La tuerie de Chevaline est un quadruple meurtre qui a eu lieu en Haute-Savoie, le 5 septembre 2012. Ce jour-là, sur les hauteurs du lac d'Annecy, au bout de la route forestière de la Combe d'Ire, quatre personnes ont été froidement abattues. Parmi les victimes figuraient trois membres d'une même famille britannique d'origine irakienne, et un cycliste originaire d'Ugine.

Le 5 septembre 2012, quatre personnes étaient froidement abattues sur le parking d'une route forestière, près de Chevaline (Haute-Savoie). Trois appartenaient à la même famille britannique et un cycliste français. Il s'agit de Saad al-Hilli, son épouse Iqbal, sa belle-mère Suhaila al-Allaf, et Sylvain Mollier, le cycliste.
Seules les deux fillettes du couple ont survécu. Les deux filles cadettes de la famille en vacances dans la région survivent au drame. L'aînée a été grièvement blessée. Leurs parents et leur grand-mère ont été tués par balles ainsi qu'un cycliste.
Dix ans plus tard, la vérité n'a toujours pas éclaté. Le mystère autour de cette affaire reste entier, malgré des milliers d'heures d'enquête et des centaines d'audiences. L'identité du tireur et les motivations de la tuerie de Chevaline restent encore aujourd'hui mystérieuses.
Les Pistes Explorées
En une décennie d'enquête, plusieurs personnes ont été suspectées, mais aucun coupable désigné.
- Conflit familial : Les enquêteurs se sont tout d'abord tournés vers la piste du conflit familial : un règlement de compte au sujet d'un important héritage au sein de cette famille anglo-irakienne. Le frère de Saad Al-Hilli, le père de famille tué d'une balle dans la tête, a été placé en garde à vue, mais la suite des investigations n'a rien donné.
- Vie de l'épouse : La vie de l'épouse de Saad al-Hilli, elle aussi tuée, a également été disséquée quand les enquêteurs ont découvert que son premier mari, un Américain, est décédé aux États-Unis, le même jour que la tuerie de Chevaline. La cause officielle du décès ? Une crise cardiaque et rien pour relier les deux affaires.
- Espionnage industriel : Comme Saad Al-Hilli était ingénieur et travaillait dans une société spécialisée dans les satellites, la piste de l'espionnage industriel a été suivie, là encore sans résultat.
- Piste locale : Les enquêteurs se sont aussi demandé si la piste n'était pas plutôt locale, favorisant cette fois l'hypothèse que le cycliste d'Ugine, Sylvain Mollier, soit la cible numéro 1. Sans plus de succès.
Le frère ? L'ex-mari ?
La tuerie de Chevaline, dix ans de mystères : retour sur un cold-case irrationnel
L'enquête et les investigations
Dix ans après, le dossier de la tuerie de Chevaline compte 95 tomes comprenant plus de de 8.000 pièces. Au début de l'enquête, 90 gendarmes de la section de recherche de Chambéry étaient mobilisés. Ils ont entendu des centaines de témoins, vérifié des milliers de numéros de téléphone portable, demandé des centaines d'analyses et placé plusieurs personnes en garde à vue, mais sans succès.
Aujourd'hui, un groupe d'une dizaine d'enquêteurs continue les investigations. Les éléments les plus importants de cette enquête hors norme ont été rentrés dans le logiciel Anacrim : un outil informatique qui permet aux gendarmes d'établir des liens entre différentes affaires. Ils gardent l'espoir, peut-être, de voir resurgir l'arme de la tuerie de Chevaline. Ce fameux pistolet Luger P06 avec lequel, le 5 septembre 2012, le ou les auteurs ont tiré à 21 reprises.
La Suisse a accepté de collaborer avec la France afin d’identifier le propriétaire de l’arme du crime, selon une information de L’Express.
Les Victimes
Le 5 septembre, Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, ont été tués par balles à Chevaline, près d'Annecy, où ils passaient des vacances, de même que Sylvain Mollier, découvert à côté de leur voiture.
| Victime | Age |
|---|---|
| Saad al-Hilli | 50 ans |
| Iqbal al-Hilli | 47 ans |
| Suhaila al-Allaf | 74 ans |
| Sylvain Mollier | 45 ans |
Les Développements Récents
En septembre 2022, un nouveau pôle du parquet de Nanterre dédié aux crimes non élucidés s'est saisi de l'enquête. L'affaire a été officiellement transférée au pôle "cold case" de Nanterre. Le pôle national dédié au traitement des crimes sériels ou non élucidés situé au tribunal judiciaire de Nanterre vient de récupérer le dossier de l'affaire "Chevaline".
En décembre 2023, une nouvelle expertise balistique a permis d’établir que l’arme « la plus probablement » utilisée dans la tuerie de Chevaline était bien un pistolet « Luger Modèle P06-29 », de calibre 7,65 mm, issue d’une série de 940 exemplaires fabriquée en 1935 en Suisse.
De nouvelles analyses ADN viennent d'être demandées par le pôle "cold cases" de Nanterre.
Le Cycliste Sylvain Mollier
Le procureur a donné des éléments nouveaux concernant les circonstances de la balade du cycliste sur ce chemin forestier sur les hauteurs du lac d'Annecy: c'était la première fois que ce père de famille de 45 ans, employé d'une filiale du groupe nucléaire Areva, venait pédaler à cet endroit, sur la route de la combe d'Ire, à Chevaline.
«La thèse numéro un, c'est que c'est une victime collatérale», a insisté le procureur. «A priori, il était là au mauvais moment au mauvais endroit», a-t-il ajouté, après un article paru sur leparisien.fr vendredi, et repris par plusieurs médias anglo-saxons, affirmant que le cycliste avait été tué le premier.
Les enquêteurs continuaient lundi à envisager «toutes les hypothèses, même les plus extravagantes», un mois et demi après la tuerie de Chevaline, et le cycliste abattu au côté du couple britannique al-Hilli restait considéré comme une «victime collatérale», selon le parquet d'Annecy.

Selon les enquêteurs, rien ne permet de déterminer dans quel ordre les quatre victimes ont été exécutées.