Damien Monier : Un Palmarès Éclectique Entre Giro et Tour de Guadeloupe

Damien Monier, cycliste français, a marqué sa carrière par des performances notables tant en Europe qu'outre-mer. Retour sur les moments clés de son palmarès.

Dans une autre vie, Damien Monier était coureur professionnel chez Cofidis (neuf saisons), il prenait part au Tour de France en 2010 et, la même année, il remportait une étape du Giro, en solitaire, dans la montagne.

Arrivée de Damin Urcel lors du prologue de ce 74ème tour cycliste de Guadeloupe

La Victoire Éclatante au Giro d'Italie

Après Jérôme Pineau à Novi Ligure, un deuxième Français s'est imposé sur les routes du Tour d'Italie. Damien Monier, 27 ans, a décroché ce mercredi le tout premier succès de sa carrière professionnelle en terminant en solitaire la 17e étape qui menait les coureurs de Brunico à Peio Terme. C'est la première fois depuis 1999, et des victoires de Jalabert et Virenque, que la France remporte plusieurs étapes au cours d'une même édition du Giro. Pour Monier, il a fallu attendre six ans. Une longue traversée du désert sans jamais ouvrir son palmarès. C'est maintenant chose faite.

L'encourageante 26e place obtenue la veille sur le chrono en côte de Plan de Corones augurait sans doute d'un comportement offensif ce mercredi. Et c'est en plaçant une belle attaque dans la dernière ascension vers Peio Terme que Monier a dessiné son succès, lâchant Hondo et Kruijswijk à la pédale.

Récompense pour Monier, récompense aussi pour la formation Cofidis qui n'avait jamais remporté la moindre étape sur le Giro auparavant. "C'est génial pour l'équipe. On est souvent à l'attaque depuis le début, tout le monde va dans les bons coups. A plusieurs reprises, on n'était pas loin de la gagne et là ça a payé", a expliqué le natif de Clermont-Ferrand, pas très loquace.

Et Monier y a cru, ne relâchant son effort qu'une fois la ligne d'arrivée franchie avant de s'asseoir sur le bitume, éreinté par la fatigue. "C'est énorme, j'ai rêvé de cette victoire, en plus sur le Giro. La journée de repos m'a fait du bien. Et puis hier je fais 26e de la montée donc de bonnes sensations. J'ai tenté ma chance dans la dernière ascension, ça a marché", a raconté le coureur de la Cofidis.

Une juste récompense pour Eric Boyer, le manager de la formation Cofidis, interrogé sur Eurosport: "C'est sa victoire. Il fait un travail énorme depuis six ans. Et j'ai senti une transformation l'an passé sur le Tour de Suisse et le Tour de l'Ain." Ce trait de caractère, Boyer l'a lui aussi noté: "C'est quelqu'un de réservé, timide et solitaire. Il a souffert parfois, il se sentait isolé Mais il a trouvé sa place dans l'équipe, il court de mieux en mieux. Il faut discuter longtemps pour le soutenir et lui dire qu'il a des possibilités."

Le Tour de Guadeloupe : Une Consécration Tardive

Aujourd'hui, à 34 ans, l'Auvergnat, membre de l'équipe japonaise Bridgestone-Anchor, vient de s'adjuger le Tour international de la Guadeloupe. Il s'est imposé dimanche passé au terme de dix étapes ardues de cols, bordures et retournements incessants de situations, pour enlever son premier succès UCI deux ans après une étape du Tour de Constantine, en Algérie.

DirectVelo : Quelle place occupe le Tour de la Guadeloupe dans ton palmarès ?

Damien Monier : Une place importante ! C'est la course des « premières » pour moi : première fois que je gagne un contre-la-montre [depuis le Chrono des Herbiers Espoirs en 2003], première fois que je gagne un classement général... J'avais déjà terminé 7e et 2e du général du Tour de la Guadeloupe, l'an passé j'étais encore 2e à deux jours de la fin, mais je suis tombé au sprint et je me suis fracturé la clavicule. Je suis content d'y arriver enfin !

Tu t'imposes grâce à une échappée le dernier jour. C'était serré jusqu'au bout ?

Oui, et d'ailleurs je n'avais pas pris le départ pour gagner. Je pensais surtout aider Thomas (Lebas), qui est à la fois un coéquipier et un ami. Puis il a fallu revoir nos plans par la suite. Je n'ai cru en mes propres chances qu'à la veille de l'arrivée, quand je gagne le contre-la-montre. Là, je me dis que c'est possible. Et, donc, je suis parti en échappée.

