Le Lapierre CrossHill 5.0 de première génération avait été apprécié en 2021 pour le confort et le dynamisme procurés par son cadre en aluminium, malgré un poids dépassant les 11 kg. La firme dijonnaise a donc développé un nouveau châssis en carbone, le CrossHill CF 7.0, voulu plus léger, plus performant et tout aussi polyvalent.

Un cadre en carbone innovant
Le cadre en carbone UD SL présente un design original, avec des haubans légèrement cintrés au-dessus des pattes arrière et à leur extrémité supérieure, juste avant de s'aplatir et de s'attacher au tube supérieur en contournant le tube de selle. Inspirée de ce que la marque exploite déjà sur ses VTT Cross-Country haut de gamme, cette technologie baptisée 3D Tubular est censée favoriser le confort en isolant la selle des vibrations et impacts provenant de la roue arrière et en offrant aux haubans une plus grande souplesse verticale. En carbone UD SL également, la fourche, est visuellement plus sobre, mais sa finition est soignée et elle complète parfaitement ce châssis.
L'ensemble intègre joliment les câbles (fils électroniques en l'occurrence) et durits de frein, paré d'une splendide peinture pailletée qui prend magnifiquement la lumière.
Équipement et composants
L'équipement est à l'avenant du tempérament promis pour ce CrossHill 7.0 puisque Lapierre a opté pour un groupe Shimano GRX 825 Di2, en double plateau dont la qualité et le fonctionnement sont d'ores et déjà reconnus. On peut discuter le choix du double plateau selon ses propres affinités, mais notez si vous êtes comme moi plutôt adepte du mono, que le CrossHill est aussi disponible avec ce type de transmission que ce soit en mécanique ou électronique.
Le cintre en carbone présente un dessin particulier qui combine un léger rise, une partie supérieure aplatie, un drop assez important et un petit flare out de 12°. Lapierre dit avoir voulu donner un esprit plus Allroad que purement Gravel à ce cintre, mais le résultat prouve qu'il est parfois préférable de miser sur la simplicité. Le CrossHill CF 7.0 se contente de roues DT Swiss GR 1600 Spline avec jantes en aluminium, d'une tige de selle et d'une potence elles-aussi en aluminium. Tout est de bonne facture, parfaitement fonctionnel et efficace.
S'il y a bien sûr plus léger, plus performant et plus luxueux sur le marché, le vélo affiche néanmoins un poids contenu sous les 9,5 kg. Notez que le CrossHill est chaussé de pneus WTB Raddler en section 44 mm qui laissent encore un peu de dégagement de part et d'autre dans le triangle arrière et dans la fourche.
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Impressions et comportement sur route
Probablement à cause de l'attache des haubans en avant du tube de selle, le CrossHill CF semble court visuellement. Mais l'impression disparaît à l'usage. Cette taille L est parfaitement coupée pour votre serviteur et son 1m82, les pilotes plus grands qui recherchent plutôt une position redressée seront également bien servis avec cette taille, mais s'ils sont amateurs de vélos longs, ils devront opter pour la taille supérieure puisque la potence est ici déjà en 100 mm de longueur.
Les premiers coups de pédale font immédiatement ressentir un dynamisme appréciable, ça répond bien, sans inertie. Bien sûr, le comportement serait encore plus explosif avec des roues plus haut de gamme en carbone, mais en l'état le vélo traduit déjà très bien les efforts déployés par le pilote en mouvement et donne une très agréable impression de légèreté à la relance. On est aussi délicieusement surpris par son rendement dans les bosses quand on roule au train.
C'est agréable sur sol dur et sur route où les pneus WTB Raddler se révèlent bien moins gourmands en énergie que ce que nous laissait imaginer leur profil généreusement cramponné. C'est encore plus plaisant dans les grimpettes cassantes où le CrossHill fait preuve à la fois d'une belle agilité et d'une appréciable motricité. Ça grimpe bien, même en tout-terrain, grâce notamment à la polyvalence de la transmission 2x12 vitesses et aux plus petits développements proposés par le plateau 31 dents marié avec la cassette 11-36… Et quel plaisir de passer les vitesses d'une imperceptible pression sur les palettes de commande.
