Dans notre pays, le sens du temps ne mène décidément pas vers plus d’ouverture internationale, d’interculturalité, de communication et de bonnes relations adultes/enfants. La notion de Droit appliquée aux plus faibles, a-t-elle seulement encore quelque pertinence ? Il n’y aurait ainsi plus « de droit au Droit », dans son sens inconditionnel, pour le « barbare », le « sauvageon », « le rrom », le précaire.
L’évolution du droit connaîtrait ainsi une courbe inversée et il semblerait que la seule chose que pourrait nous promettre l’avenir serait la réduction … du droit des autres. Ainsi, nous avons à réfléchir sur les effets d’un progrès à l’envers. Mais il semble bien que nous n’en soyons plus là et que nous ayons affaire à une autre logique: il y aurait en ce monde deux catégories de personnes , celles qui auraient des droits et celles qui n’en auraient pas .
La question n’est pas d’avoir accès ou pas à des droits fondamentaux qui de toute façon seront remis en cause six mois plus tard; l’essentiel est de redonner du sens , du contenu, de la relation à tous ces droits à partir de notre réalité première. L’atelier sculpture de citrouille fonctionne bien, de nombreux ados participent. On ne sculpte pas nécessairement un visage, on sculpte des 91, beaucoup de 91.
Mais la pédagogie sociale est aussi une « pédagogie des miettes »: elle fabrique de l’innombrable, du pléthorique, elle s’adresse à tous, elle ne pose aucune condition. Elle constitue en acte le droit indiscutable à l’éducation et à la vie sociale , miette par miette. Mais il y a le pain et il y a les miettes. Les miettes tout au contraire, ont peu de forme, peu d’unité et une quantité négligeable.
Ne formons nous pas les miettes de l’humanité? L’évangile chrétien ne cite-t-il t il pas, au détour d’une parabole, le droit absolu du chien à manger les miettes de pain qui tombent de la table? Il est particulièrement inquiétant pour toute société de voir cet élémentaire « droit des gens » attaqué, mis en cause, dénoncé et jeté en pâture à l’opinion. Car le droit « aux miettes » est le commencement de tous les droits.
Dans son livre, intitulé « De la Totalité », le philosophe, Christian Godin, entame une réflexion sur les relations entre le tout et la partie , l’uni et l’éparpillé. Le pain est un tout, un élément total, global qui désigne à la fois son contenu et son contenant. Mais pour l’homme, le pain n’est pas seulement son aliment , tiré de la nature, il est également son oeuvre, le résultat façonné de mille recettes. Aliment total, le pain est aussi l’image de la totalité.
Par contre, nous pouvons sans doute quelque chose pour ouvrir de nouveaux espaces de liberté chez les enfants, les groupes et les publics : espaces mentaux, communautaires, économiques et sociaux. Que reste t il alors au pédagogue, à l’éducateur pour agir et éduquer dans un tel contexte? Où va t il trouver la justification et le sens de son action? Peut il sans se renier, se contenter de faire « son » travail et d’ignorer un contexte si fort? Se contenter de favoriser l’accès à des droits qui se dérobent? Ignorer l’inefficacité de sa propre action?
A Robinson, nous aimons le pain et les copains, la mie et les amis et nous le fabriquons constamment entre nous comme un aliment universel et sans cesse différent; un aliment qui nous rassemble et nous distingue. Car ce pain, quelle est sa finalité si ce ne sont les autres? « Nous sommes partis de la graine, pour aller au pain, dans un mouvement qui embrasse et permet le futur ».
« …Mais en bout de chaîne, ce pain obtenu, quelle est sa finalité? Ce pain si appétissant capable d’assouvir ma faim, il devient plus qu’une nourriture si je l’offre à l’autre. Ainsi est le travail , ainsi est la culture en pédagogie sociale; tous deux porteurs d’avenir , lancées et implications dans le temps ; mais leur finalité est avant tout sociale.
Puis, avec les Robinsons, tous sont allés au devant des enfants et habitants du bidonville de Champlan , menacé d’expulsion sans solution à la veille de l’hiver. Une véritable cure d’énergie, un torrent de couleurs de forces .
Vendredi 31 octobre, faute de carriole, nous partons avec un caddie. Une fois aux abords du bidons-ville, Zoltan rentre dans le camp afin de prévenir les familles de notre arrivée. Quant à Mélody, Stéphane et moi-même, nous contournons car c’est compliqué de rouler avec le caddie dans la terre et les graviers. À peine enter sur la place grise et goudronnée où se déroulent les ateliers, de nombreux enfants arrivent en courant vers nous afin de savoir ce que nous allons faire.
