Le feuilleton Jeannie Longo semble n'être qu'à son commencement. Le quotidien L'Équipe révélait ce vendredi matin que la Française était sous le coup d'une suspension après avoir manqué à trois reprises à ses obligations de localisation. Dans le même temps, Longo s'est déclarée sereine dans un communiqué.
Et si, à 52 ans, la formidable carrière de Jeannie Longo, entamée en 1979 et ponctuée de très nombreux titres (59 nationaux, 13 mondiaux, 1 olympique), subissait un coup d'arrêt aussi brutal qu'inattendu ?
Joe Papp, obscur coureur reconverti dans les trafics, explique comment il a fourni de l'EPO à Patrice Ciprelli en avril 2007. Un témoignage accablant.
Le président de la Fédération Française de cyclisme (FFC), David Lappartient, a confirmé ce vendredi l'information rapportée par le quotidien L'Équipe selon laquelle la Tricolore était sous le coup d'une suspension (de 3 mois à 2 ans) pour avoir manqué, à trois reprises, à ses obligations de localisation (préciser ses lieux d'entraînement) ce qui, dans le code antidopage, équivaut à un contrôle positif.
"C'est effectivement une affaire qui est gênante, gênante pour Jeannie Longo elle-même, parce que cela peut ternir son image alors qu'elle ne le mérite pas du tout", a ainsi déclaré le patron du cyclisme français au micro d'Infosport+.
Réagissant par le biais d'un communiqué rédigé par son avocat Me Bruno Ravaz ce vendredi midi, Jeannie Longo s'est dite complètement sereine quant à la suite des évènements, faisant pleinement "confiance à la Fédération Française pour considérer sa situation de manière impartiale et objective.
Le communiqué poursuit en précisant que "depuis le début de sa carrière, Jeannie Longo-Ciprelli a été contrôlée plus qu'aucun autre athlète au monde sans que jamais les résultats laissent le moindre doute sur son exemplarité sportive."
Jeannie Longo devrait très prochainement être entendue par la commission de discipline de la FFC, à qui son dossier a été transmis par l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD).
Si l'exemplarité sportive de la quinquagénaire ne semble pas faire le moindre doute dans son entourage, Joe Papp, ancien coureur cycliste américain, ne croit pas à l'intégrité de Jeannie Longo.
Aujourd'hui âgé de 36 ans, Papp a couru essentiellement dans des équipes amateurs, effectuant un bref passage parmi les professionnels au milieu des années 1990. En 2006, il est contrôlé positif à la testostérone et reconnaît avoir également utilisé des stéroïdes et de l'EPO. Surtout, il avoue avoir vendu, pendant plusieurs années, des produits dopants à des coureurs cyclistes, jouant le rôle d'intermédiaire.
Collaborant depuis 2006 (notamment lors de l'affaire Landis, positif... Un témoignage plus que troublant, lorsqu'on sait que le troisième manquement de Jeannie Longo à son obligation de localisation a eu lieu alors qu'elle s'entraînait aux Etats-Unis, en vue des Championnats de France (lors desquels elle a remporté un nouveau titre national dans l'épreuve contre-la-montre).
Les officiels de l'USADA (l'agence américaine) s'étaient rendus à l'hôtel indiqué par la Française, sans finalement trouver trace de la quinquagénaire. Par conséquent, ils avaient alors immédiatement averti l'AFLD de ce troisième manquement, déclencheur d'une action disciplinaire.
Ancien cycliste de second rang, un temps professionnel dans l'équipe américaine Montgommery-Bell, (ancêtre de l'équipe US.Postal qui deviendra ensuite Discovery Channel), Joe Papp est connu pour d'autres choses que son talent sur un vélo.
Papp où l'itinéraire classique d'un repenti. Contrôlé positif à la testostérone sur le tour de Turquie le 7 mai 2006, Joe Papp est suspendu 2 ans par l'USADA (l'agence anti-dopage américaine).
Au cours de cette période sombre, il troque sa casquette de cycliste moyen contre celle peu enviable de fournisseur de produits dopant pour une partie du peloton.
A la tête d'un vaste réseau avec plus de 187 clients, «Mr 58%» (surnom donné en référence au taux d'hématocrite surréaliste qu'il affichait quand il pédalait encore) sert alors d'intermédiaire entre la Chine, où est fabriqué une EPO bon marché, et sa clientèle occidentale.
