est toujours fabriqué à la main, à quelques encablures de Londres. Depuis quelques années, la gamme se compose de deux modèles principaux, l'un musculaire, l'autre électrique ; les deux partageant un châssis quasiment identique. Le petit vélo pliant anglais est soit tout en acier (A line, C Line), soit embarque des éléments en titane (P Line). Cette semaine, Brompton annonce une nouvelle transmission 12 vitesses disponible pour son vélo pliant.
Pour résumer, la gamme actuelle vous autorisait jusqu'à alors à choisir entre monovitesse, 3 vitesses, 4 vitesses (uniquement sur le T-Line en titane) et enfin 6 vitesses. Sans être une révolution, ce passage en 12 vitesses du Brompton va donc permettre aux utilisateurs une plage de braquet beaucoup plus intéressantes. En 12 vitesses, le Brompton devient plus versatile.
Evidemment, le petit Brompton n'embarque pas un groupe Shimano GRX ou 105 en 12 vitesses. Vous ne verrez pas une énorme galette en 9-52 sur la roue arrière des futurs Brompton. En réalité, il s'agit d'un dérailleur arrière à 4 vitesses, couplé à un moyeu à vitesses intégrées de 3 vitesses. Oui, si vous faites le calcul, 3x4, ça fait bien 12. Finalement, ces 12 vitesses sont une demi-innovation.
S'agissant du moyeu, c'est encore la marque anglaise Sturmey-Archer aux commandes. Comme indiqué plus haut, on reste dubitatif sur l'intérêt de cette nouvelle transmission. D'autant plus que ce Brompton 12 vitesses ne sera pas accessible à toutes les bourses. Les tarifs démarrent à 3094€ pour un Brompton P Line Explore 12 vitesses.
Tableau des modèles et prix
| Modèle | Description | Prix |
|---|---|---|
| Brompton P Line Explore 12 vitesses | Version avec transmission 12 vitesses | 3094€ |
| Electric C Line Explore 12 vitesses | Version électrique avec transmission 12 vitesses | 3750€ |
| Electric P Line Explore 12 vitesses | Version électrique P Line avec transmission 12 vitesses | 4395€ |
| Brompton T Line | Châssis full titane et transmission 12V | 5599€ |
Champion de l’intermodalité, passe-muraille urbain, virtuose du vélotaf, mais aussi partenaire incontournable de vacances en bateau ou en camping-car et même compagnon de randonnée… Polyvalent, pratique, redoutablement efficace, le vélo pliant a tous les atouts d’un couteau suisse de la mobilité. Parce qu’il est petit, il est à l’aise partout. Mais sa taille l’expose aussi à de nombreux stéréotypes et croyances infondées. Peut-on vraiment faire confiance à ce vélo miniature ?