Aujourd’hui, on a prévu de faire un temps sportif et un temps consacré aux craies de sol. Très rapidement chacun des enfants s’investit dans une des activités. Pour ma part je me lance dans une partie de « foot ». Je suis impressionné de voir comment l’organisation et l’investissement de l’espace semble facile pour ces enfants. En parallèle du sport, une grande partie des enfants s’est saisie de craies et est en train de transformer littéralement l’espace public. Nous sommes passés d’un décor sombre et gris à un arc en ciel de couleurs qui a envahi le goudron.
Il s’agit d’une réelle œuvre collective, autogérée par les enfants. Ils n’ont eu besoin d’aucune indication ou même de conseils pour réaliser leurs dessins. Pendant que je prends un temps pour discuter avec quelques garçons adolescents, Mélody improvise un jeu de mime qui se transforme en spectacle de chants. Quelques filles offrent un vrai moment de partage et de détente au reste du groupe en se lançant dans une interprétation d’une chanson anglophone.
Enfin, vient l’heure du goûter. Il s’agit d’un temps attendu avec impatience par tous les enfants. Je suis plutôt heureux de voir que ce temps commence à prendre forme. Car en effet, les fois précédentes, les enfants commençaient petit à petit à se poser, mais aujourd’hui j’ai pu remarquer une réelle évolution. Un geste qui m’a marqué est le fait que les grands ados qui restent un peu éloignés habituellement ou qui viennent simplement pour manger ont décidé de nous donner un coup de main afin de servir les gâteaux et les boissons. Ensuite ils se sont posés avec nous sur les nattes afin de partager ce moment avec les autres. C’est une évolution que je trouve importante. Peut-être est-ce une marque de confiance ?
Le moment du départ est toujours difficile. Que ce soient pour les habitants du camp et pour les pédagogues sociaux. Les enfants nous accompagnent jusqu’à la route en montant sur le caddie, en nous tenant la main ou en tentant de récupérer une part du matériel afin qu’on reste un peu plus. Pour ma part, c’est compliqué de partir et de me dire que nous reviendrons que dans une semaine. Pour finir, la route du retour jusqu’au local nous permet de faire un petit débriefing à chaud.
Aujourd’hui c’est haloween!!!! Une superbe soirée. Alors que l’on s’installe, la soirée commence à se peupler de monstres vampires et zombies en tous genre, qui surpassent de loin nos vulgaires chapeaux pointus industriels. Dans le même temps, un jeu de loup-garou est organisé et joué par les grands et petits. Les villageois gagnerons mais ils ne seront plus que deux survivants pour onze participants au départ. Ensuite, arrive le moment de la distribution de bonbons qui se déroule pendant la partie conte. J’ai raconté un conte d’Halloween devant un public attentif même après la distribution de bonbons. Mais je me suis fait détrôner par Binta qui a raconté une histoire des plus effrayantes et pourtant manifestement improvisée. De plus, les jeux de société ont rencontrés un certains succès!
Un atelier très riche aujourd’hui. Des enfants en demande de connaissance et participatifs bien qu’un peu dissipés. Nous avons commencé par un exercice écrit simple. Il s’agissait de colorier en différentes couleurs des éléments selon leur placement dans l’espace, devant ou derrière. L’exercice a été plus ou moins compris mais réalisé par tous. Ensuite, les injonctions ont été remplacées par des sons. Trois coup sur le bilboquet aigu signifiant « devant », trois coups sur le grave signifiant « derrière ». L’exercice a bien fonctionné et nous a, tous, amusé. Nous avons réussi a atteindre une bonne vitesse avec des arrêts nets entre chaque partie.
Après une petite pause, nous avons repris un exercice sur papier dans lequel il fallait mettre les choses par ordre de grandeur, ou compléter un ordre incomplet. Encore une fois, un exercice très bien compris par Susano et Ronaldo, qui ont orienté Alex et Laurenzo. En associant le 3 au triangle et le 4 au carré, je leur ai demandé de me trouver une forme correspondant au 6. On tâtonne, on se demande, le feutre part dans tous les sens, puis avec notre aide, ils ont compris. Un autre exercice, ressemblant à une suite, à été très bien compris. Nous avons goûté calmement, dans la bonne humeur, dans les règles de l’art encore une fois.