Ce réseau, qui répond au doux nom d'«Eposino», naît, selon Papp, à la suite de sa rencontre avec les fournisseurs chinois via l'intermédiaire d'un coureur cycliste américain très connu dont il refuse de donner le nom.
Passant par un site spécialisé dans la vente de produits dopant et profitant du bouche-à-oreille, sa petite organisation prospère de janvier 2007 à septembre 2007, et devient rapidement tentaculaire. Tellement énorme qu'elle ne peut plus rester discrète.
Le réseau est alors démantelé sous l'impulsion de la DEA (Drug enforcment administration, service de police fédéral américain engagé dans la lutte contre les trafics de drogues) et de l'USADA.
Sentant l'étau se resserrer, Papp passe aux aveux et livre l'ensemble des enregistrements, des transactions, des noms...
Parfaitement conscient de l'aspect inéluctable de la peine qui l'attend, il espère ainsi que sa collaboration active dans différentes affaires (l'affaire Landis ou le cas Leogrande) lui vaudrait une certaine clémence du tribunal.
Un timing parfait pour celui qui tente de prouver au quotidien son implication totale dans la lutte antidopage.
Mais avant de taxer Joe Papp d'opportunisme, on peut voir sur la page de son blog en date du 25 juin 2010 qu'il révèle, au moins en partie, les premiers éléments de son accusation.
Celle qu'il présente comme la toute récente championne de France de cyclisme (elle avait conquis son 56ème titre quelques heures auparavant), Jeannie Longo, apparait en photo aux cotés de son mari, illustrant un article résumant la course.
Plus que le contenu, c'est avant tout la catégorie dans laquelle Papp classe son message qui frappe : Cyclisme, Dopage, Femme.
Des insinuations vieilles de plus d'un an que l'intéressé a réitéré ce matin via son réseau communautaire.
Longo et son époux viennent d'apporter sur la radio RTL un démenti catégorique à toutes ces accusations.
Des fac-similés de courriels évoquant cette transaction d'achat d'EPO chinoise pour un montant de 500 € sont publiés par le quotidien, qui a donné la parole à Joe Papp, ex-coureur de deuxième zone devenu trafiquant avant d'être amené à collaborer avec les autorités américaines.
Les faits seraient couverts par la prescription au regard de la loi française (3 ans). Le produit en cause, l'EPOsino, est une copie d'EPO (érythropoïétine) fabriquée en Chine.
Joe Papp, contrôlé positif en 2006, a déclaré avoir mis en place un réseau de trafic international comptant près de 200 clients à partir d'une rencontre provoquée par « un coureur américain très connu », « un de ceux qui ont gagné un grand Tour », dont il a refusé toutefois de donner le nom.
Joe Papp a précisé ne pas avoir été en contact avec Jeannie Longo : « Ciprelli n'a pas mentionné son nom. Il a parlé de sa femme, c'est tout. "J'ai vendu de l'EPO à Ciprelli (le mari de Jeannie Longo, ndlr) à l'époque. Il a spécifiquement et directement demandé sur notre site ce que lui coûteraient 80.000 iu (unités) d'EPO livrées en France. Il a d'ailleurs indiqué que c'était pour sa femme".
Cette déclaration à l'Equipe de Joe Papp, ancien coureur cycliste arrêté en 2007 pour avoir participé à un vaste trafic de produits dopants, relance la polémique.
D'autant que le quotidien sportif publie des fac-simile des courriers électroniques échangés entre les deux hommes.
Alors, Jeannie Longo s'est-elle dopée au cours de sa longue carrière ? Les faits évoqués remontent à 2007 et seraient, s'ils étaient avérés, prescrits depuis 2010.
Mais cette annonce tombe mal pour la sportive préférée des Français. Jeannie Longo est actuellement mise en cause par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) pour un défaut de localisation.
L'AFLD lui reproche trois manquements en 18 mois aux règles de localisation qui imposent aux sportifs d'indiquer où ils se trouvent quotidiennement de 6 heures à 23 heures, avec un créneau préférentiel d'une heure par jour.
L'AFLD a sollicité la police "afin d'étudier les possibles suites pénales à donner à cette affaire". La Fédération françaises de cyclisme a elle aussi décidé d'ouvrir "une procédure disciplinaire à l'encontre de Patrice Ciprelli".
