Dominique Lapierre : Une Vie d'Aventure, d'Écriture et d'Humanitarisme

Né en 1931, Dominique Lapierre était un grand baroudeur. Fils de diplomate, il quitta Paris à dix-sept ans avec trente dollars en poche, travailla à bord d'un navire et débarqua aux États-Unis avant de sillonner l'Amérique du Nord sur pas moins de 45 000 kilomètres.

Journaliste passionné lié à Paris-Match, il a parcouru la planète en tous sens. Au plus fort de la guerre froide, il fut l'un des rares journalistes occidentaux à avoir ses entrées en URSS.

Cette année-là, il obtient l'autorisation, grâce à l'intervention de Vincent Auriol et du maréchal Boulganine, de faire un grand reportage en Union soviétique qu'il effectue avec le reporter photographe Jean-Pierre Pedrazzini, accompagnés de leurs épouses, Aliette et Annie.

Ils sont accompagnés du journaliste soviétique Slava ainsi que de son épouse Vera à partir de Moscou mais sans agents de l'Intourist. Ils effectuent un périple de 13 000 km en trois mois, de la Pologne jusqu'au Caucase, au volant de la première voiture occidentale à pénétrer dans l'URSS post-stalinienne, une Simca Marly.

Tombé sous le charme de l'Inde dans les années '70, il y orienta l'essentiel de ses activités, se prit d'affection pour les populations locales et se découvrit une vocation humanitaire. Il consacra plusieurs de ses ouvrages à la beauté et aux drames, humains ou économiques, de cette région.

Sa collaboration avec l'écrivain américain Larry Collins voit la publication de six livres à succès dont Paris brûle-t-il ? adapté au cinéma.

Un Auteur à Succès et un Humaniste Engagé

DISPARITION - Avec l'Américain Larry Collins, il avait vendu quelque 50 millions d'exemplaires de leurs six romans, dont Paris brûle-t-il ? René Clément a fait un film de ce récit de la Libération de Paris, le 25 août 1944, avec une pléiade de stars.

Après Paris brûle-t-il?, il poursuit sa fructueuse collaboration avec Collins : Où tu porteras mon deuil (1968, sur le torero El Cordobes), Ô Jérusalem (1972), Cette nuit la liberté (1975, sur l'indépendance de l'Inde) et le thriller New York brûle-t-il? Les deux hommes se complétaient admirablement. Lapierre enquêtait sur les services secrets français et Collins sur la CIA. Le livre achevé, Lapierre, l'extraverti, qui n'hésitait pas à introduire du lyrisme dans ses pages, partait faire la promotion dans le monde francophone et hispanophone.

Au début des années 80, après la parution de Cette nuit la liberté, il débarque avec son épouse chez Mère Teresa, à Calcutta.

À la suite du succès de son roman La Cité de la joie, vendu à plusieurs millions d'exemplaires et dont la moitié des droits d'auteur sont reversés pour lutter contre la misère en Inde, il crée des œuvres caritatives. Son livre a reçu le prix Vérité de la ville du Cannet en 1986. Le roman a été traduit dans plus de trente langues et adapté au cinéma, sous le même titre.

Retour dans la Cité de la Joie

Il fonde l'association « Action pour les enfants des lépreux de Calcutta » qui sera plus tard renommée « La Cité de la joie ». Ses actions ont permis de venir en aide aux enfants indiens, de créer des écoles, de mobiliser des bateaux-hôpitaux et d'aider les femmes de Bhopal.

Parmi d'autres initiatives, Dominique Lapierre, qui parlait couramment le bengali, avait ouvert plusieurs écoles dans la région. Une partie de leur financement provenait de la vente aux enchères (2006, 825.000 dollars) d'une robe portée par l'actrice Audrey Hepburn, dans le film Diamants sur canapé (1961).

«Ce n'est pas suffisant d'être un auteur de best-sellers, il faut se battre contre ces injustices que vous dénoncez dans vos livres», disait cet ancien journaliste, baroudeur énergique aimant la belle vie.

Après avoir écrit, seul, La Cité de la joie (1985), sur un bidonville de Calcutta, il donna une bonne part de ses droits d'auteurs aux miséreux qui l'avaient inspiré.

Les Dernières Années

Il vivait à Ramatuelle lorsqu'en 2012, en allant voter, il fait une chute et est hospitalisé, mais il reste fortement touché après sa sortie de l'hôpital. Il est pensionnaire d'un établissement spécialisé pour personnes âgées dépendantes.

Il était sous tutelle depuis 2014 en raison de sa santé. Le 5 décembre 2022, sa femme Dominique Conchon-Lapierre annonce le décès de l'écrivain au quotidien français Var-Matin.

Sa veuve a annoncé au quotidien régional Var-Matin «sa mort de vieillesse» à l'âge de 91 ans.

Dominique Lapierre meurt à Sainte-Maxime, le 2 décembre 2022 à l'âge de 91 ans.

Œuvres

  • Dominique Lapierre, Il était une fois l'URSS, Robert Laffont, octobre 2005, 200 p.
  • Dominique Lapierre, Il était une fois l'URSS : le fantastique raid automobile de deux jeunes couples français sur les routes interdites du pays des Soviets, éd.

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