Le dopage est une problématique complexe et persistante dans le monde du sport, et particulièrement dans le cyclisme. Cet article vise à explorer la définition du dopage, son histoire, les raisons qui poussent à son usage, et les mesures mises en place pour lutter contre ce fléau.

Contrôle antidopage dans le cyclisme
Définition du dopage
Il y a dopage à partir du moment où un sportif utilise des substances ou méthodes interdites pour améliorer ses résultats à l’entraînement et en compétition.
La liste des substances et méthodes mentionnées est celle qui est élaborée en application de la convention internationale mentionnée à l’article L. 230-2 ou de tout autre accord ultérieur qui aurait le même objet et qui s’y substituerait.
La dernière en date est la loi n°2008-650 du 3 juillet 2008 qui étend la pénalisation, au delà de l’usage, à la simple détention de produits ou procédés interdits et prend en compte les exceptions liées à un besoin thérapeutique, les procédures de contrôle sont également plus détaillées.
L’interdiction prévue ne s’applique pas aux substances et procédés pour lesquels le sportif dispose d’une autorisation pour usage à des fins thérapeutiques conformément aux modalités prévues par l’article L.
Histoire du dopage
De tout temps, l’homme a cherché à améliorer ses performances par des moyens artificiels. En effet, les premières notions de dopage datent de l’Antiquité.
Les chinois connaissent depuis plus de 3 000 ans les vertus stimulants du ginseng.
Selon MILON de CROTONE, les athlètes du VIème siècle avant J-C.
Au Ier siècle avant J-C., PLINE LE JEUNE (ou selon les auteurs PLINE L’ANCIEN) indique que les coureurs de fond de la Grèce Antique utilisaient des décoctions de PRELE (Equisetum) pour se contracter la rate et prévenir les abandons lors des courses de longue durée.
Le XXème siècle découvre et utilise le dopage clinique.
1960 : suspicion de dopage du coureur cycliste danois ENEMARK mort à l’arrivée de la course des 100 km aux J.O.
1968 : le CIO impose les premiers contrôles antidopage aux J.O.
1976 : 2300 contrôles aux J.O.
1984 : J.O.
1988 : J.O. de Séoul, une dizaine d’athlètes déclarés positifs dont le célèbre Ben JOHNSON (aux anabolisants), disqualifié après sa victoire et son record du monde sur le 100m.
1994 : Jeux Asiatiques d’Hiroshima, 11 sportifs chinois dont 7 nageurs contrôlés positifs.
En 1998, pendant le Tour de France, apparaît au grand jour l’« Affaire Festina ».
Les premiers J.O. datent de 776 avant J.-C. et se sont déroulés tous les 4 ans pendant près de 12 siècles.
Pourquoi le dopage ?
« Les coureurs font des efforts tellement surhumains pour Monsieur tout-le-monde qu’on a l’impression qu’on ne peut pas réaliser ces efforts de manière naturelle.
Le sport est devenu un enjeu politico financier énorme. Comme toutes les autres activités de spectacle, il se trouve donc pris dans la spirale de l’argent.
Les J.O. revêtaient une telle importance que pendant leur déroulement, tout conflit était suspendu.
Nombre de récompenses étaient réservées aux vainqueurs.
Des produits médicaux ou scientifiques sont détournés pour l’amélioration des performances, quel que soit le prix à payer.
Les manipulations sanguines, génétiques et biologiques sont désormais connues et utilisées de façon illicite par les sportifs.
Aucun sport n’est à l’abri et toutes les fédérations sont concernées.
Lutte anti-dopage
C’est dans les années 60 que va se dessiner en Europe une ébauche d’action antidopage concertée suite à la mort du Danois KNUT JANSEN lors de l’épreuve cycliste sur route des J.O. de Rome.
Le CIO décida d’instaurer un contrôle antidopage et en 1963, mise en place d’une commission d’experts par les États Membres du Conseil de l’Europe (Congrès Olympique de Madrid).
Ces mesures furent relayées en 1967 par l’HCI. On attendit 1968 pour voir l’application des premiers tests aux J.O.
En France, la première Loi Anti-Dopage apparaît en 1965 (dite « loi Mazaud », avec une définition très précise du dopage mais seul l’état décide et agit en la matière.
Il va ensuite progressivement associer les fédérations sportives à son action et renforcer son armement juridique par les décrets de Juin 1966 et Août 1967.
