L'Histoire Fascinante des Scooters Français : Une Rétrospective

Le scooter, un véhicule motorisé à deux roues, est devenu un moyen de locomotion populaire grâce à sa maniabilité et son design attrayant. Bien que souvent associé à la Vespa italienne, le scooter a également une histoire riche en France, avec des marques emblématiques et des innovations notables.

Chaque pays a vu apparaître ses constructeurs locaux, et la France ne fait pas exception. Moins connus que les Vespa, les modèles français s’appelaient Peugeot mais aussi Terrot, Monet-Goyon ou Radior. Ils méritent évidemment une place dans notre garage du cœur.

Les Origines du Scooter en France

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la célèbre marque italienne des scooters au look rétro qui en est l’inventeur. Le premier véhicule s’apparentant à un scooter apparaît, en 1902, par la société Auto-Fauteuil. C’est son siège luxueux, complet avec des accoudoirs, fixé au-dessus du moteur, qui donne son nom au véhicule. La machine fonctionnait à l’huile de coude puisqu’il fallait la démarrer avec une manivelle.

Après la Première Guerre mondiale, la machine est dépassée ; mais c’est bien aux français que l’on doit l’origine de ce deux-roues motorisé. En 1922, l’actrice Gaby Morlay est photographiée sur un petit engin baptisé « scooter ».

Cette photographie est publiée dans l’Histoire de l’automobile et du cycle éditée par le magazine L’Illustration avec pour légende : « En 1922, parmi les automobiles à deux roues, on vit apparaître la plus petite de toutes, le scooter. C’est là un terme anglo-saxon, qui appartient à l’argot américain. Il signifie à peu près : qui court, qui file, et s’appliquait à un instrument amusant, en vérité un grand jouet. C’était la pédalette dont se servaient les enfants, à laquelle on avait appliqué un petit moteur à explosion. C’était une motocyclette pour rire, ou pour sourire. Mais elle n’a pas vécu. ».

Peugeot : Un Acteur Majeur de l'Industrie du Scooter en France

Tout le monde connaît Peugeot, le constructeur automobile français. Depuis sa création, Peugeot a su se diversifier et conquérir le marché des deux-roues motorisés. C’est en 1810 que l’entreprise Peugeot voit le jour. A ses débuts, il s’agit d’une entreprise familiale de sidérurgie.

Puis, en 1889, Armand Peugeot souhaite s’orienter vers le marché automobile. Fort de cette première expérience avec les véhicules motorisés, Peugeot se met à concevoir son premier modèle de moto en 1898. Peugeot continue ses recherches et conçoit d’autres motobicyclettes dont une en 1901 dotée d’un moteur à explosion.

Puis, en 1914, on voit arriver la Peugeot 500 M une cylindrée de 500cm3. Les motos Peugeot prouvent de nombreuses fois leur compétitivité en gagnant des records et prix. Ainsi, le pilote Rembrandt Fowler gagne la course Tourist Trophy de l'Ile de Man avec une moto équipée d’un moteur Peugeot en 1907.

A partir des années 50, Peugeot Motocycles augmente son catalogue et ne conçoit plus exclusivement des motos. La Peugeot 103 a vu le jour en 1971. Destinée à un public jeune, la Peugeot 103 séduit par son accessibilité, son style et ses couleurs mythiques. Cependant, les années 1990 sonnent la fin de l’air des mobylettes.

Parmi leurs premiers modèles on trouve le Peugeot Metropolis 50 sorti en 1984. Les années passent et les scooters ne sont plus uniquement destinés à un jeune public. C’est pourquoi on voit arriver de plus en plus de maxi-scooter. Ces nouveaux véhicules additionnent la prise en main simple et rapide du scooter aux moteurs performants des motos.

Aujourd’hui, Peugeot Motocycles est toujours très présent sur le marché des deux-roues motorisés. Peugeot a laissé de côté les motos pour se spécialiser dans la création et production de scooters et maxi-scooters.

L'Europe du milieu des années cinquante vit toujours dans une certaine pauvreté, l'essence est encore chère dans la plupart des pays, y compris la France. Ceux qui pouvaient s'offrir un scooter ou une moto se souciaient avant tout d'économie à l'achat, de fiabilité et de faible coût d'entretien.

Les constructeurs d'après guerre plutôt orientés vers la moto eurent la clairvoyance de s'orienter vers la production de cyclomoteurs et scooters. Peugeot est le dernier des trois grands constructeurs de deux roues français à s’y lancer. Le constructeur a recherché au maximum la simplicité d’emploi et la protection de l’usager.

Conçu comme une automobile, le scooter Peugeot en comporte bien des avantages, tels que boîte à gants, importante fermant à clefs, coffre avant et même des crics remplaçant la béquille centrale classique. Son nez rappel le capot des 203, sa coque aux lignes aérodynamiques allège sa silhouette générale qui lui est souvent dite « lourde ».

Comme une voiture moderne le scooter Peugeot est confortable, rapide et propre. Présenté au Salon de l’Automobile en 1953, le scooter Peugeot ne manque pas de faire effet. La production des premiers S 55 démarre tout doucement avec la sortie de 3 000 unités seulement en 1954.