On a le droit d'être contre le modernisme exacerbé et l'électronique, mais avouons quand même que le confort d'utilisation apporté par le Shimano Di2 (comme par le Sram AXS d'ailleurs) est proprement addictif. Le vélo est tout aussi à son aise lorsque la pente s'inverse. Dans cette descente lardée d'ornières creusées par la pluie, il fait preuve d'une stabilité rassurante, même si on laisse la vitesse augmenter.
Les vibrations sont bien absorbée par le cadre qui travaille comme prévu. Précis dans la direction, docile dans les appuis et efficace quand on prend de l'angle, le CrossHill CF se prête aux choix de trajectoire les plus fantaisistes. Fidèles à leur réputation, les freins Shimano sont puissants, mordants et pour autant faciles à doser. On est en maîtrise pour attaquer dans les descentes sans arrière pensée, jusque dans les sentiers scabreux ponctués d'obstacles traitres où le Lapierre se révèle amusant à piloter, facile et jamais piégeur.
Les mains bien calées aux cocottes, on peut être audacieux à son guidon. C'est un peu moins vrai si on aime piloter les mains au bas du guidon, la faute au cintre dont la partie basse est trop courte et peu confortable, imposant une position peu naturelle qui oblige à casser les coudes et le dos. A dire vrai, ce cintre est un mystère.
Lapierre nous a confié avoir voulu retrouver le même "shape" que celui qui avait été apprécié sur l'ancien CrossHill, mais avec une construction en carbone plutôt qu'en aluminium. La mayonnaise n'a pas pris et ce cockpit ne nous convainc pas. La position du CrossHill étant intrinsèquement assez haute, le rise du cintre est superflu.
Si la position aux cocottes est certes plutôt sympa, la protubérance dans le prolongement des cocottes ne donne pas un super feeling dès que l'on prend un peu de recul. De même, la partie droite de part et d'autre de la potence n'est pas non plus très agréable. Le méplat est mal orienté, plongeant trop vers l'arrière, il impose de casser les poignets. C'est d'autant plus criant que Lapierre a choisi de ne pas le recouvrir de ruban jusqu'au plus près de la potence, ce qui aurait sûrement rendu la chose moins gênante.
Il faudra qu'on nous explique cette mode qui consiste à ne pas utiliser l'entièreté du ruban de guidon pour gagner 20g au déficit du confort et de la prise en main… Bon évidemment, on chipote. Si on excepte ce guidon discutable, ou qu'on l'apprécie (après tout, pourquoi pas ?), l'impression générale à l'issue du test du CrossHill CF est, in fine, très satisfaisante. On a pris beaucoup de plaisir à l'utiliser.

C'est incontestablement un excellent vélo, bon partout, efficace et agréable sur tous les terrains et que l'on roule vite ou plus dilettante. Il comblera les amateurs éclairés et exigeants quel que soit leur niveau de pratique.
Tandems électriques et adaptations
Il est à noter que des membres de l'Amicale Cyclo Tandemiste utilisent des kits d'électrification de vélo, allant de 250 watts à 1000 watts. L'électrification peut être une solution intéressante pour les tandems, notamment pour compenser les difficultés en montée ou pour les personnes ayant des limitations physiques.
Lorsqu'on envisage un tandem, il est important de prendre en compte les besoins spécifiques des utilisateurs, notamment en termes de taille et de vision. Des adaptations peuvent être nécessaires pour assurer le confort et la sécurité de tous les participants.
Voici un tableau récapitulatif des caractéristiques du Lapierre CrossHill CF 7.0 :
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Cadre | Carbone UD SL |
| Fourche | Carbone UD SL |
| Transmission | Shimano GRX 825 Di2, double plateau |
| Roues | DT Swiss GR 1600 Spline |
| Pneus | WTB Raddler 700x44 |
| Poids | Moins de 9,5 kg |
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