Le cyclisme français est riche en histoires de familles passionnées par ce sport exigeant. Parmi elles, la famille Simon occupe une place particulière. Cet article explore l'histoire de cette dynastie, de leurs exploits sur route à leurs reconversions professionnelles.
François Simon : L'Enfant du Pays
Alors que le Tour est déjà joué, il est un coureur qui a coché depuis bien longtemps ce 22 juillet sur son calendrier. François, le cadet des Simon, s’est juré d’accomplir ce qui passerait pour un exploit historique, à savoir gagner dans sa ville natale.
Il a déjà tout planifié avec Jean-René Bernaudeau, le directeur technique de l’équipe Bonjour et ancien coéquipier de son frère Pascal : « L’idéal, c’est de partir dans une échappée 30 ou 40 kilomètres après le départ… je vais provoquer avant d’arriver à Troyes. Il fait chaud dans la cité belfortaine en ce samedi matin de juillet.
Les rescapés de cette 87e édition vont devoir avaler une avant dernière étape marathon de 254 kilomètres, la plus longue du Tour 2000. Dès les premiers kilomètres, le Petit Sim’, bandana solidement noué sur la tête, applique son plan en se positionnant aux avants postes du peloton et lance une première attaque. Ce n’est pas la crevaison dont il est victime au 70e kilomètre qui peut atteindre son moral. Au kilomètre 139, il déclenche une nouvelle offensive. Il est rejoint par Sébastien Hinault et Grégor Gwiazdowski.
L’écart se creuse mais lentement, la faute aux coureurs de l’US Postal qui impriment un bon tempo. Les trois hommes passent au pied de la Croix de Lorraine avec plus d’une minute d’avance. Dès Lignol-le-Château, les Aubois se sont amassés sur le parcours pour encourager et pousser « l’enfant du pays ». Alors que le peloton relâche sensiblement son effort, les trois échappés possèdent un peu plus de 4 minutes d’avance en traversant Bar-sur-Aube, à 52 kilomètres du but.
Grâce aux écrans géants disposés sur le boulevard Victor-Hugo, où est tracée la ligne d’arrivée, les Troyens croient fermement au succès de cette échappée fantastique. L’ambiance est électrique. Daniel Mangeas, la voix du Tour, chauffe la foule et vient interviewer Jérôme Simon. « il lui faudrait 6 minutes pour être bien », commente-t-il.
Malheureusement, sur la très rectiligne D619 et avec un vent de face défavorable aux échappés, les Telekom se mettent à rouler. Ils veulent mettre sur orbite leur sprinter Eric Zabel. À Lusigny-sur-Barse, l’écart est retombé à la minute. Quand bien même ! Avec panache et détermination, l’aubois lâche ses deux partenaires d’un jour. Il entre seul dans Saint-Parres-aux-Tertres à 5 kilomètres de l’arrivée. François Simon est transcendé par les acclamations des supporters qui le poussent à poursuivre jusqu’au dernier souffle. Mais il ne peut résister à l’irrémédiable retour du peloton qui l’avale sur le boulevard Pompidou, à 1800 mètres du but. Quel cruel dénouement!
La descente vers le boulevard Delestraint sert de rampe de lancement aux équipes qui veulent jouer la gagne. Devenu inévitable, le sprint massif d’une centaine de coureurs tourne à l’avantage de Zabel. De peu! Le prix de la combativité lui est remis sur le plateau de France Télévision. Maigre consolation. Pascal, son frère aîné, sait « qu’il vient de faire un truc énorme » et le Maire de Troyes, François Baroin, déclare « je ressens beaucoup de tristesse d’avoir vu François échouer si près du but, mais je ressens aussi une immense fierté ».
Le dimanche matin, la foule se presse en gare de Troyes pour un départ inédit. Les coureurs prennent le mythique Orient Express pour rejoindre l’ultime étape parisienne et ses Champs Elysées. Les héros du Tour, Virenque et Jalabert en tête, prennent le temps de signer les autographes et de poser pour la photo souvenir. Naturellement, une ovation est réservée au Petit Sim’ quand il se présente accompagné de sa famille et de ses amis. Jamais les voyageurs d’un train n’avaient créé une telle ferveur dans un hall de gare bondé!
Petit dernier de la célèbre fratrie champenoise des Simon (ses frères aînés Régis, Pascal et Jérôme ont tous été professionnels), François Simon a su se faire un nom et un prénom au cours de ses douze années de professionnalisme (1991-2002). François Simon le défendit trois jours à travers les Alpes et au début des Pyrénées avant de concéder la tunique dorée à Lance Armstrong vers Saint-Lary-Soulan. Il se classa 6ème et 1er Français de cette édition 2001 du Tour de France.
François, vous avez mis un terme à votre carrière fin 2002. Je me suis lancé dans l’artisanat il y a cinq ans. Je m’occupe surtout de rénover des maisons. J’ai toujours bien aimé le bricolage. J’ai commencé par acheter un corps de ferme que j’ai complètement rénové seul. C’est la maison dans laquelle j’habite désormais. Ça m’a bien plu et de là j’ai créé une micro-entreprise dans le secteur de Bercenay-en-Othe, à 15 kilomètres de Troyes. J’essaie de trouver des bâtisses à rénover puis à revendre. C’est une activité à laquelle j’avais pensé en arrêtant ma carrière, sans que ce soit encore trop concret.
Tout à fait. J’ai d’abord acheté un hôtel-restaurant à Eaux-Puiseaux, dans l’Aube, que nous avons baptisé « L’Etape du P’tit Sim ». C’était plus un investissement qu’une véritable reconversion professionnelle. J’ai demandé des renseignements aux gens que je connaissais et j’ai appris sur le champ. Ça a été une expérience, elle a duré quatre ans, mais elle s’est finalement très mal passée avec mon associé et les employés. Et j’ai préféré tout arrêter.