L'année suivante, en 1955, le S 55 cède la place au S 57 qui se distingue par sa commande de vitesses non plus au plancher mais au guidon par poignée tournante « à l’italienne ». La fabrication en série débute vraiment en 1955, où près de 10 000 scooters S 57 sont construits. Cette année là, le S 57 était vendu à 138 500 anciens francs + 950 AF pour la roue de secours et la 2ème selle.

En octobre 1955 sort le S 57 AL pour « allégé » car il ne comporte qu'une seule selle et le S 157 avec un moteur de 150 cm3. En octobre 1956, sortie du S 57 B et S 157 B avec pour modifications le phare qui passe du tablier au guidon. Ils se munissent d'un carburateur GURTNER T18 pour le 125 cm3 et un T20 pour le 150 cm3.

Le filtre à air est plus important avec une prise d’air sur le côté gauche de la coque. Le robinet d’essence devient accessible par une ouïe sur le côté droit de la coque. Les selles sont en caoutchouc identiques au Lambretta LD. La production tombe à 5 500 unitiés en 1956.

En octobre 1957, sortie du S 57 C qui change d’aspect se rapprochant du profil de la Vespa avec l’abandon du coffre à l'avant au profit d’un garde-boue oscillant. Il est munie de roues 3,50x10 et passe de 4,6 CV à 5,1 CV. Une version 150 cm3 est disponible : le S 157 C.

La production remonte à 6 000 unités en 1957, pour rechuter en 1958. Touché de plein fouet par l'augmentation des tarifs d'assurance, le scooter amorce un lent déclin. Peugeot persiste pourtant en 1959, plus pour éponger ses stocks que pour des raisons commerciales.

Faisant les comptes pour juger de la rareté du modèle, on arrive à un grand total d'environ 30 000 scooters S 55 et S 57 fabriqués pendant près de 8 ans. Le scooter Peugeot fût aussi construit sous licence Automoto.

En 1957, le Peugeot S 57 devient l'Automoto S A3 et le Peugeot S 157 devient l'Automoto KS A3. Griffon FMC situé non loin des usines de Beaulieu-Valentigney dans le Doubs se mit aussi à en produire. Le Peugeot S 55 devient le Griffon S 555 et le Peugeot S 57 devient le Griffon S 557.

Autres Marques Françaises de Scooters

Outre Peugeot, d'autres marques françaises ont marqué l'histoire du scooter :

  • Terrot: Avec le Terrot VMS2 (1953), la marque de Dijon tentait de proposer une alternative plus abordable face aux références italiennes Vespa et Lambretta.
  • Monet-Goyon: La Starlett (1953), plus vélomoteur léger caréné que véritable scooter, disposait de grandes roues et d’une coque autoporteuse.
  • Radior: La Mouette (1954) est un bon exemple du foisonnement de productions françaises, plus ou moins artisanales et plus ou moins excentriques.
  • ACMA: Constructeur français particulièrement italianophile, ACMA fabriquait des Vespa sous licence Piaggio et produisit également le TAP56, un deux-roues militaire.
  • Manufrance: L’Hirondelle (1956) est un 125 cm3 très étroitement dérivé de la gamme Bernardet.

L'Impact de la Vespa

La Vespa, originellement produit par Piaggio après la seconde guerre mondiale a fortement popularisé le scooter comme moyen de locomotion économe et stylisé. Construit à base de pièces d’avions avec des techniques aéronautiques. La première vague de scooters, des années 1950 au milieu des années 1970 constitue un véritable phénomène de société et chaque pays voit apparaitre leurs constructeurs locaux.

Dans les années 1980, de nouvelles versions de scooters ont été lancées sur le marché, avec un certain succès, particulièrement au Japon et en Extrême-Orient. Cette nouvelle vague de scooters a commencé à s’étoffer en devenant plus sportifs, en améliorant les parties cycles, jusqu’à aujourd’hui.

Avec la sortie du « Honda Ruckus » une nouvelle tendance avant-gardiste a été proposée. Le style classique de la Vespa reste très populaire. En revanche, le Vespa reste le plus commun et le plus copié de tous les dessins de scooter.

Dans les années 2000 on voit apparaître des Scooters à trois roues avec plusieurs configurations possibles, avec notamment 2 roues placées sur l’avant, avec le MP3 de Piaggio doté d’un système pendulaires, ou 2 roues à l’arrière dans un style plus custom.

Tableau Récapitulatif des Marques Françaises de Scooters

Marque Modèle(s) Emblématique(s) Période d'Activité Particularités
Peugeot S55, S57, 103, Metropolis 1810 - Aujourd'hui (scooters depuis 1953) Diversification, modèles confortables et rassurants
Terrot VMS2 Années 1950 Alternative abordable aux Vespa et Lambretta
Monet-Goyon Starlett Années 1950 Vélomoteur léger caréné
Radior Mouette Années 1950 Production artisanale et excentrique
ACMA TAP56 Années 1950 Fabrication de Vespa sous licence, modèle militaire
Manufrance Hirondelle Années 1950 Dérivé de la gamme Bernardet

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