Nous allons parler dans cet article des « umbrella girls », profession tant décriée mais ô combien importante. Les umbrella girls, comme son nom l’indique, ce sont des filles avec un parapluie. Leurs fonctions au départ est de ‘simplement’ tenir le parasol au dessus du pilote sur la grille de départ pour qu’il soit à l’ombre et qu’il n’est pas trop chaud, mais leur travail est beaucoup plus important que cela, il en va de mettre en valeur une marque, un pilote, un sponsor en attirant l’attention sur elles. C’est du marketing !
La tradition des umbrella girls, ces jeunes femmes généralement peu habillées - ou alors avec des vêtements très près du corps ! - censées abriter les pilotes du soleil sur les grilles de départ des courses moto, est-elle amenée à disparaître? Cette mesure pose question sur l'avenir des umbrella girls tout court. Peut-on s'attendre à les voir disparaître d'autres compétitions mondiales?
C'est le souhait de plusieurs défenseurs de l'image de la femme, qui ont déjà eu gain de cause dans d'autres sports. Mais le fait est que cette "tradition" n'est plus au goût de certains, qui dénoncent le machisme et la ringardise de cette vision de la femme. Force est de constater que pendant les procédures de départ, ces jeunes femmes sont avant tout des supports publicitaires...

Les arguments pour le maintien des umbrella girls
Toutefois, les umbrella girls payées pour porter un parapluie pendant trois jours dans un environnement plutôt festif portent-elles réellement atteinte à l'image de la femme? Sans surprise, la plupart des réponses étaient négatives, la plupart des fans de circuit restant très attachés à cette tradition.
Interrogé à son tour sur le sujet en marge de la conférence de présentation du GP de France, Johann Zarco s'est lui aussi montré critique de la décision des patrons de la F1, espérant qu'une mesure similaire ne s'étendra pas au MotoGP. «C'est ridicule cette interdiction, on part dans une mauvaise spirale, estime Zarco. C'est un métier. On fait du spectacle. Lorsqu'on va sur un GP, il y a un show. «Je suis heureux que, dans la moto, on les ait encore et j'espère vraiment que ça ne sera pas interdit», plaide-t-il. «On ne dégrade pas du tout la femme, on la met en valeur et c'est génial.
Claude Michy s'est pour sa part félicité du maintien des hôtesses qui abritent les pilotes sous un parapluie ou une ombrelle sur les grilles de départ des Grand Prix moto, regrettant «le puritanisme et l'hypocrisie» qui ont présidé, selon lui, à la décision des nouveaux propriétaires américains de la F1 de rompre avec cette tradition. Il regrette qu'on prive ces jeunes femmes d'exercer «un vrai métier, qui nécessite des qualités», ce dont plusieurs d'entre elles se sont d'ailleurs plaintes dans les médias et sur les réseaux sociaux.
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Le témoignage d'une umbrella girl
Parmi les umbrella girls présente ce week-end au Mans, une Sarthoise, Angelina, se montre enthousiaste : « Être en plein cœur du truc, c'est génial », assure-t-elle. « Je suis motarde. J'adore mon travail et, si ce n'était pas le cas, je ne le ferais pas. Personne ne nous force à le faire ! ». Les 5 minutes que j’ai pu discuter avec Stéphanie m’ont permis de comprendre que le métier de umbrella girl est particulier, ces femmes ne se sentent pas du tout exploités et que c’est un véritable travail où elles s’éclatent.

L'évolution du rôle des umbrella girls
« Au départ, ce rôle était tenu les petites copines des pilotes, ou les mécaniciens. Comme au Grand prix d'Espagne, où le job est devenu « mixte il y a deux ans. Sur la grille de départ, il y a les hommes côté pair et les femmes côté impair. Ils et elles sont plutôt habillés en costumes traditionnels andalous », témoigne Jean-Aignan Museau. « Et pourquoi pas des hommes ? », ajoute-t-elle.
«Notre proposition est très simple», résumaient les conseillers andalous : "que les fonctions et le travail des femmes sur le circuit soient dignes et qu'elles ne soient pas utilisées comme des objets. Point final". L'idée fait son chemin et ces dernières années, les constructeurs semblent pris en tenaille entre d'un côté le glamour générateur de rêves - et d'actes d'achat ?!
Qui dit show autour de la MotoGP dit sponsor, qui dit sponsor et MotoGP dit umbrella girls. « Le parapluie, c'est pour protéger le pilote mais aussi pour montrer la marque.
Si elles ont déserté les grilles de la Formule 1, remplacées par des enfants, les grid girls de la Moto GP seront toujours présentes avant les courses cette saison. À ce jour, les grid girls MotoGP font de la résistance, là où leurs consœurs de la F1 ont été évincées. En dehors de l'initiative locale - et vaine - d'un parti politique catalan l'an dernier, les hôtesses des Grands Prix MotoGP ne sont pas menacées à ce jour, la Dorna n'ayant pas suivi les traces de ses homologues de la F1.
"Si on part sur ces dérives, on peut penser que le Moulin Rouge va s'arrêter, le Lido, le Crazy Horse, le Salon de la lingerie", pointe-t-il, assurant que si une loi devait interdire la présence d'hôtesses, celle-ci serait bien entendu respectée. Puisque ce n'est pas le cas à ce jour, "au Grand Prix de France moto vous aurez les charmantes hôtesses qui feront leur métier", indique-t-il, "et c'est une pratique qui pour nous est importante.