Je n’ai plus roulé. J’ai été pendant au moins six ans à ne pratiquement plus faire de sport. Et puis je me suis mis à la course à pied, comme beaucoup d’anciens cyclistes. J’avais envie de refaire du sport et je connaissais du monde qui courait. Courir trois quarts d’heure ou une heure, c’est très bien, alors que faire du vélo ce n’est pas terrible si on n’a pas au moins deux heures à y consacrer à chaque sortie. Mais je m’y suis remis tout doucement depuis trois ans puisque je pratique désormais le triathlon. Je me débrouille pas trop mal. J’ai disputé cette année le Triathlon de Gérardmer sur longue distance : 1900 mètres de natation, 95 kilomètres de vélo, 21 kilomètres de course à pied.
Oui, c’est là où je rattrape un peu plus de temps bien sûr. Mais je me fais plaisir dans chacune des disciplines. Même en natation, que tout le monde redoute un peu en triathlon. Faire du vélo ou courir, chacun sait le faire, qu’on s’y défende ou non. La natation, c’est autre chose. J’ai régressé, c’est sûr. Je n’ai aujourd’hui plus du tout le niveau que j’avais lorsque j’étais professionnel. Je serais bien incapable de faire une course de 150 kilomètres à 45 à l’heure ou un chrono à 48 de moyenne. Sur du plat, j’arrive néanmoins à faire des chronos de 40 kilomètres à 39/40 de moyenne.
De ma carrière, on m’en parle encore beaucoup, c’est sûr. Qu’il s’agisse de mes clients qui ont suivi le vélo ou des gens qui m’ont vu arriver dans le triathlon. Moi aussi j’y repense régulièrement. D’autant que le temps passe très vite. J’ai du mal à penser que ça fera bientôt quinze ans que j’ai été champion de France. Je suis très content d’avoir fait ce que j’ai fait. Je choisirais la même voie si c’était à refaire.
Des bons souvenirs, j’en garde quelques-uns. Le titre de champion de France à Charade en 1999, ça reste le meilleur. J’avais toujours rêvé d’entendre la Marseillaise sur un podium, ce jour-là j’ai accompli mon rêve. L’étape de Troyes dans le Tour 2000 reste également un très grand souvenir.
Oui, ça m’est déjà arrivé. Avec mes deux filles, ça nous est arrivé de se repasser la cassette du Championnat de France 1999 ou du Tour de France. Elle s’en souvient un petit peu. J’essaie de regarder un peu les résultats. Et quand des courses passent à la télé, et que j’ai le temps, je regarde.
Jules Simon : La Nouvelle Génération
Parce que l’Île-de-France est considérée comme un incroyable vivier de talents, qui ont percé au plus haut niveau, notre série d’articles « Vous allez (bientôt) entendre parler d’eux » vous propose de partir à la découverte de pépites franciliennes auxquelles on prédit un avenir doré.
Il y a eu les trois frères Turgis (Jimmy, Anthony, Tanguy), Florian Richard Andrade et, maintenant, Jules Simon. À 17 ans, le lycéen en terminale au Lycée Marie-Curie de Versailles perpétue la belle tradition en cyclo-cross de l’US Métro, devenue depuis le mois de juillet, le Team Cycliste Linas Montlhéry.
L’US Métro baissant ses budgets destinés au sport et donnant la priorité à d’autres disciplines que le cyclisme, l’emblématique président Rémy Turgis a décidé de créer un nouveau club dans la ville où il réside. « J’aurais pu tout arrêter car il y avait beaucoup de contraintes juridiques et financières, explique-t-il. Mais les coureurs et les partenaires m’ont suivi. Je ne pouvais pas laisser tomber les mômes comme ça. On a mis douze coureurs différents sur les podiums nationaux et internationaux ces dernières années. Quand je vois ce qu’est capable de réaliser Jules (Simon), ça donne de la force pour continuer.
TOUR DE FRANCE 2025 : LES MEILLEURS MOMENTS
Simon Madiot : De la Route aux Courses Hippiques
Directeur sportif de l’UC Cholet depuis novembre 2018, Simon Madiot quittera le monde cycliste au 15 juin. Il deviendra rédacteur-pronostiqueur pour un site de paris en ligne sur les courses hippiques.
Il s’appelle Madiot. Papa se prénomme Yvon, l’oncle Marc. La Mayenne a adopté depuis longtemps la famille, installée à Renazé. C’est là qu’a grandi Simon. Le patronyme est gravé dans l’histoire du cyclisme français. Dur d’y échapper.
Mais l’horizon du petit Simon offrait une autre ligne aux yeux du gamin mayennais. Celle du haras familial. J’ai passé mon enfance entouré de chevaux. Mon père et mon grand-père (Marcel) possédaient un élevage de chevaux de course. Des poulinières aussi. Marc a même conjugué les deux. En 1984, il a couru sur l’hippodrome de Craon contre un trotteur.
Les Simon : Une Famille de Champions
La famille Simon a marqué l'histoire du cyclisme français à travers différentes générations. Des frères aînés de François, Régis, Pascal et Jérôme, tous professionnels, à la nouvelle génération incarnée par Jules Simon, le nom Simon résonne avec passion et détermination dans le monde du vélo.
| Nom | Principales Réalisations |
|---|---|
| François Simon | Champion de France, 6ème au Tour de France 2001 |
| Jules Simon | Jeune espoir en cyclo-cross |
| Simon Madiot | Directeur sportif de l'UC Cholet |