Voila une journée très calme , très agréble et plutôt tranquille car le ciel nous a rendu une visite inattendue cet après-midi pour nous chauffer avec ses rayons de soleil. Les petits comme les grands sont invités à participer. Les plus légers montent sur le dos des grands et les grands sont les pilliers de nos constructions humaines ! Comme la dernière fois, les grands veulent tellement aider les plus jeunes qu’ils les manipulent comme des poupées. Il va falloir qu’ils apprennent à les laisser faire et découvrir par eux-mêmes parce que les petits aussi sont capables !! Il y avait à leur disposition une belle panoplie de jeux de société et du coup s’en sont suivi des parties effrennés ! Cependant, certains avait plus envie de dessiner tranquillement sur une paillasse à l’écart des éclats de rire !
Une deuxième partie du groupe était au local. Nous avons joué à des jeux éducatifs sur internet. Un jeu décrivait le parcours de la grue norvégienne qui migre en hiver. On joue également à placer les os du corps humain au bon endroit en faisant glisser des mots (parfois très compliqués) sur le squelette. On a donc appris beaucoup de nouveaux mots scientifiques. C’est une première rencontre. Avec la présence de Victoria, nous avons découvert un site, basé sur le même modèle que l’imagier trilingue roumain, français, romanes. Adelina, Narcissa et Raul apprennent à distinguer les trois langues. Les deux filles s’agitent et veulent manifestement tester notre espièglerie, mais nous ne sommes pas super clients. On goûte.
Nous partons Kevin, Iasmina et moi (Virginia) pour Bel Air à pied car il n’y a pas de camion de disponible. Comme d’habitude nous avons installé notre petit atelier : échecs, mikado, cordes à sauté etc. Du coup, Kevin a passé l’après midi à faire un foot avec les garçons, Iasmina faisait des scoubidous avec les petits et les grands, filles ET garçons ! Quant à moi, j’ai réussi à faire 6 parties de Loup Garou avec les ados. Aucun enfant n’a changé d’atelier et pour la première fois, les jeux d’échecs, de mikados et les Kapla n’ont pas fait l’unanimité. Au bout d’un moment, nous avons tout de même décidé de prendre le goûter, en retard tellement nous étions dans notre atelier.
En route pour Wissous avec Laura, Evelyne, moi - Flora et même le soleil qui vient de pointer le bout de son nez! Aujourd’hui il y a pas mal d’enfants qui sont là, comme d’habitude nous sommes super bien accueillies et tout le monde nous aide à installer l’atelier. Même Inès est là alors qu’elle a très mal à la gorge. Elle reste dans une couverture sur les genoux de sa maman. Puis tous réclament leurs cahiers, ils veulent des exercices! Cet après-midi nous proposons des exercices d’écriture, diverses formes à tracer avant d’arriver aux lettres elles-mêmes. Chacun va à son rythme, certains enfants arrivent à écrire des mots et d’autres sont encore dans l’apprentissage de former une lettre. Les plus jeunes font des constructions avec les plots et les kaplas, jouent à la dinette ou font des coloriages. Pour la suite de l’atelier Evelyne propose la pâte à modeler. Laura fait quelques jeux avec d’autres enfants, ils veulent construire la tour eiffel (nouveau jeu) mais malheureusement on a pas assez de temps pour la finir.
« Nous, les Coureux, les Bohèmes, les camps-volants, les nomades, les caraques, les Romé, les Manouches, les Yeniches, les Sinté, les Gitans, appelez-nous comme vous voudrez - c’est ainsi -, nous sommes les survivants d’un long destin de sang. Peuple rejeté, peuple dénigré, livré aux préjugés, à la discrimination, nous avançons depuis longtemps sur des chemins hasardeux. Nous sommes infatigables parce que nous sommes Tsiganes de la tête aux pieds. O tchavo, un enfant, c’est fait pour dire la vérité. Paraît qu’elle sort spontanément de nos bouches. Tant pis si nous avançons de travers, comme c’est mon cas. Tant pis si nous nous mettons hors la loi et marchons vers le vague, les lèvres fendues, la tête basse. Tant pis si l’idée de la morale se débine devant nous.
Même, je vais balayer large dès que je reprendrai la parole. On va m’entendre loin. Au jeu de qui c’est qu’est fautif, pas question de me laisser faire. J’ai trop d’élan ! Trop de haine et de fiel accumulés. Il faut que je les perde !