Création d’une autorité administrative indépendante chargée de veiller à l’efficacité de la lutte contre le dopage: le C.P.L.D.
Création d’un réseau cohérent de prise en charge, avec mise en place d’un numéro vert gratuit et anonyme« Ecoute Dopage ».
Coordination de la recherche en matière de médecine du sport et de lutte conte le dopage.
La mise en place d’un contrôle antidopage répond à des normes strictes de respect d’une procédure afin d’éviter les contestations juridiques.
Tout sportif licencié peut en compétition ou à l’entraînement être soumis à un contrôle anti-dopage.
En cas de contrôle positif, une mise en place d’une contre-expertise sera effectuée à la demande du sportif qui, en cas de confirmation de ce contrôle, sera convoqué en première instance par la procédure disciplinaire de sa fédération.
Le C.P.L.D. peut faire appel des sanctions.
L’Agence Mondiale Antidopage (AMA) a été fondée en 1999 à titre d’organisation internationale indépendante.
Les mesures préventives et répressives prévues par la loi du 23 mars 1999, doivent servir à protéger le sportif et à lui garantir une pratique saine.
Il ne faut pas oublier que le dopage est avant tout une tricherie qui en plus peut gravement nuire à la santé.
Parfois ils peuvent même les défaire et les détruire.
Les représentants du C.I.O.
Engagé depuis 17 ans pour un cyclisme crédible dans sa définition la plus large possible, le MPCC n’a jamais cessé de délivrer un discours de responsabilité envers les acteurs du cyclisme, qu’ils soient coureurs, agents de coureurs, managers d’équipes, encadrants, organisateurs de courses.
Si l’état sanitaire du peloton s’est indéniablement amélioré depuis une quinzaine d’années, notre mouvement a toujours choisi la prudence et rappelé qu’il fallait être acteur de la lutte antidopage pour que notre sport puisse continuer à vivre.
Ce combat reste d’actualité alors que la professionnalisation toujours plus poussée des équipes se matérialise dans des méthodes d’entraînement toujours plus scientifiques, poussant les coureurs à leurs limites.
C’est un signe positif d’un cyclisme toujours en quête de maturité, ouvert au progrès mais qui n’a pas pour autant renié son esprit de pratique à dimension humaine, proche de ses supporters, accessible au plus grand nombre et convivial.
| Année | Nombre de cas de dopage et/ou fraude sportive (professionnels) |
|---|---|
| 2023 | 28 |
| 2024 | 22 |
Pourtant, les performances extraordinaires de certaines têtes d’affiche ont ravivé le spectre de la triche auprès de certains suiveurs.
Vigilant quant aux pratiques dopantes, le MPCC n’a pas tardé à tirer la sonnette d’alarme, à la mi-2024, lorsque des usages médicamenteux détournés (utilisation du Tapentadol, réputé plus puissant que le Tramadol, interdit par l’AMA) ou des méthodes d’amélioration de la performance aux limites du dopage (inhalation de monoxyde de carbone) se sont fait jour.
Ces pratiques montrent que pour certains « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé » et qu’ils ne veulent pas être « acteurs de la lutte anti-dopage ».
Face à ces menaces pour la crédibilité du cyclisme, nous souhaitons que de nouvelles lignes rouges soient clairement tracées.
Le MPCC et ses membres restent dans l’attente des résultats d’une étude d’impact sur les corps cétoniques et rappelle qu’il déconseille, comme l’UCI, son utilisation depuis 2019, en attendant les résultats de cette étude.
Ils espèrent également que l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) prenne rapidement position, notamment sur l’inhalation du monoxyde de carbone.
Le MPCC a formellement demandé à l’AMA, le 19 novembre 2024, l’interdiction rapide de ces pratiques. Sans réponse à ce jour.
Le monoxyde de carbone comporte un risque potentiellement mortel en cas de prise non contrôlée et son inhalation se trouve, dans le même temps, en zone grise sur les méthodes interdites.
En effet, le monoxyde de carbone empêche le sang de transporter l’oxygène, favorisant ainsi l’hypoxie recherchée dans les stages en altitude.
Son traitement pourrait entrer dans la catégorie « Manipulation de sang ou de composants sanguins » établie par l’AMA.
Dans ce contexte, nous avons finalement dénombré 22 cas de dopage et/ou fraude sportive chez les professionnels sur route, piste, VTT et BMX ainsi qu’en paracyclisme au niveau international.