«Joe Papp, L'Équipe possède les preuves que Patrice Ciprelli, le mari de Jeannie Longo, vous a acheté de l'EPO en avril 2007. C'est vous qui me donnez son nom.
Il a spécifiquement et directement demandé sur notre site ce que lui coûteraient 80 000 iu d'EPO livrées en France.
Ciprelli n'a pas mentionné son nom. Il a parlé de sa femme, c'est tout.
Ciprelli a exprimé son intérêt pour l'achat d'EPO en s'enregistrant en tant que client éventuel sur le site eposino.com avant d'utiliser la messagerie du site pour poser des questions (...) sur la transaction. L'Eposino était et reste l'une des EPO les moins chères sur le marché.
Rien ne va plus pour la championne cycliste, sportive préférée des Français. Longo risque une suspension pour manquement aux règles antidopage et son mari et entraîneur Patrice Ciprelli est accusé d'avoir acheté de l'EPO.
Dans les faits, Jeannie Longo a manqué par trois fois à l'obligation de géolocalisation de l'agence Francaise de lutte contre le dopage (AFLD). Un règlement qui l'oblige à indiquer son lieu de résidence et son emploi du temps journalier, pour être à tout moment sujette à contrôle.
Le 20 juin dernier, alors qu'elle s'entraîne aux Etats-Unis en vue des championnats de France, Jeannie Longo ne se trouve pas à son hôtel à l'arrivée des contrôleurs américains mandatés par l'Agence Francaise.
Ceux-ci constatent un "no-show", le troisième en dix-huit mois. Une procédure disciplinaire de la Fédération Francaise de Cyclisme est enclenchée.
A l'instar du rugbyman Yoann Huget, elle risque trois mois à deux ans de suspension. Si sa participation aux mondiaux de Copenhague, du 19 au 25 septembre, semble d'ores et déjà compromise (l'AFLD n'aura vraisemblablement pas encore tranché à cette date), c'est sur la suite de sa carrière que les questions restent sans réponse.
A 52 ans, un arrêt prolongé de la compétition pourrait signifier une fin forcée. Difficile en effet d'imaginer un come-back à la Lance Armstrong, la cinquantaine passée.
Le corps finit un jour par répondre de ces années. Même quand on s'appelle Jeannie Longo.
Cyclisme, dopage, projets... Jeannie Longo se confie
Après un contrôle positif en 2006 sur le Tour de Turquie, il se reconvertit dans le trafic de produits dopants. Pendant un an, il est à la tête d'un réseau international de près de 200 clients et joue un rôle d'intermédiaire avec des revendeurs d'EPO basés en Chine.
Contacté par le site Velonation, il a sous-entendu qu'il pourrait être appelé à témoigner dans cette affaire. Dans une interview au journal L'Equipe ce mardi, il étaye ses accusations et révèle que Patrice Ciprelli, le mari de la cycliste, aurait sollicité ses services en avril 2007 et donné une adresse de livraison en France.
Depuis leur mariage, il y a plus de trente ans, les Longo-Ciprelli forment une petite entreprise familiale qui a marqué profondément le cyclisme francais.
Dans l'ombre des innombrables victoires de son épouse, Patrice Ciprelli joue les secrétaires particuliers et essuie de temps à autre les violents coups de gueule de sa femme. Tête pensante de ses courses, toujours en quête du petit détail technique qui fera gagner quelques secondes, Patrice Ciprelli pourrait désormais jeter le discrédit sur la carrière de son épouse.
Dans la foulée des accusations de Papp et L'Equipe, la Fédération Francaise de Cyclisme a annoncé mardi sa suspension à titre conservatoire et l'ouverture d'une procédure disciplinaire à son encontre. L'Isérois ne devrait pas en revanche être inquiété par la justice. Les faits qui lui sont reprochés, vieux de plus de trois ans, sont prescrits.
Rien ne permet pour l'heure d'affirmer que Jeannie Longo a été la destinataire de l'EPO que se serait procuré son mari.
C'est pourtant ce qu'affirme Joe Papp, le fournisseur américain. Il déclare que Patrice Ciprelli lui aurait indiqué au moment de la commande que "c'était pour sa femme". Sans toutefois apporter la preuve de ces échanges.