De nouveaux petits mais aussi toute une ribambelle de pré-ados qui nous ont expliqué que les vacances au quartier, c’était un peu la galère...c’est vrai qu’avec toutes nos nouvelles activités, nous n’avons pas pris l’initiative de proposer un week-end ou mini séjour de vacances pour nos jeunes Robinsons et surtout les pré-ados qui se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes pendant les longues journées de vacances…mais c’est promis, dès que nous retrouverons un peu de sérénité dans le fonctionnement de nos nouveaux locaux et nouveaux projets, nous conconcterons quelque chose pour vous !
Je suis partie 8 jours à Issy les Moulineaux avec 6 enfants du quartier : Nadine, Dainké, Anna, Jean, Toni et Corentin pour participer à la Fraternity Cup. Nous en ressortons tous plus grands, plus riches et plus forts.
Aujourd’hui, une vingtaine d’enfants étaient présents, nous avons sorti les tentes car la grisaille se faisait oppressante. Un petit peu de bruinasse finalement, mais ça va. Au programme : tarte aux pommes pour la cuisine avec Virginia, aidée de Nabintu, Awa et autres petites. Quant à Laura, elle tenait la tente jeux de société qui paraissait très animée ! Quelques garçons agés d’environ 12ans étaient extrêmement motivés à faire des jeux. A 16h, nous avons fait le conseil de quartier, qui est critiqué par quelques uns des jeunes garçons qui estiment qu’il ne sert pas à grand chose. Malgré tout, ils se sont installés avec nous et nous avons essayer de les faire parler sur le pourquoi du comment. Après beaucoup de difficultés, nous avons fini par pouvoir donner le goûter, la tarte leur a plus malgré tout.
Même, je vais balayer large dès que je reprendrai la parole. On va m’entendre loin. Au jeu de qui c’est qu’est fautif, pas question de me laisser faire. J’ai trop d’élan ! Trop de haine et de fiel accumulés. Il faut que je les perde !
La pédagogie sociale est une approche qui vise à promouvoir l'inclusion sociale, l'éducation et le bien-être des individus et des communautés. Elle s'appuie sur des principes tels que la participation, l'autonomie et la solidarité. Voici quelques exemples de projets mis en œuvre dans le cadre de la pédagogie sociale :
- Ateliers créatifs et éducatifs : Ces ateliers permettent aux enfants et aux jeunes de développer leurs compétences, leur créativité et leur confiance en soi. Ils peuvent porter sur des thèmes variés tels que l'art, la musique, le théâtre, le sport, l'environnement, etc.
- Accompagnement scolaire et professionnel : Cet accompagnement vise à aider les personnes en difficulté à réussir leur parcours scolaire et à s'insérer professionnellement. Il peut prendre la forme de soutien scolaire, de coaching, d'orientation, etc.
- Actions de sensibilisation et de prévention : Ces actions visent à informer et à sensibiliser le public sur des problématiques sociales telles que la discrimination, la violence, la pauvreté, etc. Elles peuvent prendre la forme de campagnes d'information, de conférences, de débats, etc.
- Projets de développement communautaire : Ces projets visent à améliorer la qualité de vie des habitants d'un quartier ou d'un village. Ils peuvent porter sur des thèmes variés tels que l'aménagement de l'espace public, la création de jardins partagés, l'organisation d'événements culturels, etc.
Ces projets sont mis en œuvre par des professionnels de la pédagogie sociale, tels que des éducateurs spécialisés, des animateurs sociaux, des travailleurs sociaux, etc. Ils travaillent en collaboration avec les populations concernées afin de répondre au mieux à leurs besoins et à leurs attentes. La pédagogie sociale est un outil puissant pour lutter contre l'exclusion sociale et promouvoir une société plus juste et plus solidaire.

Voici une table qui illustre les différents types d'activités et les objectifs qu'ils peuvent atteindre :
| Activité | Objectifs | Public cible |
|---|---|---|
| Ateliers d'écriture | Développer l'expression, la créativité, la confiance en soi | Enfants, adolescents, adultes |
| Jeux de société | Favoriser le lien social, l'apprentissage des règles, la coopération | Enfants, adolescents, familles |
| Activités sportives | Promouvoir la santé, le dépassement de soi, l'esprit d'équipe | Enfants, adolescents, adultes |
| Sorties culturelles | Ouvrir à de nouveaux horizons, stimuler la curiosité, favoriser l'échange | Enfants, adolescents, familles, adultes |
L'importance du jeu chez l'enfant
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