Le bilan 2024 est ainsi inférieur aux 28 cas recensés en 2023.
Pour près des deux tiers, les sportifs incriminés couraient à l’échelle Continental au moment de leur contrôle positif ou de leur infraction à un règlement sportif.
Deux de ces coureurs évoluaient à l’échelon World Tour et dans des équipes membres de notre mouvement, au moment de la révélation de ces cas.
Cependant, le MPCC regrette que d’autres équipes, non-membres, n’aient pas eu une attitude plus stricte vis-à-vis de certains coureurs suspendus, qui ont rapidement pu retrouver le chemin de la compétition après avoir purgé leur peine pour dopage.
Là encore, ce n’est pas être « acteur de la lutte anti-dopage ».
L’actualité de ces derniers mois nous renforce donc dans notre positionnement sur l’antidopage, pour le cyclisme mais plus largement pour le sport en général.
Le cyclisme n’est que le neuvième sport le plus touché, loin derrière l’athlétisme (172 cas recensés) et les sports de force (92 cas en haltérophilie, 66 en force athlétique).
La tendance à la hausse s’est confirmée pour le MMA (27 cas), dont les chiffres peuvent être expliqués par la légalisation en France de cette discipline depuis le 1er janvier 2020 et donc la multiplication des tournois, susceptibles d’être contrôlés par l’AFLD.
Cet état des lieux du dopage en 2024 ne pouvait être conclu sans les secousses qui ont touché l’élite du tennis, masculin et féminin, puisque deux de ses stars ont été citées dans des affaires : Jannik Sinner, n°1 mondial contrôlé positif au clostébol en mars puis blanchi par l’ITIA, l’Agence internationale pour l’intégrité du tennis, et Iga Swiatek, considérée comme la meilleure joueuse de terre battue au monde et elle aussi n°1 mondiale au cours de l’année passée.
La Polonaise a été suspendue un mois pour une contamination à la trimétazidine.
Ces défis montrent que la lutte contre le dopage peut parfois être une gageure, tant elle nécessite des moyens financiers importants et une unité de tous les acteurs du sport (associations sportives, athlètes, fédérations, organisateurs d’événements).
Le discours et l’attitude doivent être sans complaisance envers les tricheurs car il en va de la crédibilité du sport dans son ensemble.
Ce sont pour toutes ces raisons que le MPCC insiste pour que chacun devienne « acteur de la lutte antidopage ».
« À mesure que tu continueras de faire du sport, la question du dopage se posera de plus en plus. En effet, tu pourrais subir un contrôle, certains de tes adversaires tricheront en prenant des substances interdites et tu pourrais toi-même être tenté de le faire.
« Une équipe comme la nôtre (Groupama-FDJ) a environ 250 contrôles antidopage par an, ce qui est beaucoup mais ce qui est normal. Si on veut un sport propre il faut des contrôles antidopage. Si on ne met pas de radar sur une route, il n’y a jamais d’excès de vitesse ».
« Le cyclisme paye son passé », assure-t-il.
D’où les réactions de coureurs tels que Thibaut Pinot et Guillaume Martin : « ils défendent leur sport qui a toujours cette étiquette de sport de dopés. Ils supportent des contraintes énormes et ils veulent laver leur honneur.
« Mon tweet (3 mots) qui fait tant réagir est tombé sur Nadal mais ça aurait pu être un golfeur, cavalier, handballeur, basketteur, escrimeur, rugbyman, haltérophile, skieur, footballeur, surfeur, cycliste, etc. », a répondu mardi Thibaut Pinot aux critiques sur sa prise de position.
« Si un coureur en a besoin parce qu’il est blessé ou malade, notamment pour des soins de mésothérapie, on est obligé de trouver d’autres moyens de le traiter. Quand un coureur a besoin d’une infiltration, on est obligé de le stopper. Il s’ensuit un arrêt de travail de sept jours, c’est la règle aussi bien internationale que française ».
Seule exception, le recours à une médication injectable dans le cas d’un coureur victime la nuit d’une maladie gasto-entérite avec des vomissements, des douleurs abdominales importantes.
« Par définition, en cas de vomissement, on ne peut pas prendre de comprimé ou autre médicament par voie orale. On peut avoir alors recours à des injections, mais il faut le justifier le plus tôt possible à l’UCI.