Jamais, dans sa longue carrière, les soupçons n'ont été aussi forts sur la doyenne des coureurs français. En 1997, Jeannie Longo avait été contrôlée positive pour un taux anodin d'éphédrine. Elle ne sera jamais condamnée, le Comité International Olympique décidant de relever le seuil considéré comme dopant de cette substance.
Cinq ans plus tard, elle avait obtenu la condamnation en diffamation d'un dirigeant de cyclisme qui l'accusait de dopage à la créatine.
Dimanche, il indiquait au Journal du Dimanche son intention de porter plainte contre Joe Papp. Il a demandé officiellement une audience au Conseil des experts de l'AFLD, pour tenter de contester le troisième avertissement de Jeannie Longo.
La date de la convocation n'a pas encore été fixée et sera déterminante dans le délai de traitement de l'affaire.
En trois décennies d'une carrière époustouflante, Jeannie Longo a empilé 4 médailles olympiques, 13 titres de championne du monde et 59 victoires en championnat de France.
Avec les années, les breloques s'amoncellent, mais la volonté, le plaisir, ont rarement montré signe d'érosion. Cette année encore, Jeannie Longo a remporté le titre de championne de France du contre-la-montre.
A moins d'un an des Jeux olympiques de Londres, sa huitième olympiade si elle y participe, la cycliste reste suspendue à la décision d'une Fédération qui ne badine pas avec le dopage.
Patrice Ciprelli, mari et entraîneur de la multiple championne de cyclisme Jeannie Longo, a été interpellé mercredi 8 février au matin par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP), a-t-on appris de sources proches de l'enquête.
Une perquisition était en cours au domicile du couple à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère), selon les mêmes sources, confirmées par son avocat, Me Bruno Ravaz.
"Je viens d'avoir l'information il y a quelques minutes, mais je n'ai pas encore eu accès au dossier", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant qu'il y avait "99,% de chances" que cette interpellation soit liée à "l'affaire Joe Papp".
Selon le quotidien L'Equipe du datant du 13 septembre 2011, M. Ciprelli aurait acheté de l'EPO chinoise en avril 2007, via un site Internet américain et par l'intermédiaire d'un ancien cycliste américain, Joe Papp.
Contacté par l'AFP, le parquet de Grenoble n'a pas souhaité faire de commentaires.
L'enquête visait notamment à "vérifier les circonstances dans lesquelles ont été effectués les éventuels achats de produits dopants" par M. Ciprelli "et ceux qui auraient pu y participer".
Dans le cadre de cette enquête, les gendarmes auraient identifié "au moins cinq opérations suspectes" opérées par Ciprelli auprès d'un fournisseur d'EPO étranger, deux en 2010 et trois en 2011, indique le site internet du journal L'Equipe mercredi.
Parmi les trois opérations effectuées en 2011, les enquêteurs auraient récupéré deux factures d'environ 500 euros chacune, identifiant un compte bancaire au nom de M. Ciprelli, ainsi que la nature de la marchandise importée par colis postaux, de l'Eprex, EPO de première génération, ajoute le quotidien sportif.
Michel Lucatelli, directeur de l'équipe de France de skicross, placé en garde à vue mercredi, serait allé chercher un colis pour son ami Patrice Ciprelli, selon L'Equipe.
A la suite des révélations concernant d'éventuels achats d'EPO par M. Ciprelli, la Fédération française de cyclisme (FFC) avait annoncé le lancement d'une procédure disciplinaire et la suspension du mari de la championne française.
Mais M. Ciprelli avait obtenu en octobre dernier l'annulation de cette suspension par le tribunal administratif de Grenoble.
Faits prescritsAucune preuve concrète n'est apportée.
Voici un résumé des accusations et des éléments clés de l'affaire:
| Acteur | Allégation/Élément |
|---|---|
| Joe Papp | Affirme avoir vendu de l'EPO à Patrice Ciprelli en 2007 pour sa femme, Jeannie Longo. |
| Patrice Ciprelli | Accusé d'avoir acheté de l'EPO chinoise via un site internet américain. |
| Jeannie Longo | Fait l'objet d'une enquête pour manquements aux règles de localisation de l'AFLD. |
| AFLD | Mène l'enquête sur les manquements aux règles de localisation et a sollicité la police pour étudier les suites pénales. |
| Fédération Française de Cyclisme (FFC) | A ouvert une procédure disciplinaire contre Patrice Ciprelli. |