« JE N'AI RIEN DEMANDE A PERSONNE »

Comment le public a-t-il accueilli ta victoire ?

Les gens étaient super contents de nous voir gagner. Notre équipe, Bridgestone-Anchor, est très populaire en Guadeloupe depuis la première fois que nous sommes venus, il y a quatre ans. Miyataka Shimizu avait terminé 3e et c'est un coureur populaire. Cette année, nous avons été beaucoup encouragés avec Thomas (Lebas). Il y avait notre nom peint sur les routes.

Et la presse ? Elle parle beaucoup de coalitions, de trahisons en tous genres...

Avec les nombreux médias présents, la pression locale et la ferveur locale, c'est un fait : les polémiques font partie du Tour de la Guadeloupe. Mais je ne m'en plains pas spécialement. Je n'y prête pas beaucoup attention. Tout ce que je sais, c'est que j'ai gagné en partant dans une échappée le dernier jour. Je n'ai rien demandé à personne. Le leader [le Vénézuélien José Chacon, de l'AS Baie-Mahault] s'est retrouvé isolé. Ses équipiers étaient en train de s'user et il s'est retrouvé à boucher les trous tout seul dans le peloton. Je me suis dit qu'il fallait y aller. J'ai rejoint une échappée qui était déjà à l'avant, et c'est comme ça que j'ai pu creuser l'écart.

« JE PENSE FINIR MA CARRIERE AU JAPON »

Tu devais être impatient de lever les bras, après des résultats difficiles ces derniers mois ?

J'ai eu un début de saison en dents de scie. Malheureusement, les hauts se produisent quand je suis en phase d'entraînement et les bas tombent sur les jours de compétition. Je ne sais pas à quoi c'est dû. Ma préparation ? La chance ? L'âge ? Peut-être que je suis trop vieux ?

A 34 ans, tu te vois revenir un jour dans une équipe française ?

Pas forcément. Je me fais davantage plaisir sur un Tour de la Guadeloupe que sur des épreuves en métropole. J'aime bien les courses avec 50% d'amateurs et 50% de pros. On a la même physionomie de peloton sur les courses au Japon. Le peloton a un niveau assez disparate mais les sept ou huit gars qui se disputent la victoire sont très fort. En courant à l'étranger, j'ai aussi davantage d'opportunités de me frotter à la montagne, mon terrain favori. Donc, je me plais dans ce que je fais. Je suis chez Bridgestone-Anchor depuis quatre ans déjà et je m'entends bien avec tout le monde. J'ai même commencé à apprendre le japonais, pour ne pas seulement communiquer en anglais ! Je voudrais continuer à apporter des choses aux jeunes. Ce qui veut dire que je terminerai sans doute ma carrière au Japon.

Ta carrière a été heurtée par un accident à l'entraînement, en janvier 2012, lorsque tu es percuté par un automobiliste. Traumatisme crânien (tu es resté inconscient pendant 45 minutes), fractures multiples... As-tu réussi à retrouver la plénitude de tes moyens depuis lors ?

Non. Il y a eu un avant et un après cet accident. Le niveau que j'ai aujourd'hui est moindre que celui de mes années Cofidis. Mais il est tout à fait convenable pour disputer des épreuves sur le circuit Continental UCI.

Palmarès du Tour de Guadeloupe (2000-2017)

Voici un aperçu des vainqueurs du Tour de Guadeloupe de 2000 à 2017 :

AnnéeVainqueurÉquipe
2017Sébastien Fournet-FayardTeam Pro Immo
2016Damien MonierBridgestoneAnchor
2015Boris CarèneASBM
2014Jhon NavaUCM
2013Pierre LebretonTeam Peltrax - CSD
2012Ludovic TurpinUSC Goyave
2011Boris CarèneGwada Bikers 118
2010Francisco ManceboHeraklion Kastro-Murcia
2009Nicolas DumontUSL
2008Flober Peña PeñaUCC
2007Flober Peña PeñaUCC
2006Martin PrazdnovskyNorvège
2005Flober Peña PeñaLOFT/UVN
2004Flober Peña PeñaLOFT/UVN
2003Daniel BernalUSL
2002Frédéric DelalandeAS Police
2001Rodolfo CamachoVenezuela
2000Daniel BernalUSL

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